Gaza: Tirs israéliens et bousculade lors d'une distribution meurtrière d'aide

Des personnes blessées sont soignées à l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza, à la suite d'une frappe israélienne qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, aurait tué au moins 50 personnes et en aurait blessé plus de 120 alors qu'elles attendaient une aide humanitaire. (AFP)
Des personnes blessées sont soignées à l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza, à la suite d'une frappe israélienne qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, aurait tué au moins 50 personnes et en aurait blessé plus de 120 alors qu'elles attendaient une aide humanitaire. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 mars 2024

Gaza: Tirs israéliens et bousculade lors d'une distribution meurtrière d'aide

  • «Le bilan du massacre de la rue al-Rashid" à Gaza-ville s'élève désormais à 110 morts», a déclaré le ministère de la Santé du Hamas
  • L'ONU estime que 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population de Gaza, sont menacées de famine

TERRITOIRES PALESTINIENS: Des tirs israéliens sur une foule affamée et une vaste bousculade pendant une distribution d'aide jeudi dans le nord de Gaza ont fait plus de 110 morts selon le Hamas, soulevant au sein de la communauté internationale indignation et appels à établir les responsabilités.

Tout en reconnaissant des "tirs limités" de soldats israéliens se sentant "menacés", un responsable de l'armée a fait état "d'une bousculade durant laquelle des dizaines d'habitants ont été tués et blessés, certains renversés par les camions d'aide".

Ce drame, a reconnu le président américain Joe Biden, va compliquer les pourparlers en cours pour instaurer une trêve dans le territoire palestinien ravagé par près de cinq mois de conflit et menacé par la famine.

Il est survenu le jour où le Hamas a annoncé que plus de 30.000 personnes y ont été tuées depuis le début de la guerre.

Après bientôt cinq mois de guerre, l'ONU estime que 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population, sont menacées de famine dans la bande de Gaza, en particulier dans le nord où les destructions, les combats et les pillages rendent presque impossible l'acheminement de l'aide humanitaire.

Sur fond de divergences entre Palestiniens et Israéliens sur le déroulement des événements jeudi, le chef des Nations unies Antonio Guterres, "choqué", a plaidé pour "une enquête indépendante efficace" pour identifier les responsabilités.

Vendredi, le président français Emmanuel Macron a exprimé sa "plus ferme réprobation" et demandé "vérité" et "justice", tandis que les Etats-Unis ont exigé d'Israël "des réponses".

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence jeudi à huis clos pour discuter de ces événements.

Jeudi, un médecin de l'hôpital al-Chifa de Gaza-ville, dans le nord, a annoncé que les soldats avaient tiré sur "des milliers de citoyens" qui se précipitaient vers des camions d'aide.

"Le bilan du massacre de la rue al-Rashid" à Gaza-ville s'élève désormais à 104 morts et 760 blessés", a déclaré le ministère de la Santé du Hamas.

Des témoins ont raconté à l'AFP des scènes pendant lesquelles des milliers de personnes se sont précipitées vers des camions d'aide dans un rond-point de l'ouest de la ville.

Le ministère de la Santé du Hamas avait annoncé tôt jeudi que "plus de 30.000" personnes ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre, après des bombardements dans la nuit qui ont fait 79 morts.

Cette guerre est déjà, et de très loin, le plus meurtrier des cinq conflits ayant opposé Israël au mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.

Les pays médiateurs ont dit espérer une trêve avant le début du ramadan, le mois de jeûne musulman qui commence le soir du 10 ou le 11 mars, mais sans faire état d'avancées concrètes jusqu'à présent.

"Le bilan des morts à Gaza a dépassé les 30.000, en grande majorité des femmes et des enfants. Plus de 70.000 Palestiniens ont été blessés. Cette violence effroyable et ces souffrances doivent cesser. Cessez-le-feu", a lancé le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le réseau social X.

«Pas de pain»

A travers la bande de Gaza, les civils sont pris au quotidien dans les combats et les bombardements, qui n'ont épargné aucune zone, dévasté des quartiers entiers et forcé des milliers de familles à fuir.

"Nous n'avons pas mangé de pain depuis deux mois. Nos enfants sont affamés", a raconté à l'AFP Muhammad Yassin, un homme de 35 ans habitant à Zeitun, dans le nord, qui est sorti tôt le matin pour acheter de la farine et a trouvé "des milliers de gens qui attendaient depuis de longues heures pour avoir un ou deux kilos de farine".

"C'est un crime et un désastre. Un monde tellement injuste", a-t-il ajouté.

Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), les besoins humanitaires sont "illimités". "La famine se profile. Les hôpitaux se sont transformés en champs de bataille. Un million d'enfants font face à un traumatisme quotidien", a affirmé l'Unrwa.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent lancée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a causé la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Gaza: «plus de 25.000» femmes et enfants palestiniens tués depuis le début de la guerre, selon le Pentagone

Plus de "25.000" femmes et enfants palestiniens ont été tués dans la campagne militaire menée par Israël dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre, a déclaré jeudi le chef du Pentagone Lloyd Austin.

