8-Mars : De Kaboul à Paris, des femmes mobilisées pour leurs droits

Des manifestants brandissent des pancartes lors d’une manifestation appelant aux droits des femmes en Afghanistan, sur la place du Parlement à Londres, le 8 mars 2024, à l’occasion de la Journée internationale de la femme (Photo, AFP).
Des manifestants brandissent des pancartes lors d’une manifestation appelant aux droits des femmes en Afghanistan, sur la place du Parlement à Londres, le 8 mars 2024, à l’occasion de la Journée internationale de la femme (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 09 mars 2024

8-Mars : De Kaboul à Paris, des femmes mobilisées pour leurs droits

  • Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont imposé leur interprétation restrictive de la loi islamique, multipliant les mesures liberticides envers les femmes
  • Ils les ont exclues des établissements d'enseignement secondaire et des universités, faisant de l'Afghanistan le seul pays au monde où l'éducation des filles est interdite après l'école primaire

PARIS: De l'Afghanistan sous domination talibane à la France, en passant par la RD Congo où le premier voeux est la paix, la Journée internationale des droits des femmes mobilise vendredi, sous des formes diverses.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en garde contre "un retour en arrière" pour les droits des femmes, "tant dans les pays en développement que dans les pays développés", lors d'une cérémonie à New York.

Voici les principaux événements :

AFGHANISTAN :

Des femmes ont manifesté discrètement et comme elles le pouvaient, la répression des autorités talibanes à leur encontre les empêchant de sortir dans les rues. Dans plusieurs provinces, elles se sont réunies en petit nombre pour demander que les restrictions de droits les frappant, comme leur exclusion de l'enseignement secondaire et des universités soient levées.

Dans la province de Takhar (nord-est), des images publiées par des militantes féministes montrent sept femmes tenant des papiers devant leur visage, avec l'inscription "Droits, Justice, Liberté".

Dans celle de Balkh (nord), plusieurs femmes ont posé devant une bannière avec les mots "Sauvez les femmes d'Afghanistan".

Le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, a rétorqué que les talibans, revenus au pouvoir en 2021, respectaient les droits des femmes dans le cadre de l'islam.

PAKISTAN :

Des centaines de femmes ont manifesté dans les grandes villes du pays, une mobilisation critiquée par les groupes religieux conservateurs qui lui reprochent d'importer des valeurs occidentales.

"Nous faisons face à toutes sortes de violences: physique, sexuelle, culturelle où les femmes sont échangées pour régler des différends, les mariages d'enfants, le harcèlement au travail, dans les rues", a déclaré Farzana Bari, organisatrice de la manifestation à Islamabad, où des centaines de femmes se sont réunies pour danser, chanter et écouter des discours.

RD CONGO :

Pour cette journée habituellement festive et colorée, des milliers de Congolaises se sont vêtues de noir, en signe de deuil pour les morts des conflits dans l'est du pays.

"Nous, les femmes du Congo, refusons la guerre et le pillage de nos ressources", clamaient les calicots et banderoles brandis par plusieurs milliers d'entre elles qui ont marché dans les rues de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, une des provinces de l'Est meurtries par des décennies de violences armées.

RUSSIE :

Célébration guerrière à Moscou et dans les régions ukrainiennes occupées, où des membres des forces armées ont distribué des fleurs aux passantes.

Le président Vladimir Poutine a salué les femmes participant à l'offensive en Ukraine. Dans son discours, il a déclaré qu'il rendait un hommage particulier à celles "qui accomplissent des missions de combat".

Selon le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, plus de 300 000 femmes "servent et travaillent dans les forces armées" russes.

Ces dernières semaines, des épouses de soldats mobilisés avaient organisé des manifestations devant le Kremlin pour demander que leurs maris soient ramenés du front.

TURQUIE :

Des centaines de femmes se sont rassemblées en fin de journée dans une rue menant à la place Taksim d'Istanbul, qui comme les années précédentes était interdite d'accès.

Une marche était prévue dans la capitale, Ankara, sur une artère où les manifestations sont interdites depuis plusieurs années.

IRAN :

La violente répression en Iran des manifestations pour l'essentiel pacifiques et "la discrimination institutionnalisée" envers les femmes et les filles a mené à "des crimes contre l'humanité", affirme vendredi un rapports d'experts mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Bon nombre des violations graves des droits de l'homme documentés dans le rapport "constituent des crimes contre l'humanité, en particulier des meurtres, des emprisonnements, des actes de torture et d'autres formes de violence sexuelle, des persécutions, des disparitions forcées et d'autres actes inhumains", soulignent ces experts mandatés après les manifestations qui avaient secoué l'Iran à partir de septembre 2022, en réponse à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, arrêtée par la police des moeurs pour ne pas voir porté correctement le hijab.

ITALIE :

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues à Rome et à Milan pour des manifestations appelant notamment à faire cesser la violence contre les femmes, après plusieurs cas de féminicides au grand retentissement.

ESPAGNE :

Des milliers de femmes ont défilé en Espagne pour revendiquer leurs droits, bien que le mouvement féministe ait été une fois de plus divisé dans certaines villes.

IRLANDE :

Les Irlandais votent lors d'un référendum destiné à moderniser les références aux femmes et à la famille dans leur Constitution, rédigée en 1937 quand l'Eglise catholique régnait dans le pays sur la vie publique et privée.

La première question concerne la définition de la famille, et propose de l'élargir au-delà de celle fondée sur le mariage, pour inclure les "relations durables".

La seconde question propose d'effacer une référence jugée dépassée sur le rôle des femmes dans le foyer.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Short Url
  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Short Url
  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.