Arabie saoudite: Donner aux femmes les moyens d'agir pour une planète prospère et saine

Les efforts en faveur de l’égalité des sexes sont considérés comme un élément essentiel visant à éliminer la pauvreté (Photo, Reuters).
Les efforts en faveur de l’égalité des sexes sont considérés comme un élément essentiel visant à éliminer la pauvreté (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 08 mars 2024

Arabie saoudite: Donner aux femmes les moyens d'agir pour une planète prospère et saine

  • L'égalité entre les hommes et les femmes est considérée comme un élément essentiel de l'effort visant à éliminer la pauvreté et à passer à des économies plus vertes
  • Malgré les progrès accomplis, les experts affirment que les femmes continuent de faire les frais de la crise du coût de la vie et les perturbations du marché du travail

DUBAI: Bien que le monde arabe ait encore un long chemin à parcourir avant d'atteindre la parité hommes-femmes, de récentes réformes en Arabie saoudite ont déjà transformé la participation des femmes à la main-d'œuvre, aux affaires et au leadership, tout en promouvant la croissance économique et le développement durable.

La poursuite de l'égalité des sexes comme moyen de favoriser des économies prospères et une planète saine est le thème de la Journée internationale de la femme de cette année, la journée annuelle des Nations unies pour célébrer l'autonomisation des femmes et des filles.

«Aucun pays au monde n'a pris de mesures aussi radicales et n'a connu de changements aussi spectaculaires pour améliorer le sort des femmes», a déclaré à Arab News, Maria al-Zahrani, une Saoudienne résidant à Riyad et travaillant comme consultante pour WeBuild Ventures.

Atteindre la parité hommes-femmes et exploiter tout le potentiel des femmes et des filles est un élément fondamental du plan de réforme sociale et de diversification économique, la Vision 2030 du Royaume, lancé en 2016 par le prince héritier, Mohammed ben Salmane.

«Nos détracteurs peuvent pontifier autant qu'ils veulent, mais les chiffres ne mentent pas», a signalé Al-Zahrani. «Les femmes représentent aujourd'hui plus de 36% de la population active.»

La poursuite de l'égalité des sexes comme moyen de favoriser des économies prospères et une planète saine (Photo, Initiative verte saoudienne).

En 2019, l’Arabie saoudite a mis en œuvre des réformes qui ont permis aux femmes de voyager à l’étranger de manière indépendante, de s’enregistrer pour le mariage ou le divorce et de demander des documents officiels sans l’autorisation d’un tuteur masculin.

Faisal al-Ibrahim, ministre saoudien de l'Économie, a déclaré que le Royaume avait par conséquent été témoin d'une augmentation significative de la participation des femmes dans le secteur privé.

«L'égalité des sexes est une pierre angulaire de notre engagement en faveur du développement durable», a-t-il déclaré à l'initiative sur les capacités humaines à Riyad en février. «L'augmentation de la représentation des femmes est un macro-objectif essentiel soutenu par une multitude d'initiatives.»

«Les femmes occupent désormais 20% des sièges du Conseil saoudien de la Choura et des postes clés dans les ministères et les organismes gouvernementaux. 29% des postes de cadres moyens et supérieurs du secteur privé sont occupés par des femmes, et 45% des PME du Royaume sont dirigées par des femmes», a-t-il précisé.

Marriam Mossalli est un exemple vivant de cette transformation.

«Les femmes contrôlent plus de 31 800 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,91 euro) de dépenses dans le monde et dépensent en fait plus que les hommes au quotidien», a déclaré à Arab News, Mossalli, femme entrepreneur saoudienne et fondatrice de l'agence de communication Niche Arabia.

Mossalli a récemment lancé C-Suite Advisory, une société de conseil qui aide les jeunes start-ups et les firmes internationales à investir et à pénétrer les marchés du Conseil de coopération du Golfe. Elle souhaite voir beaucoup plus de femmes se lancer dans les affaires.

«Nous avons besoin de plus de femmes à des postes de direction», a-t-elle indiqué. «C'est pourquoi j'investis personnellement dans des entreprises détenues par des femmes qui partagent les mêmes valeurs, et c'est pourquoi j'ai créé Powder Beauty, la première plate-forme de produits de beauté propres de la région», a-t-elle expliqué.

