«  Bon sens paysan » et prix planchers: la gauche tente de parler aux agriculteurs

Avec force saucisson et produits régionaux, ou en expliquant pourquoi il faut réguler les marchés, la gauche tente depuis le Salon de l'agriculture de reprendre pied dans le monde rural pour éviter qu'il ne devienne définitivement acquis à la droite et à l'extrême droite. (AFP).
Avec force saucisson et produits régionaux, ou en expliquant pourquoi il faut réguler les marchés, la gauche tente depuis le Salon de l'agriculture de reprendre pied dans le monde rural pour éviter qu'il ne devienne définitivement acquis à la droite et à l'extrême droite. (AFP).
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Publié le Jeudi 29 février 2024

«  Bon sens paysan » et prix planchers: la gauche tente de parler aux agriculteurs

  • Avec force saucisson et produits régionaux, ou en expliquant pourquoi il faut réguler les marchés, la gauche tente depuis le Salon de l'agriculture de reprendre pied dans le monde rural
  • Mercredi, c'est le patron des communistes Fabien Roussel qui a prêché la bonne parole auprès des syndicats agricoles, en les mettant en garde contre "les déclarations du RN qui surfent sur l'émotion et la colère

PARIS: Avec force saucisson et produits régionaux, ou en expliquant pourquoi il faut réguler les marchés, la gauche tente depuis le Salon de l'agriculture de reprendre pied dans le monde rural pour éviter qu'il ne devienne définitivement acquis à la droite et à l'extrême droite.

Mercredi, c'est le patron des communistes Fabien Roussel qui a prêché la bonne parole auprès des syndicats agricoles, en les mettant en garde contre "les déclarations du RN qui surfent sur l'émotion et la colère".

Et pour les convaincre de sa légitimité, l'ancien candidat à la présidentielle s'appuie sur l'histoire de son parti: "On a toujours considéré les paysans comme des travailleurs, c'est pour ça que notre emblème c'est la faucille et le marteau!".

A travers les agriculteurs, qui ne représentent que près de 1,5% de la population active, c'est avec les zones rurales que la gauche, accusée d'être souvent trop élitiste ou tournée vers les villes, espère renouer.

Et à cet exercice, Fabien Roussel, fort d'une bonne cote de popularité, s'est toujours targué d'être un des meilleurs défenseurs du "terroir".

"On parle la même langue" que les cultivateurs ou les éleveurs, assure-t-il, en ajoutant: "Dans le bon sens populaire, il y a le bon sens paysan".

"J'ai toujours défendu le terroir, la viande et le vin (...) face aux discours culpabilisants. Ca me vaut ici un accueil chaleureux ", déroule le député du Nord avant d'aller caresser le postérieur des vaches, sous le regard du patron des députés communistes, l'Auvergnat André Chassaigne, figure tutélaire du PCF sur les questions agricoles.

"C'est pas un problème en soi de venir des grandes métropoles, le problème c'est la surreprésentation des grandes métropoles dans les listes de gauche", poursuit Léon Deffontaines, la jeune tête de liste des communistes aux élections européennes du 9 juin.

Ces reproches viennent en écho à ceux formulés par le vice-président socialiste du Lot Rémi Branco qui, dans un livre publié mi-février, déplorait que la gauche "devienne un repoussoir" dans les campagnes, car perçue comme "une élite qui impose un modèle de vie".

"Quand je parle d'agriculture, je parle de ma famille, c'est mon originalité", appuie Léon Deffontaines, originaire d'Amiens.

« Bon vin »

Autre Amiénois soucieux de ne pas abandonner "les bourgs" à l'extrême droite, François Ruffin a lui aussi martelé mardi la nécessité d'imposer des prix planchers, ciblant l'ambivalence du Rassemblement national sur cette question.

La veille, c'est la tête de liste des Insoumis, Manon Aubry, qui était venue défendre le même message, ciblant les "clowns" du RN.

"Je sais que je sais convaincre les paysans", croit savoir François Ruffin, député LFI de la Somme.

"Je suis une voix écoutée par les agriculteurs de chez moi, même s'ils ne votent pas forcément pour moi", développe le putatif candidat à l'élection présidentielle de 2027 qui veut axer son message autour de trois thèmes centraux: "unité, clarté, joie".

Et, Salon de l'agriculture oblige, l'ancien journaliste de préciser dans un sourire: "La joie peut passer par le couscous, le saucisson, les frites, le pinard, tout ce que vous voulez!".

Car, même les responsables de gauche moins identifiés "terroir", se prêtent au jeu de la bonne franquette dans les allées du Parc des expositions de la porte de Versailles.

"Le sauciflard, l'apéro, c'est aussi notre culture", a ainsi lancé lundi après une rencontre avec des fabricants de spiritueux le patron du Parti socialiste Olivier Faure, expliquant "défendre une façon de vivre", mais se défendant de "faire dans la démagogie ou dans une forme de caricature".

