Shein, emblème de la mode à petit prix aux méthodes décriées en France

Des personnes tiennent des sacs de courses Shein devant le premier showroom permanent du géant chinois de la mode rapide en ligne Shein, le jour de l'ouverture de la boutique à Tokyo, le 13 novembre 2022. (Photo, AFP)
Des personnes tiennent des sacs de courses Shein devant le premier showroom permanent du géant chinois de la mode rapide en ligne Shein, le jour de l'ouverture de la boutique à Tokyo, le 13 novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 22 mars 2024

Shein, emblème de la mode à petit prix aux méthodes décriées en France

  • Fondée en Chine en 2012, l'application Shein, qui a son siège à Singapour, a rapidement conquis le marché mondial de la mode éphémère
  • Shein, qui n'est pas tenu de publier ses résultats car non coté en Bourse, a réalisé 23 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 800 millions de bénéfice en 2022

SHANGHAI: Choix infini et prix mini: le champion du prêt-à-porter bon marché Shein, qui connaît un succès fulgurant dans un contexte d'inflation, est décrié en France pour des pratiques jugées néfastes pour l'environnement et la consommation.

Fondée en Chine en 2012, l'application Shein, qui a son siège à Singapour, a rapidement conquis le marché mondial de la mode éphémère ou "fast-fashion", basée sur le renouvellement rapide de collections à très petits prix.

En France, l'Assemblée nationale a adopté en mars une proposition de loi pour rendre ces produits moins attractifs et ainsi limiter l'impact sur l'environnement d'une production qu'elle juge excessive et qui ferait en partie appel à des produits chimiques toxiques. Le Sénat doit encore se prononcer sur ce texte.

Shein, qui ne vend qu'en ligne, cible une clientèle jeune très présente sur les réseaux sociaux.

Robe de chambre à 7 euros, bracelets à moins de 50 centimes... la marque propose en ligne un nombre infini d'articles de mode à prix cassés, à grand renfort de marketing.

Un concept qui séduit dans les pays occidentaux, où l'inflation grève le pouvoir d'achat des consommateurs, mais est décrié par certains car il favoriserait une hyper-consommation du fait du renouvellement continu et rapide des collections.

Shein, à l'instar d'autres enseignes comme Zara ou H&M, est aussi accusé d'avoir recours à des sous-traitants sous-payés travaillant dans des ateliers aux mauvaises conditions de travail.

L'entreprise s'en défend et assure que sa chaîne d'approvisionnement fait régulièrement l'objet d'audits indépendants.

Avantage compétitif

La force de frappe de Shein repose sur la Chine, qui dispose d'une vaste industrie textile à bas coûts et d'un réseau logistique particulièrement performant, dans un pays ultra-connecté où le commerce en ligne est particulièrement avancé.

Le Bangladesh, deuxième exportateur mondial de vêtements derrière la Chine et où les salaires sont moins élevés, "pourrait en théorie vendre des vêtements moins chers que Shein", souligne l'analyste Allison Malmsten, du cabinet spécialisé Daxue Consulting.

"Mais il n'y a pas d'écosystème pour les commercialiser, les promouvoir, les vendre à l'étranger et ensuite les expédier", fait-elle remarquer à l'AFP.

"La Chine possède tous ces éléments", fait valoir Mme Malmsten.

Cela donne aux entreprises implantées dans le pays un avantage considérable en termes de coûts et de rapidité sur toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement.

Un atout dont profite également l'application chinoise Temu, qui rivalise désormais aux Etats-Unis avec le géant Amazon, grâce à une vaste gamme d'articles du quotidien à prix réduits.

Surproduction

Shein a ainsi pu mettre en vente l'an dernier un nombre impressionnant de modèles de vêtements (1,5 million), loin devant la marque espagnole Zara, pionnière du prêt-à-porter bon marché (40.000), selon une étude menée par Sheng Lu, un expert de la mode rattaché à l'Université du Delaware (Etats-Unis).

Une telle variété d'articles s'accompagne généralement de risques et de coûts de production considérables pour ces grands groupes.

Shein, qui n'est pas tenu de publier ses résultats car non coté en Bourse, a réalisé 23 milliards de dollars de chiffre d'affaires et 800 millions de bénéfice en 2022, selon le quotidien américain The Wall Street Journal.

"Shein s'en sort car il est très réactif et a peu d'invendus dans ses entrepôts", analyse Rui Ma, un expert du marché chinois qui publie la lettre d'information Tech Buzz China.

Pour éviter "les pièges de la surproduction", la marque lance d'abord chaque nouveau produit en petite quantité, "100 à 200 articles", précise Shein à l'AFP.

"Seuls les produits que nos clients veulent vraiment sont ensuite réapprovisionnés", ajoute la marque.

Le succès de Shein "dépend fortement de la rapidité de mise sur le marché", souligne Sheng Lu, l'expert de l'Université du Delaware.

Pour ce faire, Shein travaille avec plus de 5.000 fournisseurs. Les moins performants sont régulièrement écartés, affirment des médias locaux.

"Personnes ordinaires"

Pour repérer les nouvelles tendances, la marque scrute réseaux sociaux et données d'utilisateurs.

Les équipes de Shein "ne sont pas avec des carnets à dessin mais avec des ordinateurs et des données", résume Allison Malmsten.

Parfois, des modèles ressemblent à s'y méprendre à ceux de concurrents.

Uniqlo, le champion japonais du prêt-à-porter, accuse ainsi Shein d'avoir copié la forme d'un mini-sac et a porté plainte en janvier contre la marque au Japon.

Shein se défend de tout plagiat.

L'application peut en tout cas compter sur une armée de fans, très actifs sur les réseaux sociaux pour son image.

Contrairement aux marques de luxe qui font appel à des célébrités, Shein mise sur "des influenceurs" sous la forme de "personnes ordinaires", selon Mme Malmsten.

 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com