Basmah Abdelaziz al-Mayman, directrice de l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies pour la région du Moyen-Orient, estime que le développement de l'industrie touristique de la région en particulier a offert aux femmes des possibilités de participation et d'avancement économiques.

Les femmes représentent désormais plus de 36% de la population active (Photo, AFP).

«Bien que la proportion de femmes engagées dans le secteur du tourisme dans le monde arabe soit encore faible», a déclaré Al-Mayman à Arab News, «on peut espérer qu'elle s'améliorera, d'autant plus que des progrès vers l'égalité des sexes dans le secteur ont été observés, en particulier dans le secteur public. Tout cela grâce à des actions politiques concrètes qui ont commencé à porter leurs fruits et où la représentation des femmes dans les rôles de leadership a augmenté pour atteindre des niveaux similaires à ceux connus dans le monde entier.»

En 2020, l'OMT et le ministère saoudien du Tourisme ont publié conjointement le Rapport régional sur les femmes dans le tourisme au Moyen-Orient à l'occasion de la présidence saoudienne du G20.

Le rapport examine les opportunités et les défis pour les femmes dans des domaines considérés comme essentiels pour l'autonomisation des femmes: l'emploi, l’entrepreneuriat, l'éducation et la formation. Il s'est également penché sur le leadership, la prise de décision et l'élaboration de politiques, ainsi que sur la communauté.

«Le tourisme est depuis longtemps considéré comme un moteur de l'émancipation économique des femmes, plus que d'autres secteurs de l'économie», a mentionné Al-Mayman.

«Le tourisme peut offrir davantage d'opportunités pour la participation des femmes à la population active, à l'entreprenariat et au leadership féminin. En tant que tel, le secteur du tourisme peut apporter des contributions importantes à la réalisation de l'ODD 5 sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, ainsi qu'aux objectifs liés au genre et à d’autres domaines concernés par le développement durable», a-t-elle ajouté.

Al-Mayman a indiqué que les gouvernements arabes avaient un rôle crucial à jouer «dans la création d'un monde plus équitable par le biais de changements délibérés et d'actions visant à garantir que les femmes et les groupes marginalisés aient accès aux ressources, au soutien et aux opportunités».

Œuvrer à l’égalité des sexes est considéré comme un élément essentiel des efforts visant à éliminer la pauvreté, à stimuler le financement tenant compte de l'égalité des sexes, à faire la transition vers des économies plus vertes et à soutenir les femmes qui contribuent au changement.

Rana Almimoni, une Saoudienne de 30 ans passionnée de course automobile, pose pour une photo au parc automobile de Dirab, dans la banlieue de Riyad (Photo, AFP).

Il est toutefois important de noter qu'aucun pays au monde n'a atteint la parité hommes-femmes, selon l'Initiative mondiale pour la croissance verte. La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord est l'une de celles qui ont encore un long chemin à parcourir.

Le monde arabe présente le deuxième plus grand écart entre les sexes dans le monde après l’Asie du Sud, tel que mesuré par l'indice de développement du genre, les femmes étant à la traîne en matière de revenus et de participation au marché du travail.

En raison de ces inégalités entre les sexes, les femmes et les filles dans les pays arabes ont atteint en moyenne 14,4% de moins que les hommes en termes de développement humain au cours des vingt dernières années.

Selon le Global Gender Gap Report 2023 du Forum économique mondial, par rapport aux autres régions, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord restent les plus éloignés de la parité des sexes, avec un score de 62,6%.

Cela représente une baisse de 0,9 point de pourcentage de la parité depuis la dernière édition du rapport pour la région, basée sur l'échantillon constant de pays couverts depuis 2006.

EN CHIFFRES

  • Les États arabes ont le deuxième écart le plus important entre les hommes et les femmes dans le monde (IDG).

 

  • 131 Nombre d'années nécessaires pour atteindre la parité hommes-femmes au niveau mondial (FEM).

 

  • < 50%  de femmes actives sur le marché du travail mondial, contre 72% d'hommes (FMI).

