L'ombre d'Erdogan plane sur les élections européennes en Allemagne

Le chancelier allemand Olaf Scholz (à droite) et le président turc Recep Tayyip Erdogan s'adressent à une conférence de presse commune avant des pourparlers à la Chancellerie de Berlin, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz (à droite) et le président turc Recep Tayyip Erdogan s'adressent à une conférence de presse commune avant des pourparlers à la Chancellerie de Berlin, le 17 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 10 mars 2024

L'ombre d'Erdogan plane sur les élections européennes en Allemagne

  • Des Allemands d'origine turque ont créé une alliance pour participer aux élections européennes avec l'objectif affiché de donner une voix à leur large communauté dans le pays
  • Mais l'initiative inquiète en raison de soupçons d'accointances avec Ankara

FRANCFORT: Des Allemands d'origine turque ont créé une alliance pour participer aux élections européennes avec l'objectif affiché de donner une voix à leur large communauté dans le pays. Mais l'initiative inquiète en raison de soupçons d'accointances avec Ankara.

L'"Alliance démocratique pour la diversité et le renouveau" (Dava) a été créée fin 2023.

Son programme est centré sur l'intégration et affirme vouloir seulement combler un "vide politique" pour les Allemands d'origine étrangère "qui ne se sentent pas à l'aise en politique, en particulier dans les partis établis", se défend Fatih Zingal, l'un de ses membres fondateurs.

"Nous ne sommes pas une émanation de l'AKP, nous ne sommes pas le bras armé d'Erdogan", insiste cet avocat de 44 ans, interrogé par l'AFP, en réponse aux soupçons persistants d'une proximité avec le parti au pouvoir en Turquie.

La première économie européenne abrite la plus grande communauté de personnes d'origine turque au monde, soit environ 2,8 millions de personnes.

La plupart sont les descendants de travailleurs venus pallier les pénuries de main-d'œuvre dans les années 1960 et 1970. Environ la moitié d'entre eux ne possèdent que des passeports turcs, les autres n'ont que la nationalité allemande.

Le président turc, qui dirige son pays d'une main de fer, est très populaire au sein de cette diaspora, et les tentatives perçues d'Ankara de gagner de l'influence dans les affaires intérieures allemandes inquiètent de longue date.

Sans être encore un parti, la Dava peut déjà, en tant qu'association, participer aux élections européennes du 9 juin où elle veut aligner 14 candidats. M. Zingal pense pouvoir décrocher au moins un poste de député européen sur les 96 réservés à l'Allemagne.

«Parti d'Erdogan»

La presse allemande a déjà surnommé Dava le "parti d'Erdogan".

Son personnel dirigeant est -ou a été- engagé dans "des organisations affiliées à l'AKP, ou directement contrôlées par Ankara", indique à l'AFP Max Lucks, député du parti des Verts, membre du gouvernement allemand.

M. Zingal, tête de liste du groupe aux européennes, fut longtemps un porte-parole de l'Union des démocrates internationaux (UID), même s'il dit à l'AFP ne plus en faire partie.

Considérée comme un mouvement de lobbying, l'UID organise entre autres les meetings électoraux d'Erdogan en Allemagne et en Europe.

Parmi les autres candidats, Ali Ihsan Ünlü, un médecin, a présidé pendant des années l'association régionale de Basse-Saxe (nord) de Union turco-islamique des affaires religieuses (DITIB), qui dépend directement de l'autorité religieuse Diyanet à Ankara.

"La Dava est un loup déguisé en agneau. Pour elle, la diversité et l'antiracisme ne valent que dans un sens. C'est une version turque de l'AfD", le parti d'extrême droite allemand, accuse M. Lucks.

Influence étrangère

Dans ce contexte, l'opposition conservatrice au gouvernement de centre-gauche d'Olaf Scholz a critiqué la réforme récente offrant la possibilité à des personnes originaires de pays comme la Turquie d'obtenir la double nationalité, et donc de voter en Allemagne.

Le groupe est appelé à devenir "une nouvelle porte d'entrée de l'influence étrangère sur la politique allemande", a accusé Thorsten Frei, député de l'Union Chrétienne-démocrate (CDU).

"Dans le passé, surtout lorsque j'étais enfant, j'ai souvent entendu que les personnes issues de l'immigration devaient s'impliquer davantage dans la vie politique", dit-il, et voilà "nous fondons notre groupe", explique M. Zingal qui dit avoir été membre du SPD, le parti du chancelier.

Gokay Sofuoglu, président de la communauté turque d'Allemagne, appelle au calme. D'autres mouvements similaires ont tenté leur chance. "Ils n'ont pas réussi et la Dava ne réussira pas non plus", dit-il à l'AFP.

Mais l'intérêt suscité autour de sa création est révélateur, car il montre que beaucoup d'Allemands d'origine étrangère "ne se sentent pas représentés par les partis établis".

Zukuf Cinentay, jeune Turc de 26 ans qui travaille dans un restaurant à Francfort et veut devenir allemand, dit lui qu'il ne votera de toutes les façons ni pour Dava "ni n'importe quel autre parti".

"Les politiciens disent toujours qu'ils vont faire ceci ou cela, mais ils ne tiennent jamais leurs promesses", lâche-t-il.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.