Le Liban condamne l’attaque israélienne meurtrière contre Nabatiyé

La défense civile et des secouristes retirent les décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, le jeudi 15 février 2024 (Photo, AP).
La défense civile et des secouristes retirent les décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, le jeudi 15 février 2024 (Photo, AP).
La défense civile et des secouristes retirent les décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, le jeudi 15 février 2024 (Photo, AP).
La défense civile et des secouristes retirent les décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, le jeudi 15 février 2024 (Photo, AP).
Short Url
Publié le Vendredi 16 février 2024

Le Liban condamne l’attaque israélienne meurtrière contre Nabatiyé

  • Une frappe a tué un commandant du Hezbollah, deux combattants et sept civils dans la ville du sud du Liban
  • Nabatiyé est située au nord de la ligne Litani, en dehors de la zone où les opérations hostiles entre le Hezbollah et Israël se poursuivent depuis cent-trente-et-un jours

BEYROUTH: Une frappe israélienne a tué un commandant du Hezbollah, deux combattants et sept civils dans la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a déclaré une source de sécurité jeudi, faisant craindre une nouvelle escalade.

Huit civils ont été blessés, dont un nourrisson qui a été extrait des décombres. L’attentat, largement condamné par l’opinion publique libanaise, a semé la panique parmi les habitants de la ville.

Les universités et les écoles de Nabatiyé ont été fermées jeudi. De même, le gouverneur de la ville a fermé les bureaux du gouvernement et les entreprises de la région.

«Une nouvelle plainte urgente sera déposée auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre Israël. Alors que nous appelons toutes les parties à s’engager dans la désescalade, nous constatons que l’ennemi israélien persiste dans son agression, ce qui nous pousse à interroger les parties internationales concernées sur les initiatives prises pour maîtriser l’ennemi», a déclaré le Premier ministre sortant, Najib Mikati.

Nabatiyé est située au nord de la ligne Litani, en dehors de la zone où les opérations hostiles entre le Hezbollah et Israël se poursuivent depuis cent-trente-et-un jours.

L’armée israélienne a enfreint les règles d’engagement à plusieurs reprises, étendant ses attaques à la banlieue sud de Beyrouth.

Les équipes de secours et de défense civile ont continué à rechercher les personnes disparues sous les décombres de l’immeuble de trois étages visé. Après plus de quatre heures de recherche, ils ont retrouvé le nourrisson, Hussein Ali Amer, vivant.

Ils ont extrait cinq personnes décédées — Hussein Ahmed Daher Berjawi, ses filles Amani et Zeinab, sa sœur Fatima et son petit-fils Mahmoud Ali Amer — et les ont transférées dans des hôpitaux de Nabatiyé.

Les recherches se poursuivent pour retrouver les corps de l’épouse de Berjawi, Amal Mahmoud Audi, et de sa nièce Ghadir Tarhini.

Le gendre de Berjawi, Ali Amer, et plusieurs personnes blessées, ont eux aussi été transférés dans des hôpitaux de Nabatiyé.

Les bombardements israéliens sur les villes frontalières du sud du Liban ont repris de plus belle jeudi.

«Le service de sécurité a évalué l’état de préparation du front intérieur en vue d’un scénario de guerre dans la région nord», a rapporté la radio de l’armée israélienne. 

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a informé son homologue américain, Lloyd Austin, qu’«il n’y aura aucune indulgence dans la réponse aux attaques du Hezbollah».

Selon la chaîne Al-Arabiya, Gallant a déclaré: «Nos avions dans le ciel de Beyrouth transportent des bombes lourdes capables de toucher des cibles éloignées, et l’escalade actuelle contre le Hezbollah n’est qu’un dixième de ce que nous pouvons faire. Nous pouvons attaquer Beyrouth et n’importe quel autre endroit jusqu’à 50 km de profondeur.»

Jeudi, le Hezbollah a annoncé qu’il avait visé «du matériel d’espionnage sur le site militaire israélien d’Al-Marj, atteignant directement la cible».

Il a en outre lancé une attaque contre «la caserne israélienne de Zibdin dans les fermes occupées de Chebaa à l’aide d’une roquette Falaq-1, atteignant directement la cible». Il a ensuite visé «du matériel d'espionnage sur le site militaire israélien dans la région d’Al-Raheb avec des armes appropriées, atteignant également la cible directement», ainsi que «le site radar appartenant à l’armée israélienne dans les fermes occupées de Chebaa».

Dans le même temps, le Hezbollah pleure ses membres Ali al-Dabs, Hussein Ahmad Aqil et Hassan Ibrahim Issa.

Une vague d’efforts diplomatiques a été déployée pour éviter une nouvelle escalade. Le commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, s’est entretenu avec Joanna Wronecka, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU au Liban, sur «l’évolution de la situation le long des frontières sud».

