Le Conseil de sécurité rappelle Assad à l’ordre au sujet des armes chimiques

Ancien représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Bashar Jaafari. (AFP / Fichier)
Ancien représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Bashar Jaafari. (AFP / Fichier)
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Publié le Jeudi 07 janvier 2021

Le Conseil de sécurité rappelle Assad à l’ordre au sujet des armes chimiques

  • Sur les 19 questions posées par la résolution 2118 sur les armes chimiques en Syrie, trois restent en suspens alors que les enquêtes se poursuivent sur les allégations d'utilisation d'armes chimiques lors de «plusieurs incidents»
  • l'ambassadeur Richard Mills, représentant permanent adjoint des États-Unis auprès de l'ONU, a affirmé «soutenir tous les efforts qui consistent à rendre le régime d’Assad responsable»

NEW YORK: L’ancien représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Bachar al-Jaafari, s’est inspiré du patrimoine littéraire de son pays lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU mardi. 

Il s’est adressé au Conseil de sécurité au moment où ses membres discutaient de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre son propre peuple, se penchant sur son non-respect d’une résolution du Conseil de sécurité exigeant la destruction totale de cet arsenal. 

Al-Jaafari, qui a quitté son poste à l'ONU en novembre après sa nomination comme sous-ministre adjoint des Affaires étrangères, a estimé que la littérature syrienne «a atteint le monde entier». 

Il a ainsi parlé du recueil de contes Les Mille et Une Nuits, connu en anglais sous le nom d’Arabian Nights, et a en particulier fait référence à l’histoire Ali Baba et les 40 voleurs

Al-Jaafari a affirmé que «malgré l’heureux dénouement dans Ali Baba, les 40 voleurs couraient toujours les rues des capitales occidentales, pillant ressources et moyens de subsistance, et ternissaient notre réputation en remplaçant nos Mille et Une Nuits par mille et un mensonges. Mensonges sans frontières. Médecins sans frontières. Journalistes sans frontières. Tout est absolument sans frontières” ces jours-ci». 

Il s’est ensuite servi de la pièce de théâtre En attendant Godot, pour faire d'autres analogies, ses commentaires contrastant fortement avec la gravité de la question examinée par le Conseil de sécurité. 

Au cours de sa première session de la nouvelle année, le Conseil de sécurité a été informé par Izumi Nakamitsu, Haut-Représentant du sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires de désarmement, de l’application de la résolution 2118. Adoptée à l'unanimité en septembre 2013, elle a été rédigée à la suite d'une enquête de l'ONU confirmant l'utilisation d'armes chimiques contre des civils dans une banlieue de Damas un mois plus tôt. 

Les photos d’individus, dont des enfants, suffoquant après avoir inhalé des substances neurotoxiques ont provoqué l'indignation dans le monde entier. 

La résolution exigeait à l’époque du régime syrien qu’il détruise ses armes chimiques avant la mi-2014 avec, en cas de non-respect, des mesures punitives prévues. Elle a interdit à la Syrie d'utiliser, de développer, de produire, d'acquérir, de stocker ou de conserver des armes chimiques, de les transférer à d'autres États ou à des organisations non étatiques. 

En octobre 2013, la Syrie a soumis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) une déclaration officielle initiale sur son programme d'armes chimiques, ainsi qu’un plan pour les détruire. 

Nakamitsu a affirmé au Conseil de sécurité que, plus de sept ans plus tard, la déclaration «ne peut être considérée comme exacte et complète conformément à la Convention sur les armes chimiques (CAC). «Des lacunes, des incohérences et des divergences ont été identifiées, ce qui jette un doute sur l’ampleur réelle de l'élimination des armes chimiques pendant la guerre civile syrienne», a-t-elle ajouté. 

Bien que «certains progrès» aient été réalisés, elle a affirmé que seules trois questions liées à la déclaration initiale avaient pu obtenir une réponse, dix-neuf d’entre elles restant en suspens, alors que les enquêtes se poursuivent sur les allégations d'utilisation d'armes chimiques au cours de «plusieurs incidents». 

L'une de ces questions concerne une installation qui, selon les autorités syriennes, n'a jamais été utilisée pour la fabrication d'armes chimiques. Néanmoins, les informations et les preuves recueillies par l'OIAC depuis 2014 indiquent clairement que la production ou l’utilisation d'agents neurotoxiques y a bien eu lieu, a révélé Nakamitsu. L'OIAC a ordonné au gouvernement syrien de révéler les types et les quantités d'agents chimiques produits sur le site. Damas n'a pas encore fourni de réponse à cette question.  