"C'est plus de 25.000", a-t-il dit devant une commission parlementaire en réponse à une question sur le bilan des femmes et enfants tués dans la guerre, lancée en représailles à l'attaque du Hamas sur le sol israélien.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé plus tôt jeudi que "plus de 30.000" personnes ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes à Gaza depuis le début de la guerre.

Ce seuil est atteint alors que les pays médiateurs, Etats-Unis, Egypte et Qatar, s'efforcent d'obtenir une trêve dans les combats avant le début du ramadan, qui commence le soir du 10 ou le 11 mars.

Durant l'attaque, quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza. Selon Israël, 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts, après la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël lors d'une première trêve en novembre.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qu'il considère, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, comme une organisation terroriste. Son armée pilonne sans répit la bande de Gaza et a lancé le 27 octobre une offensive terrestre dans le nord du territoire, qui s'est progressivement étendue jusque dans le sud.

Combats du nord au sud

Les combats, selon l'armée, continuent à faire rage dans le nord à Zeitun, un quartier de la ville de Gaza, ainsi que dans le centre du territoire et à Khan Younès, dans le sud.

Poussés toujours plus vers le sud à mesure que les combats s'étendaient, des centaines de milliers de déplacés ont gagné Rafah, une ville collée contre la frontière fermée avec l'Egypte.

Près d'un million et demi de Palestiniens, selon l'ONU, sont à présent massés, sans échappatoire, dans cette ville bombardée quotidiennement, où le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis de lancer une offensive afin de vaincre le Hamas dans son "dernier bastion".

En dépit des multiples mises en garde internationales, M. Netanyahu a affirmé qu'une trêve ne ferait que "retarder" une telle offensive.

Rafah est le principal point d'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, soumise au feu vert d'Israël et qui arrive en quantité très limitée depuis l'Egypte.

Le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte tentent pendant ce temps d'arracher un accord portant, selon une source du Hamas, sur une trêve de six semaines, durant laquelle un otage, parmi des femmes, mineurs et personnes âgées malades, serait échangé chaque jour contre dix Palestiniens détenus par Israël.

Lundi, le président américain, Joe Biden, a évoqué "un accord des Israéliens selon lequel ils ne s'engageraient pas dans des opérations durant le ramadan", afin de "faire sortir tous les otages".

Mais le Hamas réclame notamment un cessez-le-feu définitif avant tout accord sur la libération des otages, ainsi que la levée du blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007 et l'entrée d'une aide humanitaire accrue.

Israël répète de son côté qu'une trêve devrait être accompagnée de la libération de tous les otages et ne signifierait pas la fin de la guerre, promettant que celle-ci se poursuivra jusqu'à l'élimination totale du Hamas.


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.

 


L'Arabie saoudite condamne l'attaque de drone près de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi

 Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
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  • Ministère des Affaires étrangères : L'attentat menace la sécurité et la stabilité régionales
  • Le Koweït, le Bahreïn et le chef de la Ligue arabe expriment également leur condamnation

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné une attaque de drone qui a visé un générateur d'électricité aux Émirats arabes unis, situé à l'extérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales, et a exprimé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et son soutien à toutes les mesures visant à préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur intégrité territoriale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les ministères des affaires étrangères du Koweït et de Bahreïn, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont également condamné l'attentat.

Le Koweït a déclaré que le fait de viser des installations nucléaires pacifiques constituait une violation flagrante du droit international et représentait un risque pour les civils, l'environnement et la sécurité.

Bahreïn a réaffirmé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et a félicité les forces de défense aérienne d'Abou Dhabi pour leur réponse à la menace.

M. Aboul Gheit a exprimé son soulagement après les déclarations de l'Autorité fédérale de régulation nucléaire des Émirats arabes unis selon lesquelles l'incendie provoqué par l'attaque avait été circonscrit.

L'autorité "a confirmé que l'incendie n'a pas affecté la sécurité de la centrale ou l'état de préparation de ses systèmes essentiels, et que toutes les unités fonctionnent normalement".

Les Émirats arabes unis n'ont pas précisé qui avait lancé le drone ni son territoire d'origine.

L'attaque s'est produite pendant un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, alors que près de 40 pays préparent des efforts pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis fin février, ce qui a perturbé les marchés du pétrole et du gaz.


Le ministère de la défense saoudien annonce l'interception de trois drones en provenance de l'espace aérien irakien

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
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  • Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité
  • M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclaré dimanche avoir intercepté trois drones qui avaient pénétré sur son territoire depuis l'espace aérien irakien.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité.

M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien.

Bien que les hostilités dans le cadre du conflit iranien aient été largement réduites depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en avril, des drones ont été lancés depuis l'Irak en direction des pays du Golfe.