Les États-Unis opposeront leur veto à la résolution algérienne demandant un cessez-le-feu à Gaza

Les États-Unis ont déclaré qu'ils opposeraient leur veto à une résolution algérienne au Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza (Photo, AFP).
Les États-Unis ont déclaré qu'ils opposeraient leur veto à une résolution algérienne au Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 18 février 2024

Les États-Unis opposeront leur veto à la résolution algérienne demandant un cessez-le-feu à Gaza

  • Ce serait le troisième veto américain à une résolution de cessez-le-feu au Conseil de sécurité de l'ONU depuis le début de la guerre
  • L'Algérie, qui occupe le siège réservé aux pays arabes au Conseil de sécurité, a demandé un vote sur le projet mardi

NEW YORK : Les États-Unis ont déclaré qu'ils opposeraient leur veto à une résolution algérienne au Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza, car cela pourrait compromettre les efforts diplomatiques de Washington visant à obtenir la fin des hostilités.

Il y a plus de deux semaines, l'Algérie a présenté un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat entre Israël et le Hamas.

Le texte, dont Arab News a pris connaissance, rejette le déplacement forcé des Palestiniens et exige l'acheminement complet, rapide et sans entrave de l'aide humanitaire à Gaza et dans toute la bande de Gaza.

L'Algérie, qui occupe le siège réservé aux pays arabes au Conseil de sécurité de l'ONU, a demandé que le projet soit mis aux voix mardi.

Mais Linda Thomas-Greenfield, représentante des États-Unis auprès de l'ONU, a réitéré dans un communiqué que Washington "ne soutient pas l'action sur ce projet de résolution", qui par conséquent "ne sera pas adopté".

Depuis le début de la guerre, les États-Unis ont opposé leur veto à deux reprises à des résolutions sur le cessez-le-feu qui étaient soutenues par une écrasante majorité de pays, et se sont abstenus lors de deux autres résolutions, ce qui a permis au Conseil d'appeler à l'augmentation des convois d'aide dans la bande de Gaza.

Pour être adoptées, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies doivent recueillir au moins neuf votes favorables et aucun vote négatif de la part des cinq membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie).

Mme Thomas-Greenfield a déclaré que les États-Unis intensifiaient leurs efforts en vue d'une résolution durable du conflit à Gaza et que, dans cette optique, ils participaient activement aux négociations en vue d'un accord de prise d'otages entre Israël et le Hamas, destiné à instaurer une période de calme immédiate d'au moins six semaines.

Ce cessez-le-feu permettrait de jeter les bases d'une paix plus durable, a-t-elle ajouté.

Mme Thomas-Greenfield a souligné les interventions personnelles du président américain Joe Biden au cours de la semaine écoulée, qui a eu de nombreuses discussions avec les dirigeants israéliens, égyptiens et qataris.

Bien que des lacunes importantes persistent, des éléments clés de l'accord sont en cours de négociation, a-t-elle déclaré, ajoutant qu'il est essentiel que toutes les parties donnent à ce processus "les meilleures chances d'aboutir, plutôt que d'adopter des mesures qui le mettent en péril, ainsi que la possibilité d'une résolution durable des hostilités".

La résolution algérienne "ne permettrait pas d'atteindre ces résultats, et pourrait même aller à leur encontre", a-t-elle déclaré, ajoutant que le Conseil de sécurité de l'ONU "a l'obligation de veiller à ce que toute action que nous prendrons dans les prochains jours augmente la pression sur le Hamas pour qu'il accepte la proposition qui est sur la table".


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.