Navalny: sa veuve Ioulia Navalnaïa promet de poursuivre le combat

Ioulia Navalnaïa rencontre lundi à Bruxelles les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, trois jours après la mort dans une prison russe de son époux (Photo, AFP).
Ioulia Navalnaïa rencontre lundi à Bruxelles les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, trois jours après la mort dans une prison russe de son époux (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 février 2024

Navalny: sa veuve Ioulia Navalnaïa promet de poursuivre le combat

  • Mme Navalnaïa, 47 ans, a déclaré qu'elle tenait le président russe Vladimir Poutine «personnellement responsable» de sa mort
  • Ce week-end, la police russe a arrêté dans des dizaines de villes des centaines de personnes venues déposer des fleurs et allumer des bougies en l'honneur de M. Navalny

VARSOVIE: La veuve d'Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, a promis de continuer la lutte contre Vladimir Poutine menée par son mari et appelé ses partisans à la rejoindre, trois jours après le décès en prison de l'opposant dans des conditions obscures.

Dans une vidéo publiée lundi, Ioulia Navalnaïa, la voix parfois serrée par l'émotion, est revenue sur le parcours et les souffrances de son époux. Et assuré qu'elle reprendrait le flambeau.

"Il y a trois jours, Vladimir Poutine a tué mon mari, Alexeï Navalny. Poutine a tué le père de mes enfants (...) Avec lui, (Poutine) a voulu tuer notre espoir, notre liberté, notre avenir", a asséné Ioulia Navalnaïa.

"Je poursuivrai l'oeuvre d'Alexeï Navalny. Je continuerai pour notre pays, avec vous. Et je vous appelle tous à vous tenir près de moi (...) Ce n'est pas une honte de faire peu, c'est une honte de ne rien faire, c'est une honte de se laisser effrayer", a-t-elle martelé.

"Nous devons nous unir pour frapper d'un seul coup Poutine, ses amis, les voyous en épaulettes, les courtisans et les tueurs qui veulent paralyser notre pays", a-t-elle encore lancé.

Mme Navalnaïa a assuré que son équipe allait découvrir qui avait commis "ce crime" contre son mari et dans quelles circonstances.

Par ailleurs, elle a fait lundi une brève allocution et été longuement applaudie, selon un diplomate européen, lors d'une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Poutine devra "rendre des comptes", a affirmé sur X le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l'issue de cette rencontre, tandis que le président américain Joe Biden a dit "envisager" des sanctions supplémentaires contre Moscou.

"L'Union européenne doit agir contre l'oppression politique en Russie", a affirmé Stockholm qui a convoqué l'ambassadeur russe en Suède.

Pas d'accès au corps

L'adversaire numéro un du président Vladimir Poutine est mort vendredi à 47 ans dans une prison de l'Arctique, du district autonome de Iamalo-Nénétsie, où il purgeait une peine de 19 ans pour "extrémisme".

La mère et un avocat de l'opposant, présents sur place, ont été privés d'accès à la dépouille pour au moins 14 jours, selon son équipe, qui accuse le Kremlin de l'avoir tué.

"Les enquêteurs ont dit aux avocats et à la mère d'Alexeï qu'ils ne rendront pas son corps sur lequel sera réalisé pendant 14 jours une soi-disant +expertise chimique+", a affirmé sur YouTube Kira Iarmich, la porte-parole de M. Navalny.

"Ils cachent le corps de Navalny pour dissimuler les traces du meurtre", a-t-elle fustigé, dénonçant un "mensonge éhonté" des autorités.

Interrogé sur le sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est borné lundi à dire qu'une enquête était en cours et qu'il n'y avait pas de résultats "pour l'instant".

D'après Evguéni Smirnov, un avocat de l'ONG spécialisée Pervy Otdel, les enquêteurs peuvent légalement conserver jusqu'à 30 jours le corps d'une personne décédée en prison.

Mais, selon lui, même après ce délai, les autorités peuvent décider d'ouvrir une enquête criminelle, procéder "à de nouvelles manipulations" et garder le cadavre "autant qu'ils le veulent".

"Il est très facile de trouver des raisons juridiques pour garder la dépouille des mois, voire encore plus longtemps", a affirmé l'avocat.

La mère de l'opposant et un avocat se sont rendus dès samedi dans la colonie pénitentiaire N°3, située dans un endroit reculé, à 2.000 kilomètres de Moscou. Selon les services pénitentiaires russes (FSIN), Alexeï Navalny y est mort vendredi, victime d'un soudain malaise "après une promenade".

Il était emprisonné depuis son retour en Russie début 2021, après un grave empoisonnement, et sa santé s'était détériorée. Il avait passé près de 300 jours en cellule disciplinaire, aux conditions de détention épuisantes.

Vladimir Poutine, qui ne prononçait jamais le nom de M. Navalny, n'a toujours fait aucun commentaire sur sa mort, qui intervient un mois avant l'élection présidentielle dont l'issue ne fait aucun doute.

Vague d'émotion 

Le décès d'Alexeï Navalny a suscité une grande vague d'émotion en Russie et en Occident. De nombreux dirigeants occidentaux ont accusé Moscou d'être responsable de sa mort. Le Kremlin a réagi lundi en dénonçant des déclarations "odieuses".

En Russie, les modestes tentatives pour rendre hommage à l'opposant, en pleine répression et campagne d'intimidation contre toute critique depuis le lancement de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, ont été réprimées.

Ce week-end, la police russe a arrêté dans des dizaines de villes des centaines de personnes venues déposer des fleurs et allumer des bougies en sa mémoire.

Lundi, la police a cependant laissé sans violence des Moscovites, dont plusieurs pleuraient, défiler un à un pour déposer des fleurs sur un monument à la mémoire des victimes des répressions politiques.

"(Navalny) est un rayon lumineux dans notre vie. Nous honorerons sa mémoire et poursuivrons son travail", a dit à l'AFP Larissa, ambulancière de 54 ans.

Alexeï Navalny était le représentant de l'opposition le plus marquant en Russie, où il avait acquis une importante popularité grâce à ses enquêtes fouillées sur la corruption sous le régime de Vladimir Poutine.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.