Le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, a déclaré que cette escalade «dangereuse» devait cesser.

Il a mentionné les observations de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui indiquent un changement dans les échanges de tirs entre les forces israéliennes et les groupes armés au Liban, les incidents se produisant au-delà de la Ligne bleue.

Le coordonnateur des opérations humanitaires des Nations unies, Imran Riza, a affirmé dans un communiqué que «le ciblage délibéré des civils est profondément troublant. Parmi les victimes figurent des enfants, des mères et des grands-parents innocents».

«Les règles d’engagement sont claires comme de l’eau de roche: toutes les parties concernées doivent protéger les civils, et ces principes doivent être respectés. Les civils innocents ne doivent jamais être pris entre deux feux.»

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a souligné que «la situation au Liban est grave, mais elle n’a pas encore atteint le point de non-retour. La France est activement impliquée dans la recherche d’une solution au conflit, afin d’éviter une nouvelle effusion de sang et le déclenchement d’une nouvelle guerre au Liban».

Le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, a quant à lui fait part de «l’appréhension de Washington face à l’escalade des tensions entre les parties concernées», ajoutant que «des efforts diplomatiques sont en cours pour apaiser la situation et trouver une solution pacifique».

«Le conflit perdurera tant que l’agression se poursuivra contre Gaza», a insisté le cheikh Nabil Qaouq, membre du Conseil central du Hezbollah.

Il a évoqué la détermination inébranlable de la résistance à contrer les menaces persistantes d’Israël par des mesures équivalentes d’escalade, de déplacement et de destruction.

L’attentat de Nabatiyé a suscité une condamnation générale au Liban. Le président du Parlement, Nabih Berri, l’a qualifiée d’«atrocité préméditée et calculée», attribuant la responsabilité du sang des victimes aux envoyés internationaux, à l’ONU et aux organisations de défense des droits de l’homme.

«Une action urgente est requise pour mettre un terme aux actions meurtrières d’Israël et restreindre les dirigeants de l’entité occupante, qui conduisent la région vers une guerre catastrophique.» 

Le chef du Parti socialiste progressiste et député, Taymour Joumblatt, a mis en garde contre «l’expansion potentielle du conflit en raison des actions d’Israël, des États-Unis et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou». Joumblatt a salué les efforts déployés par le Hezbollah pour «désamorcer les tensions et stabiliser la situation».

Le député et président du parti des Phalanges libanaises (Kataëb), Sami Gemayel, a rejeté et condamné sans équivoque toutes les justifications israéliennes pour le ciblage des civils.

Il a par ailleurs attiré l’attention sur «le lourd tribut payé par la population libanaise en raison des actions unilatérales du Hezbollah, qui s’est engagé dans la bataille du sud en solidarité avec Gaza».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais des Finances dément tout projet de zone économique dans le sud gérée par Kushner

Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
Short Url
  • La proposition aurait été faite par l’émissaire américaine Morgan Ortagus mais a été « rejetée sur-le-champ »
  • La priorité est de rétablir le contrôle de l’État à tous les niveaux, affirme Yassine Jaber à Arab News

DAVOS : Le ministre libanais des Finances a catégoriquement rejeté toute idée de transformer le sud meurtri du Liban en zone économique spéciale, déclarant à Arab News, en marge du Forum économique mondial de Davos, que la proposition avait été rejetée « sur-le-champ ».

Yassine Jaber a expliqué que l’émissaire américaine au Liban, Morgan Ortagus, avait évoqué cette idée en décembre dernier pour cette région, soumise à des frappes aériennes israéliennes quasi quotidiennes, et qu’elle avait immédiatement été écartée.

Les propos de Jaber, tenus à Arab News à Davos, répondaient à des informations parues en décembre dans les médias libanais, selon lesquelles certaines parties du sud du Liban pourraient être transformées en zone économique, dans le cadre d’un plan attribué à Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.

Par ailleurs, Jaber a également démenti des informations qui ont circulé à Davos ces deux derniers jours au sujet d’une réunion bilatérale entre des ministres libanais, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff et Jared Kushner.

Le ministre a précisé que la réunion de mardi était en réalité un rassemblement de « tous les ministres arabes des Finances et des Affaires étrangères », au cours duquel Witkoff et Kushner « sont intervenus brièvement pour exposer à l’audience une idée concernant la mise en place d’un conseil pour la paix à Gaza ».

Il a souligné que cela n’avait pas dépassé ce cadre.

Interrogé sur l’attraction des investissements et la relance économique, Jaber a déclaré : « La réalité aujourd’hui, c’est que nous devons parvenir à une situation de stabilité qui permette à l’armée libanaise d’agir — l’agression (israélienne) doit donc cesser. »

Ces dernières années, le Liban a été frappé par une succession de catastrophes : l’une des pires crises économiques au monde, la plus grande explosion non nucléaire survenue dans le port de sa capitale, un Parlement paralysé et une guerre avec Israël.

