Les Emirats arabes unis vont investir 35 milliards de dollars en Egypte

Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
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Publié le Samedi 24 février 2024

Les Emirats arabes unis vont investir 35 milliards de dollars en Egypte

  • Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne
  • Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte

LE CAIRE: Les Emirats arabes unis vont injecter "35 milliards de dollars en investissements directs" en Egypte, pays lourdement endetté, a annoncé vendredi le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli.

Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne.

Les investissements pour cette ville entrent dans le cadre du plan national de développement urbain "Egypte 2052" visant notamment à développer la côte nord et à faire de cette ville une destination touristique mondiale.

Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte, alors que le pays est en difficulté pour rembourser sa dette extérieure qui s'élève à près de 165 milliards de dollars.

Selon M. Madbouli, ces investissements permettront également de résoudre "la présence de deux prix pour le dollar", en référence au taux officiel pratiqué par les banques qui, la plupart du temps, refusent de céder des dollars à leurs clients et à celui, deux fois plus élevé, pratiqué sur le marché noir.

L'accord signé vendredi entre les deux pays prévoit le versement "de 15 milliards de dollars d'ici une semaine et un second versement, deux mois après le premier, de 20 milliards de dollars", a précisé M. Madbouli lors d'une conférence de presse.

"ADQ va acheter les droits de développement de Ras El-Hikma pour 24 milliards de dollars afin d'en faire l'une des plus grandes villes nouvelles développées par un consortium privé", a annoncé de son côté le fonds souverain d'Abou Dhabi.

Politique de développement 

Quelque 11 milliards de dollars seront également consacrés à des investissements dans "des projets de premier plan dans toute l'Egypte", a-t-il ajouté.

Fondé en 2018, ADQ est dirigé par le frère du président des Emirats Arabes Unis, cheikh Tahnoun ben Zayed.

Située à environ 350 kilomètres au nord-ouest du Caire, Ras el-Hikma est appelée à devenir une "destination de vacances, (...) un centre financier et une zone franche dotée d'une infrastructure de classe mondiale pour renforcer le potentiel de croissance économique et touristique de l'Egypte" a affirmé ADQ.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dit vouloir faire du "développement" sa priorité. Les économistes, eux, dénoncent des mégaprojets –-villes nouvelles dont la nouvelle capitale, trains à grande vitesse, ponts et routes-– qui n'ont fait, selon eux, que siphonner les caisses de l'Etat et tripler la dette.

L'Egypte est désormais le deuxième pays le plus à risque de faire défaut de sa dette, juste derrière l'Ukraine en guerre.

Pour les experts, les raisons de s'inquiéter s'accumulent: les rentrées en devises du tourisme sont en baisse depuis des années.

Pire encore, les envois d'argent des travailleurs égyptiens à l'étranger --loin devant les recettes du secteur touristique et des droits de transit à Suez-- ont baissé d'environ 30% au premier trimestre 2023/2024.

Le Fonds monétaire international (FMI) a accordé un prêt de trois milliards de dollars à l'Egypte fin 2022, mais les tranches de prêt et les examens de programme ont été maintes fois reportés jusqu'à ce que Le Caire avance sur les réformes économiques, y compris un "taux de change entièrement flexible", comme le stipule le FMI.

Deux tiers des Egyptiens vivent en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté, alors que l'inflation s'élève à 35%.


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".