Gaza : l'aide peut tomber du ciel, mais en quantité limitée

Des Palestiniens courent le long d'une rue alors que de l'aide humanitaire est larguée dans la ville de Gaza le 1er mars 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas. (Photo AFP)
Des Palestiniens courent le long d'une rue alors que de l'aide humanitaire est larguée dans la ville de Gaza le 1er mars 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas. (Photo AFP)
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Publié le Samedi 02 mars 2024

Gaza : l'aide peut tomber du ciel, mais en quantité limitée

  • Après cinq mois de guerre, la quantité d'aide humanitaire acheminée par camions a chuté de façon drastique, et les habitants du territoire font face à de graves pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments
  • Face à cette situation dramatique, le président américain, Joe Biden, a annoncé que les Etats-Unis allaient participer «dans les prochains jours» aux largages

TERRITOIRES PALESTINIENS : Face à une situation humanitaire de plus en plus désespérée à Gaza, où les Nations unies préviennent que la famine est «presque inévitable», des pays donateurs ont commencé à parachuter des secours.

Après cinq mois de guerre, la quantité d'aide humanitaire acheminée par camions a chuté de façon drastique, et les habitants du territoire font face à de graves pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments.

Des avions militaires étrangers ont commencé à y parachuter des palettes d'aide humanitaire. Des appareils jordaniens, avec le soutien de pays tels que le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, ont pour l'instant organisé la plupart des largages.

Plusieurs appareils égyptiens ont fait de même jeudi, ainsi que des avions des Emirats arabes unis.

Imad Dughmosh, d'Al-Sabra, dans le centre de la bande de Gaza, a déclaré à l'AFP qu'il avait pu récupérer de l'eau potable et de la nourriture grâce à ces largages, mais qu'il n'y en avait pas assez pour tous ceux qui attendaient.

«En fin de compte, j'ai pu récupérer des sacs de pâtes et de fromage, mais mes cousins n'ont rien eu», a dit cet homme de 44 ans: «J'étais content d'avoir de la nourriture pour les enfants, mais ce n'est pas assez».

- Crise humanitaire -

Les livraisons d'aide humanitaire ont été réduites au minimum depuis le début de la guerre, le 7 octobre, après l'attaque sans précédent du Hamas contre le sud d'Israël qui a fait 1.160 morts, pour la plupart civils, selon les données officielles israéliennes.

L'offensive de représailles d'Israël contre le Hamas a tué 30.228 personnes, principalement des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le mouvement islamiste.

Dans le nord de la bande de Gaza, où l'offensive israélienne a commencé, de nombreux habitants en sont réduits à manger du fourrage.

Dix enfants sont déjà morts de «malnutrition et de déshydratation», a affirmé vendredi le ministère de la Santé.

Face à cette situation dramatique, le président américain, Joe Biden, a annoncé que les Etats-Unis allaient participer «dans les prochains jours» aux largages.

«Dans les prochains jours, nous allons nous joindre à nos amis de Jordanie et autres en opérant des largages de nourriture et autres biens» sur Gaza, a-t-il annoncé.

Un responsable américain a toutefois estimé que ces parachutages «ne pourraient être qu'une goutte d'eau dans l'océan» par rapport aux besoins.

Outre les risques liés au largage de lourds colis dans des zones surpeuplées, des habitants de Gaza ont assuré à l'AFP que de nombreuses palettes avaient fini dans la Méditerranée.

«La plupart de l'aide est tombée dans la mer aujourd'hui, et les parachutes qui sont tombés jeudi et mercredi sont tous tombés dans la mer, à l'exception d'un très petit nombre», a indiqué Hani Ghabboun, qui vit à Gaza-City avec sa femme et ses cinq enfants.

Selon lui, ce sont des «centaines de tonnes d'aide qu'il faudrait pour lutter contre la famine et nourrir la population».

- «Extrêmement difficile» -

Pour Jens Laerke, porte-parole de l'agence de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), les largages aériens posent «de nombreux problèmes».

«L'aide qui arrive de cette manière ne peut être qu'un dernier recours», a-t-il déclaré. «Le transfert par voie terrestre est tout simplement meilleur, plus efficace et moins coûteux».

Il a toutefois lancé un avertissement: «Si rien ne change, une famine est presque inévitable».

Les Nations unies accusent les forces israéliennes de bloquer «systématiquement» l'accès à Gaza, ce qu'Israël nie.

Les organisations humanitaires, dont l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), estiment que la meilleure serait qu'Israël ouvre les points de passage frontaliers et permette aux convois de camions d'entrer et de livrer en toute sécurité.

Un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré à des journalistes que près d'un millier de camions attendaient à la frontière égyptienne.

«Les parachutages sont extrêmement difficiles», a déclaré Stéphane Dujarric: «Mais toutes les options restent sur la table».

Les largages aériens peuvent également se révéler très coûteux.

Pour Jeremy Konyndyk, président de l'ONG Refugees International, les parachutages ne peuvent «être utiles qu'à la marge».

Un avion peut larguer l'équivalent du chargement de deux camions, mais pour un coût dix fois supérieur, a-t-il déclaré vendredi à la BBC.

«Plutôt que larguer de la nourriture depuis les airs, nous devrions exercer une forte pression sur le gouvernement israélien pour qu'il permette l'acheminement de l'aide par des canaux plus traditionnels, qui permettent de fournir une aide à plus grande échelle», a-t-il estimé.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.