Un mécanisme officiel a été mis en place entre le Liban et Israël afin de maintenir un cessez-le-feu et de mettre en œuvre le plan de désarmement du Hezbollah dans les zones situées au sud du fleuve Litani.

Mais, selon le ministre, les prochaines étapes d’Israël restent imprévisibles.

« Ils exercent en réalité une pression sur l’ensemble de la région. Beaucoup d’efforts sont donc déployés sur cette question », a-t-il ajouté.

« Il y a toujours des attaques dans le sud du pays. La stabilité est donc une nécessité absolue pour relancer l’économie et rendre les réformes efficaces », a-t-il poursuivi.

Les députés ont également adopté des réformes visant à restructurer le secteur bancaire, réduire l’économie du cash et lever le secret bancaire, parallèlement à un cadre de résolution bancaire.

Jaber a aussi souligné que le gouvernement avait récemment adopté une « loi sur l’écart financier », destinée à aider les déposants à récupérer leurs fonds et à restaurer le fonctionnement du système bancaire.

« L’une de nos priorités est de traiter l’ensemble des pertes causées par la guerre, essentiellement la reconstruction… et nous avons commencé à obtenir des prêts pour reconstruire les infrastructures détruites dans les zones attaquées », a-t-il déclaré.

Alors que le Hezbollah a été durement touché par la guerre, le Liban a connu une percée politique avec l’élection du commandant de l’armée, Joseph Aoun, à la présidence de la République. Il a nommé comme Premier ministre l’ancien président de la Cour internationale de Justice, Nawaf Salam.

Cette année marque la première fois qu’une délégation libanaise solide se rend à Davos, Nawaf Salam étant accompagné de Yassine Jaber, du ministre de l’Économie et du Commerce Amr Bisat, et du ministre des Télécommunications Charles Al-Hage.

« Notre priorité est de rétablir pleinement le rôle de l’État à tous les niveaux, et en particulier dans la reconstruction des institutions », a conclu Jaber.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

Short Url
  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.


L’Arabie saoudite, la Turquie et six autres pays rejoignent le « Conseil de la paix » de Trump

Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les huit pays ont réaffirmé dans leur déclaration commune leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à appuyer la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire

DAVOS : Un groupe de pays arabes et islamiques a annoncé mercredi qu’il rejoignait le nouveau « Conseil de la paix » proposé par le président américain Donald Trump, une initiative destinée à stabiliser et reconstruire la bande de Gaza.

Dans une déclaration commune, les ministères des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Qatar et des Émirats arabes unis ont indiqué avoir accueilli favorablement l’invitation de Trump à participer à ce conseil pour la paix à Gaza.

Les huit pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à soutenir la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire, dans le cadre d’un plan plus large visant à mettre fin au conflit à Gaza.

La mission du Conseil vise à « consolider un cessez-le-feu permanent, soutenir la reconstruction de Gaza et promouvoir une paix juste et durable fondée sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État, conformément au droit international, ouvrant ainsi la voie à la sécurité et à la stabilité pour tous les pays et peuples de la région », précise le communiqué.

S’exprimant mercredi en marge du Forum économique mondial à Davos, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré que la région évoluait dans la bonne direction.

« Je pense que ce qui se passe est remarquable », a-t-il confié à Arab News. « Tout le monde, je crois, travaille ensemble en faveur de la paix. Tous ont adhéré aux idées du président Trump concernant le “Conseil de la paix”, et je suis très optimiste. »

M. Witkoff a également déclaré que Téhéran devait venir s’asseoir à la table des négociations. « Cela doit arriver. C’est essentiel. Si l’Iran avance, alors la région avance aussi, et nous devons clarifier cela », a-t-il affirmé.

Depuis le déclenchement des manifestations antigouvernementales, Trump a exhorté à plusieurs reprises les dirigeants iraniens à mettre fin à la répression violente des manifestants, promettant des « mesures très fortes » si des exécutions avaient lieu. Il a également appelé les Iraniens à poursuivre les manifestations et à « prendre le contrôle des institutions ».

Mardi, les organisateurs du Forum de Davos ont annoncé que l’invitation adressée au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait été retirée, invoquant « la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines ».

M. Araghchi a condamné cette décision, accusant le Forum de faire preuve de « doubles standards flagrants ».

Pendant ce temps, les dirigeants européens présents à Davos semblaient plus sceptiques quant à une éventuelle participation au Conseil de la paix pour Gaza, plusieurs d’entre eux réfléchissant à décliner l’invitation.

D’autres annonces concernant la participation sont attendues jeudi, à l’issue d’une nouvelle phase de tractations diplomatiques à Davos, alors que les capitales évaluent l’impact potentiel du Conseil sur les efforts existants menés sous l’égide de l’ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com