Selon le rapport, les Émirats arabes unis (71,2%), Israël (70%) et le Bahreïn (66,6%) ont atteint la parité la plus élevée de la région, tandis que cinq pays, menés par le Bahreïn, le Koweït et le Qatar, ont augmenté leur parité de 0,5% ou plus.

Et pourtant, selon l'ONU, la région dans son ensemble a progressé à un rythme bien plus lent que la moyenne mondiale au cours de la dernière décennie. Elle affirme que les inégalités entre les sexes empêchent le monde arabe de réaliser les 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l'Agenda 2030.

Bien entendu, la mission de parvenir à la parité entre les sexes dépasse largement la région arabe. Il s'agit d'une préoccupation internationale majeure.

Une Saoudienne conduit un train à grande vitesse transportant des pèlerins vers La Mecque (Photo, AFP).

Selon le Global Gender Gap Report 2023 du Forum économique mondial (FEM), l'écart mondial s'est réduit de 0,3 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Sur la base de ce taux de progression, la parité ne sera atteinte qu'en 2154, soit la même prévision que dans le rapport 2022 du FEM.

Le peu de progrès réalisé est dû à l’amélioration de l’éducation, 117 des 146 pays indexés ayant maintenant comblé au moins 95% de l’écart. Le déficit de participation économique et d’opportunités a également progressé, se rapprochant de 60,1%.

Toutefois, selon le Fonds monétaire international (FMI), moins de la moitié des femmes participent activement au marché du travail mondial, contre 72% des hommes. Cette situation a un impact direct sur des questions telles que la réduction de la pauvreté et la nutrition.

Selon les Nations unies, un quart des femmes et des filles dans le monde devraient souffrir d'une insécurité alimentaire modérée ou grave d'ici à 2030. Si les écarts entre les sexes dans les systèmes agroalimentaires sont comblés, cela pourrait réduire l'insécurité alimentaire et augmenter le produit intérieur brut mondial de 1 000 milliards de dollars.

«Bien qu'il y ait eu des signes encourageants de reprise vers les niveaux d'avant la pandémie, les femmes continuent de supporter le poids de la crise actuelle du coût de la vie et des perturbations du marché du travail», a écrit Saadia Zahidi, directrice générale du FEM, dans le rapport.

La reprise de l'économie mondiale nécessitera «toute la puissance de la créativité et de la diversité des idées et des compétences», a-t-elle estimé. «Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre élan en ce qui concerne la participation et les possibilités économiques des femmes.»

Une employée vérifie les marchandises dans un hypermarché à Djeddah (Photo, AFP).

Bien qu'il reste sans aucun doute un long chemin à parcourir, même pour les nations les plus proactives de la région comme l'Arabie saoudite, la Journée internationale de la femme offre l'occasion de faire le point sur les progrès accomplis en matière d'émancipation des femmes en un laps de temps relativement court.

Il y a cinq ans à peine, «on ne voyait guère de femmes travailler nulle part», a souligné Al-Zahrani, consultante basée à Riyad.

«Puis, tout d'un coup, elles ont commencé à travailler dans des hôtels, dans des magasins au centre commercial, et à conduire. Je n'aurais jamais pensé être aussi fière de voir des femmes à l'épicerie prendre les paiements des clients aux caisses», a-t-elle soutenu.

Al-Zahrani a conclu «Je suis fier de nos dirigeants et je suis fier de ce qu'ils ont fait pour tout le monde afin de créer un avenir plus productif et plus prospère pour le pays.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les femmes premières victimes de la guerre au Soudan, dit une ministre

Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
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  • Les femmes et les filles soudanaises sont les principales victimes du conflit, avec des violences sexuelles massives, utilisées notamment par les Forces de soutien rapide (FSR) comme arme de guerre et de nettoyage ethnique
  • Plus de 1.800 viols ont été recensés depuis avril 2023, dans un contexte d’impunité généralisée, poussant l’ONU et la CPI à enquêter sur de possibles crimes de guerre

PORT-SOUDAN: Proies faciles d'hommes portés par un sentiment d'impunité, les Soudanaises sont les premières victimes du conflit entre l'armée et les paramilitaires, marqué de violences sexuelles et "condensé de toutes les pires choses" au monde, a déclaré à l'AFP la ministre aux Affaires sociales.

