Le corps de Navalny a été remis à sa mère, annonce l'équipe de l'opposant

Des fleurs sont placées autour des portraits du leader de l'opposition russe Alexei Navalny, décédé dans une prison de l'Arctique russe, dans un mémorial improvisé devant l'ancien consulat russe à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 20 février 2024. (Photo par AFP)
Des fleurs sont placées autour des portraits du leader de l'opposition russe Alexei Navalny, décédé dans une prison de l'Arctique russe, dans un mémorial improvisé devant l'ancien consulat russe à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 20 février 2024. (Photo par AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 25 février 2024

Le corps de Navalny a été remis à sa mère, annonce l'équipe de l'opposant

  • Les partisans de l'opposant, et de nombreux dirigeants occidentaux, ont accusé Vladimir Poutine de sa mort, certains évoquant un meurtre, après trois années de détention
  • Le G7 a appelé samedi soir la Russie à «clarifier pleinement les circonstances» autour de la mort d'Alexeï Navany

VARSOVIE: La dépouille d'Alexeï Navalny, que ses proches réclamaient depuis sa mort en prison le 16 février, a été remise à sa mère, a indiqué samedi la porte-parole de l'opposant russe, ajoutant ne pas savoir dans quelles conditions des funérailles seraient autorisées.

"Le corps d'Alexeï a été remis à sa mère", a écrit Kira Iarmich sur X, remerciant tous ceux qui ont exhorté le pouvoir russe à le faire depuis plus d'une semaine.

Elle a ajouté ne pas savoir si "les autorités empêcheront (les obsèques) de se dérouler comme la famille le souhaite et comme Alexeï le mérite", alors que dans la matinée Ioulia Navalnaïa, qui a juré de poursuivre depuis l'étranger le combat de son mari, accusait le président russe Vladimir Poutine d'empêcher la remise du corps à la famille.

Kira Iarmich a indiqué que Lioudmila Navalnaïa, la mère de l'opposant, se trouvait à Salekhard, la capitale du district de Iamalo-Nénétsie, la région de l'Arctique où est mort son fils dans l'une des prisons les plus dures de Russie.

Les partisans de l'opposant, et de nombreux dirigeants occidentaux, ont accusé Vladimir Poutine de sa mort, certains évoquant un meurtre, après trois années de détention.

Dans un communiqué à l'issue d'un sommet en vidéo-conférence, le G7 a appelé samedi soir la Russie à "clarifier pleinement les circonstances" autour de la mort d'Alexeï Navany.

Les dirigeants du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) ont rendu hommage "au courage extraordinaire" de l'opposant russe, qui "a sacrifié sa vie en luttant contre la corruption du Kremlin et pour des élections libres et justes".

Depuis plus d'une Lioudmila Navalnaïa tentait de récupérer la dépouille de son fils. Elle avait accusé les autorités de lui faire du chantage, la menaçant de laisser se décomposer le corps si elle n'acceptait pas des funérailles secrètes ou alors de l'enterrer sur le territoire de la colonie pénitentiaire où il purgeait une peine de 19 ans de prison pour "extrémisme".

Si les obsèques devaient être publiques, elles risqueraient de mobiliser ses partisans en nombre, et d'être gênantes pour le régime de Vladimir Poutine, qui se prépare à un nouveau sacre lors d'un scrutin présidentiel prévu du 15 au 17 mars.

Dans les années 2010, avant que la machine répressive ne s'abatte complètement sur lui, Navalny parvenait à mobiliser des foules, en particulier à Moscou, gagnant ainsi son statut d'opposant numéro 1 de Vladimir Poutine.

Depuis, il y a eu l'assaut contre l'Ukraine qui a entraîné une répression sans merci ayant décimé l'opposition.

«Meurtre»

Les circonstances du décès d'Alexeï Navalny, qui a ému à travers le monde, restent floues. Selon les services pénitentiaires russes, il est mort après un soudain malaise "après une promenade".

L'équipe de l'opposant affirme que le certificat de décès évoque une cause "naturelle", une version officielle qu'elle rejette, appelant les policiers, militaires ou membres des services de sécurité, à leur communiquer toute information sur le "meurtre" de Navalny.

En échange, "nous promettons une récompense de 20 000 euros et l'organisation de votre départ du pays, si vous le souhaitez".

Plusieurs pays occidentaux, révoltés par la mort d'Alexeï Navalny, ont accusé le président russe Vladimir Poutine d'en être responsable.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau a même semblé samedi accuser le président Poutine d'assassinat.

"Poutine prétend être puissant, mais les dirigeants vraiment puissants n'assassinent pas leurs opposants", a-t-il dit à Kiev, lors d'une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l'occasion du deuxième anniversaire de l'invasion russe.

Le maître du Kremlin n'a pas réagi à la mort de son principal détracteur, qui avait survécu miraculeusement à un empoisonnement en 2020 dont il accusait déjà M. Poutine, malgré ses dénégations.

Les multiples procès qui avaient été intentés à l'opposant avaient été largement dénoncés comme étant politiques et une manière de le punir.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Short Url
  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.