Le Liban s’insurge à la suite des remarques d’un commandant iranien sur les missiles et la souveraineté

Des manifestants lors d’une manifestation à Jal al-Dib, au Liban. Au cours de la dernière décennie, le Hezbollah pro-iranien est devenu le principal intermédiaire du pouvoir dans la politique libanaise (Reuters / Fichier)
Des manifestants lors d’une manifestation à Jal al-Dib, au Liban. Au cours de la dernière décennie, le Hezbollah pro-iranien est devenu le principal intermédiaire du pouvoir dans la politique libanaise (Reuters / Fichier)
Short Url
Publié le Lundi 04 janvier 2021

Le Liban s’insurge à la suite des remarques d’un commandant iranien sur les missiles et la souveraineté

  • Des habitants d’une ville pro-Hezbollah ont tenté de brûler une photo du chef tué de la Force Al-Qods Qassem Soleimani
  • «Le ministre des Affaires étrangères devrait convoquer l’ambassadeur iranien pour qu’il s’explique»

BEYROUTH: Dimanche, les Libanais ont réagi avec colère aux propos d’un commandant iranien sur leurs stocks de missiles et leur souveraineté. Des habitants d’une ville pro-Hezbollah ont tenté de brûler une photo du chef tué de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani. 

Samedi, Amir Ali Hajizadeh s’est en effet vanté que le Liban devait ses stocks de missiles à l’Iran et que le pays était en première ligne dans la lutte de l’Iran contre Israël. 

«Téhéran soutient tout parti qui s’oppose à Israël», a-t-il déclaré. 

Dans un tweet publié dimanche, le président libanais, Michel Aoun, lui a répondu: «Les Libanais n’ont “aucun partenaire” pour protéger l’indépendance de leur pays, leur souveraineté à la frontière, leur territoire et leur liberté de décision.» 

Mais certains médias et personnalités publiques critiquent le délai de sa réponse et le contenu tiède de cette dernière. 

Le principal quotidien Al-Nahar qualifie la position iranienne de «violation très flagrante du principe de la souveraineté du Liban et de non-respect des normes minimales des relations entre États». 

Le journal exprime sa surprise devant le silence initial d’Aoun face aux propos d’Amir Ali Hajizadeh. L’ancien député Fares Souaid renouvelle quant à lui son appel à la démission du président. 

«Les gardiens de la révolution iranienne annoncent qu’ils dirigent les missiles libanais contre Israël. Où est l’État libanais? Monsieur le Président, pour votre dignité et la nôtre, démissionnez», tempête-t-il. 

L’ancienne ambassadrice du Liban en Jordanie, Tracy Chamoun, petite-fille de l’ancien président Camille Chamoun, qualifie, elle, la réponse d’Aoun de «timide». 

«Le ministre des Affaires étrangères devrait convoquer l’ambassadeur iranien pour qu’il s’explique. Si vous êtes incapable de faire respecter la souveraineté, sauvez au moins l’image», confie-t-elle. 

EN BREF

  • Dans un tweet publié dimanche, le président libanais, Michel Aoun, lui a répondu: «Les Libanais n’ont “aucun partenaire” pour protéger l’indépendance de leur pays, leur souveraineté à la frontière, leur territoire et leur liberté de décision.» 

  • Certains médias et personnalités publiques critiquent le délai de sa réponse et le contenu tiède de cette dernière. 

 

Le Hezbollah a affiché des photos de Soleimani, tué lors d’une frappe américaine de drone le 3 janvier 2020, le long des routes s’étendant de la banlieue sud de Beyrouth au sud du Liban et dans la ville frontalière d’Al-Khiam, qui surplombe les positions israéliennes de l’autre côté de la frontière. 

Cet acte a été critiqué sur les réseaux sociaux. Pour l’ancien ministre de la Justice Ashraf Rifi, nommer les rues libanaises d’après les «chefs vandales et les milices iraniennes» ne représente pas le Liban. Il décrit également l’affichage des photos comme «un acte illégal et provocateur» qui renforce l’image d’un Liban «prisonnier de l’Iran». 

Selon Hussein al-Wajeh, conseiller aux affaires médiatiques du Premier ministre désigné, Saad Hariri, le Liban n’est pas et ne sera pas la ligne de front de la bataille de l’Iran. «Les Libanais ne paieront aucun prix au nom du régime iranien. Malgré cela, certains responsables iraniens continuent de considérer le Liban comme une province iranienne.» 

Pour le chef du parti Kataeb, Sami Gemayel, le Liban et les Libanais sont des «otages» de l’Iran à travers le Hezbollah. «Ils nous utilisent comme boucliers humains dans leur bataille, ce qui n’a rien à voir avec le Liban.» 

«Le président, le gouvernement et le parlement sont de faux témoins, et ils couvrent la prise du Liban.» 

Salam Yamout, chef du Parti du Bloc national, explique qu’impliquer le Liban dans les batailles associées aux conflits régionaux est une menace directe pour les intérêts des Libanais et leur lutte pour restaurer leur souveraineté et leur dignité. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Khalida Boufedeche, première femme élue à la tête du Parlement algérien

Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Khalida Boufedeche est devenue la première femme à présider le Parlement algérien. (AFP)
Short Url
  • Le Parlement algérien a élu Khalida Boufedeche à sa présidence, faisant d'elle la première femme à occuper ce poste dans l'histoire du pays et le quatrième personnage de l'État
  • Membre du FLN, vainqueur des législatives avec 91 sièges sur 407, elle prend ses fonctions dans un Parlement marqué par une participation record à la baisse (21,24%) et une forte sous-représentation des femmes

ALGER: Le Parlement algérien a élu mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa tête, Khalida Boufedeche, qui devient ainsi le quatrième personnage de l'Etat.

Mme Boufedeche, médecin allergologue et députée d'Alger, est issue du Front de libération nationale (FLN), parti historique de l'indépendance et formation proche du pouvoir.

Le FLN est arrivé en tête des dernières législatives avec 91 sièges sur 407. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré.

Trois candidats postulaient pour la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement: Mme Boufedeche, un député du principal parti islamique, le Mouvement de la société pour la paix (MSP - 43 sièges) et un autre du parti laïque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN. Avant son actuel mandat de députée, elle été élue dans sa commune à Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger.

Mme Boufedeche accède au perchoir du Parlement alors que seules 25 femmes ont été élues, soit 6,14% des sièges.

Les femmes sont sous-représentées lors de cette législature alors qu'elles représentent 49% de la population. Elles étaient 38 en 2021 et surtout 118 en 2017. Cette dernière élection s'était tenue sous le régime des quotas.

Le FLN est suivi dans l'hémicycle par le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation proche du pouvoir, qui obtient 74 sièges, puis le Front El Moustakbal, également considéré comme un parti soutenant les autorités, avec 56 sièges.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
Short Url
  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Short Url
  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com