Paris s'efforce de réduire les tensions dans le sud du Liban

Des journalistes et des responsables locaux inspectent le site visé par une frappe aérienne israélienne à Ghazieh (Photo, AN).
Des journalistes et des responsables locaux inspectent le site visé par une frappe aérienne israélienne à Ghazieh (Photo, AN).
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Publié le Mercredi 21 février 2024

Paris s'efforce de réduire les tensions dans le sud du Liban

  • «Nous nous efforçons de réduire le niveau de tension», a déclaré l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro
  • Les patrons des usines de Ghazieh visées par un raid israélien se sont exprimés sur les attaques

BEYROUTH: La France a pris des mesures diplomatiques mardi pour apaiser les tensions dans le sud du Liban à la suite d'une attaque de drone israélienne la veille contre deux usines à Ghazieh, au nord du fleuve Litani. 

L'ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, a déclaré, après avoir rencontré Abdallah Bou Habib, le ministre sortant des Affaires étrangères du Liban, que la position de son pays «est claire et que nous nous efforçons de réduire le niveau de tension».

En réponse à la question de savoir si la France communiquait directement avec le Hezbollah, soutenu par l'Iran, l'ambassadeur a expliqué parler avec tout le monde et espérer faire des progrès.

Les pompiers et la défense civile travaillent depuis deux jours pour éteindre les incendies qui se sont déclarés sur un site pris pour cible par les Israéliens lundi soir dans la ville de Ghazieh, située à environ 60 km de la frontière méridionale et juste au sud de Sidon.

Des fuites d'huile et de diesel provenant de réservoirs touchés lors du raid ont aggravé les problèmes d'une usine de générateurs qui avait été prise pour cible.

La Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Sidon et du Liban-Sud a organisé une visite de terrain pour les journalistes dans la ville de Ghazieh afin d'inspecter le site visé par la frappe aérienne israélienne, qui a fait plusieurs blessés parmi les travailleurs syriens et les habitants de la ville.

Les dommages causés aux machines d'exploitation des deux usines étaient évidents, tandis que l'usine de générateurs avait été complètement détruite et réduite à l'état de ferraille.

Son propriétaire, Mohammed Khalifa, a déclaré: «L'affirmation de l'ennemi selon laquelle nous avons des dépôts d'armes ici est absurde.»

«L'usine contient des pièces pour l'assemblage de générateurs électriques, ainsi qu'un entrepôt pour les huiles de machines. Nous travaillons depuis onze ans, jour et nuit, au vu et au su de tous ceux qui connaissent la nature de notre travail.»

«L'ennemi vise à détruire l'économie»

Ahmad Saeed, directeur de l’Entreprise de fabrication de tuiles Al-Bahr, qui a également été visée, a déclaré: «Cet endroit est destiné à la production de pierres de bordure et il n'y a rien d’illégal. L'objectif de l'agression est de causer des dommages à cette usine, où des dizaines de familles gagnent leur vie.»

Mohammed Saleh, président de la Chambre de commerce, a déclaré: «Notre présence devant les générateurs électriques et l'usine de pétrole prouve que les accusations de l'ennemi israélien selon lesquelles il s'agit d'un dépôt d'armes pour le Hezbollah sont fausses.

«L'ennemi vise à détruire l'économie et l'industrie après avoir détruit l'agriculture dans le sud. Les terres agricoles et les forêts qui ont été incendiées il y a trois mois par Israël à l'aide de bombes au phosphore ont maintenant besoin de trente ans pour être purifiées et remises en culture. Aujourd’hui Israël prend pour cible tous les secteurs vitaux pour détruire notre économie.»

Le Dr Hazem Khader Badie, maire de Sidon, a qualifié ce raid de «développement grave, car nous ne pouvons pas envisager qu'il visait Sidon, qui est loin de la frontière».

«Si les blessures humaines sont mineures, les dommages sont très graves pour les propriétaires d'usines et les investisseurs qui s'efforcent de promouvoir l'ensemble du pays, à savoir le sud, son économie et son industrie», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.