Dmitry Polyanskiy, premier représentant adjoint permanent de la Russie auprès de l’ONU, a défendu le régime syrien. Il a critiqué particulièrement ce qu’il a décrit comme «des preuves peu convaincantes recueillies par l’OIAC auprès de témoins subjectifs de l’opposition, ou même des tristement célèbres Casques blancs».  

Polyanskiy a insisté sur les «incohérences» du rapport. Il a aussi accusé l'OIAC et les délégations occidentales de créer une frénésie «artificielle» autour de la question des armes chimiques en Syrie. Il l’a également accusée «d’adopter ouvertement une politique du deux poids deux mesures», pardonnant à certains pays leurs «erreurs mineures», mais demeurant impitoyable avec le régime syrien. 

Le représentant permanent de la Chine, Zhang Jun, a rejeté le rapport, disant qu’il ne contenait pas de «preuves convaincantes». Selon lui, il s’agit d’une «chaîne de preuves incomplète et sans fin», et il a exhorté la communauté internationale à examiner les affirmations de l'ambassadeur syrien selon lesquelles les «terroristes» sont responsables de l'utilisation d'armes chimiques.  Le mot «terroriste» est un terme générique utilisé par le régime syrien pour décrire toute forme d’opposition. 

L'ambassadeur Richard Mills, représentant permanent adjoint des États-Unis auprès de l'ONU, a accusé la Russie de faire campagne dans le but de discréditer le rapport de l'OIAC. «Ni ce Conseil ni le monde entier ne sont dupes», a-t-il ajouté. «Répéter une affirmation à voix haute ne la rend guère vraie. Ce qui est vrai, c'est que le régime d'Assad a utilisé des armes chimiques contre le peuple syrien. L'OIAC l'a démontré de manière hautement crédible, confirmant les conclusions de milliers de groupes syriens et internationaux. L’utilisation d’armes chimiques par Assad n’est pas contestable. Ce n’est pas une question d’opinion. Il s’agit tout simplement d’une réalité confirmée par l’OIAC». 

Mills a exhorté la Russie et «les autres défenseurs du régime d’Assad»  à «faire la lumière sur ses armes chimiques et ses stocks». La majorité des membres du Conseil de sécurité ont accepté les conclusions de l’OIAC comme hautement crédibles, les affirmations étant étayées par des preuves éclatantes. 

Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France au Conseil de sécurité, n’a pas pu cacher son incrédulité: «Comment expliquer que dix-neuf questions restent encore sans réponses, sept ans après l’adoption de la résolution 2118? Et surtout, comment expliquer que de nouvelles questions s’ajoutent sans cesse aux précédentes? Contrairement à ce que certains prétendent, il incombe au régime syrien de résoudre ces problèmes. Des gestes simples pourraient être faits: le premier est de faire la lumière sur les nouveaux sites de production d’armes chimiques non déclarés et qui ont été mis en évidence par l'OIAC». 

L’ambassadrice britannique Barbara Woodward a qualifié les questions non résolues liées à la déclaration de la Syrie de «graves et considérables». Elle a ajouté que cela incluait «l’emplacement de milliers de munitions et de centaines de tonnes de produits chimiques». Elle a souligné que «le non-respect continu par la Syrie de ses obligations envers la Convention sur les armes chimiques, et la menace qui en résulte pour la paix et la sécurité internationales» sont de plus en plus inquiétants. Depuis que le régime a «supposément» détruit tous ses stocks de produits chimiques en 2014, il a utilisé des armes chimiques à au moins six reprises. Ce ne sont pas des questions hypothétiques pour les milliers de civils syriens qui ont subi les effets horribles sur leurs corps du chlore et d’autres substances neurotoxiques».

Elle a par ailleurs promis que la Conférence des États parties (CEP) de l’OIAC envisagerait de prendre des mesures strictes en cas de non-respect par le régime syrien de la résolution 2118. Mills a pour sa part appelé la CEP à prendre les mesures appropriées lors de la reprise de ses réunions au printemps, «pour envoyer au régime d'Assad le message que l'utilisation d'armes chimiques et les violations directes des obligations de la CEP auront des conséquences». 

Les États-Unis ont soumis, conjointement avec et 45 pays, un projet de résolution au CEP, «en réponse aux violations effrontées et répétées de la Syrie de ses obligations envers les termes de la Convention sur les armes chimiques». 

«Nous soutenons tous les efforts qui consistent à rendre le régime d’Assad responsable», a déclaré Mills. «Même si cela aurait dû être fait il y a longtemps, ces mesures sont essentielles pour rendre justice aux victimes de ce régime. Elles ont besoin du soutien inconditionnel de la communauté internationale et elles le méritent», a-t-il conclu. 

 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com