Une manière pour lui de répondre à la "légende" qui voudrait que le PS soit un parti d'urbains, malgré les dernières polémiques sur la composition de la liste autour de Raphaël Glucksmann.

De quoi faire de l'ombre à Fabien Roussel?

"La défense de la gastronomie française, un bon vin, du fromage, une bonne viande, c'est libre de droit!" a réagi dans un sourire l'intéressé.

Et le patron des communistes de préciser: "Si tout le monde le faisait, la France se porterait mieux et la gauche aussi".


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.


Carburants: Lecornu veut utiliser le "surplus" de recettes fiscales pour décarboner l'économie

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Le gouvernement français privilégie une stratégie à long terme : utiliser les surplus fiscaux liés à la hausse des carburants pour accélérer l’électrification, plutôt que baisser immédiatement les taxes
  • La flambée des prix de l’énergie alimente un fort débat politique : l’opposition réclame baisses de taxes, plafonnement ou aides ciblées, tandis que l’exécutif maintient une ligne de rigueur budgétaire et d’aides limitées

PARIS: Les carburants sont le gros morceau d'une réunion mercredi du gouvernement de Sébastien Lecornu, qui promet d'utiliser certaines des recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des prix pour électrifier l'économie et maintient sa prudence sur des mesures massives d'allègement à court terme de la facture des usagers.

L'envolée des prix de l'énergie devient un thème politique de plus en plus brûlant après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient et dans un climat de pré-campagne présidentielle.

Avant cette réunion au parfum de Conseil des ministres qui a débuté à Matignon à 10H30, le chef du gouvernement a donné "instruction" à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés. Il a suggéré de les financer par les "surplus" des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques "dédiée à certaines professions" qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

De son côté, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon s'est défendue de l'idée d'un Etat "profiteur" de crise, ce dont l'accuse le Rassemblement national.

"L'Etat ne s'enrichit jamais sur le dos d'une crise, parce qu'entre la perte de croissance, la perte de consommation, les aides que vous déployez (...), vous n'êtes jamais gagnant" mais s'il existe des surplus ponctuels, "ils doivent aller sur ces réponses structurelles", a-t-elle expliqué sur TF1.

- "Long terme" -

Il s'agit d'une réponse de "long terme", a-t-elle assumé, en indiquant que "moins de 10%" des stations-service rencontraient actuellement des problèmes d'approvisionnement.

Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient se prolonge.

Il a jusqu'ici refusé de réduire la fiscalité sur les carburants, mesure demandée par le RN.

A droite, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a réclamé sur France 2 que le surplus de recettes fiscales, qu'il évalue "entre deux et trois milliards" d'euros depuis le début de la crise soit "redonné aux automobilistes sous forme de baisse de taxes".

Marine Le Pen pour le RN a manié l'ironie sur X. "Je croyais qu’il n’y avait pas de +surplus+ fiscal ?" et "qu’il n’existait aucun risque de pénurie ?".

A gauche, La France insoumise réclame le blocage des prix, comme le Parti communiste. "On doit plafonner les prix à 1,60 euros le temps que la crise passe", a plaidé sur France Inter son secrétaire national Fabien Roussel.

Le Parti socialiste demande de son côté "des mesures ciblées sur les ménages les plus vulnérables".

Le prix du litre de gazole a battu un record absolu la semaine dernière. Et le SP95-110, l'essence la plus consommée, a atteint mercredi la barre symbolique des 2 euros le litre.

- "Sur-profits" -

Contraint à la discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du Produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le RN jugée trop onéreuse.

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - pêche, agriculture, transports -, il a seulement concédé des aides "ciblées", éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels.

Sans pour autant calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu, qui a promis de nouvelles aides si le conflit s'éternisait.

Malgré une baisse plus forte qu'attendue du déficit en 2025, à 5,1% au lieu de 5,4%, Sébastien Lecornu a prévenu qu'il voulait tenir l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 "quoi qu'il arrive", laissant peu d'espoir à ceux qui réclament davantage de soutien, à l'instar des syndicats qui ont remis de la pression mardi.

L'ONG Greepeace a accusé dans une étude publiée mercredi, les compagnies pétrolières de réaliser plus de 80 millions d'euros de "sur-profits" par jour, dans les pays de l'UE depuis le début de la guerre, grâce à une augmentation de leurs marges.

Outre les carburants, les ministres discuteront du calendrier parlementaire, très restreint pour cause d'élections sénatoriales en septembre, et de mesures de simplification visant à rendre l'Etat plus efficace.

Avant d'être rattrapé par l'énergie, le chef du gouvernement avait prévu, à la sortie des municipales, d'axer son discours sur le régalien: l'effort militaire, la sécurité et la justice.


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.