Aux exactions, vols et pillages s'ajoutent les viols "souvent commis en présence de la famille", l'esclavage sexuel et le trafic vers les pays voisins, mais aussi les mariages scellés pour éviter la honte, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa, une militante ayant récemment rejoint le gouvernement pro-armée.

Selon elle, la violence sexuelle existe dans les deux camps, mais elle est "systématique" chez les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui l'utilisent "comme arme de guerre" à des fins de "nettoyage ethnique".

"Il n'y a pas d'âge: une femme de 85 ans peut être violée, un enfant d'un an peut être violé", affirme cette psychologue engagée depuis des années dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Plus de 1.800 viols ont été recensés entre le début de la guerre en avril 2023 et octobre 2025, selon les données de son ministère, qui n'incluent pas les atrocités commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre.

Plus des trois-quarts des violences (77%) sont des viols, imputés à 87% aux FSR, selon un récent rapport du réseau Siha qui défend les droits de femmes dans la Corne de l'Afrique.

Les Nations-Unies s'inquiètent depuis plusieurs mois du déchainement des FSR contre les communautés non arabes dans la région du Darfour (ouest). La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête pour "crimes de guerre" visant les deux camps.

- "Très fiers" -

Appelée mi-janvier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la vice-procureure de la CPI Nazhat Shameem Khan a décrit une "situation horrible" à el-Facher - capitale régionale du Darfour prise par les FSR fin octobre -, avec une "campagne organisée" incluant des viols et des exécutions "à grande échelle", parfois "filmés et célébrés" par leurs auteurs, "nourris par un sentiment de totale impunité".

"Il s'agit d'humilier les gens, de les forcer à quitter leurs maisons. Et aussi de briser le tissu social. Lorsque vous utilisez la violence sexuelle comme arme de guerre, cela signifie que vous voulez que la guerre se prolonge indéfiniment" car cela "nourrit l'esprit de vengeance", analyse Sulaïma Ishaq al-Khalifa, qui a reçu l'AFP à son domicile de Port-Soudan.

Le Darfour a déjà connu une période sanglante au début des années 2000. Un ancien chef des milices Janjawid, dont les FSR sont les héritières, a été récemment jugé et condamné par la CPI pour sa responsabilité dans de multiples crimes de guerre, y compris des viols.

"Ce qu'il se passe aujourd'hui est pire. Des viols de masse ont lieu, c'est documenté", dit la ministre à l'AFP. Et les auteurs "sont très fiers de ce qu'ils font, ils ne le voient pas comme un crime".

"On a l'impression qu'ils ont le feu vert pour faire tout ce qu'ils veulent", regrette-t-elle.

Au Darfour, "ils ont dit aux femmes - et cela ressort des témoignages de nombreuses survivantes - qu'elles valaient moins que des êtres humains, les traitant d'esclaves, et que lorsqu'ils les agressaient sexuellement, en fait ils les +honoraient+, parce qu’ils étaient plus instruits qu'elles ou de sang +plus pur+", poursuit-elle.

Pour la ministre, le Soudan est "un condensé de toutes les pires choses qui se sont produites dans le monde".

- Libérer la parole -

A Khartoum et dans plusieurs villes du Darfour, dont el-Facher, des survivantes ont évoqué des viols "commis par des mercenaires francophones venus d'Afrique de l'Ouest, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Tchad, mais aussi des Colombiens ou des Libyens", accusés de combattre avec les FSR, selon la ministre.

Et puis, certaines victimes ont été enlevées et cloîtrées comme esclaves sexuelles, d'autres vendues par des réseaux de trafic facilités par l'instabilité et les frontières poreuses, mais les cas sont difficiles à documenter.

Une des difficultés est de libérer la parole des victimes, alors que certaines familles préfèrent les marier de force pour "cacher ce qui s'est passé", surtout en cas de grossesse, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa.

"Nous considérons cela comme une forme de torture", dit-elle, en évoquant les cas "effrayants" de mariages forcés d'enfants et d'adolescentes.

Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
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  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
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  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com