L'Iran promet de riposter au raid israélien sur Damas

Le personnel d'urgence et de sécurité se rassemble sur le site des frappes qui ont touché un bâtiment adjacent à l'ambassade d'Iran à Damas, le 1er avril 2024. (AFP)
Le personnel d'urgence et de sécurité se rassemble sur le site des frappes qui ont touché un bâtiment adjacent à l'ambassade d'Iran à Damas, le 1er avril 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 02 avril 2024

L'Iran promet de riposter au raid israélien sur Damas

  • «Ce crime lâche ne restera pas sans réponse», a affirmé le président iranien Ebrahim Raïssi
  • La Chine a également condamné le raid, en estimant que «la sécurité des institutions diplomatiques» ne pouvait «être violée»

DAMAS: L'Iran a juré mardi de riposter au raid meurtrier contre son consulat à Damas imputé à Israël, une attaque inédite condamnée par plusieurs pays et qui accroît les tensions au Moyen-Orient en pleine guerre à Gaza.

Lundi, "six missiles tirés par des chasseurs F-35" ont détruit le bâtiment abritant le consulat et la résidence de l'ambassadeur iranien faisant 13 morts, six Syriens et sept Iraniens, selon la télévision d'Etat.

Le Corps des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique d'Iran, a déploré la mort de sept de ses membres, y compris deux généraux de la Force Qods, qui intervient hors des frontières, Mohammad Reza Zahedi et Mohammad Hadi Haji Rahimi.

L'Iran a accusé Israël, son ennemi juré, mais ce dernier n'a pas confirmé sa responsabilité.

"Le régime pervers sioniste sera puni par nos braves hommes. Nous lui ferons regretter ce crime et les autres", a juré le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei.

"Ce crime lâche ne restera pas sans réponse", a averti le président Ebrahim Raïssi.

Les dirigeants de la République islamique n'ont pas donné de précisions sur la nature de cette riposte, mais des "décisions nécessaires" ont été prises lors d'une réunion d'urgence du Conseil suprême de sécurité nationale iranien en présence de M. Raïssi.

Principal allié d'Israël et aussi ennemi de la République islamique d'Iran, les Etats-Unis ont indiqué à Téhéran qu'ils "n'étaient pas impliqués" dans le raid, selon un responsable américain cité par le site Axios.

A la demande de la Russie, qui a dénoncé "un acte d'agression", le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir à 19H00 GMT une session publique au sujet de ce raid.

L'Iran a appelé le Conseil à "condamner cette attaque terroriste perpétrée par le régime israélien dans les termes les plus fermes possibles".

«Message aux Américains»

La Chine a aussi condamné le raid comme une "violation" de "la sécurité des institutions diplomatiques", alors que l'Union européenne a appelé à "la retenue".

Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a annoncé avoir envoyé "un message important" aux Etats-Unis, qui, "en tant que partisans du régime sioniste", "doivent assumer leurs responsabilités".

Le message, dont la teneur n'a pas été divulguée, a été envoyé par l'intermédiaire du chargé d'affaires de l'ambassade de Suisse en Iran, qui représente les intérêts américains en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays, selon le ministre.

Les frappes de lundi sont les premières à viser un bâtiment diplomatique iranien en Syrie, pays en guerre civile depuis 2011 où l'Iran et ses alliés soutiennent le pouvoir du président Bachar al-Assad.

L'Irak a souligné mardi que cette action pouvait apporter "plus de chaos et d'instabilité" au Moyen-Orient, alors que grandissent les craintes de voir la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza dégénérer en un conflit régional.

Jusqu'à présent, l'Iran a multiplié les déclarations de soutien au Hamas et accusé Israël de mener un "génocide", tout en niant toute implication dans l'attaque du mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Mais ses alliés, comme le Hezbollah libanais et les rebelles yéménites houthis ont mené des attaques en appui aux Palestiniens.

Hommage vendredi

Israël a conduit des centaines de frappes en Syrie voisine contre des positions du pouvoir syrien, des groupes pro-iraniens, comme le Hezbollah, et des cibles militaires iraniennes depuis le début de la guerre dans ce pays en 2011.

De nombreux responsables militaires iraniens ont été visés dans le passé par des frappes en Syrie, comme le général Razi Moussavi, un important commandant de la Force Qods, tué en janvier dans un tir de missile au sud de Damas imputé à Israël.

Les frappes se sont intensifiées depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Le raid de lundi à Damas était le cinquième à viser la Syrie en huit jours.

A Damas, un journaliste de l'AFP a constaté que la section consulaire de l'ambassade d'Iran avait été entièrement détruite. Les vitres des immeubles jusqu'à 500 mètres alentour ont été brisées et un grand nombre de voitures endommagées.

Un hommage sera rendu à Téhéran aux sept morts iraniens vendredi, le jour de la Journée Al Qods, célébrée tous les ans depuis la révolution islamique d'Iran en 1979 pour soutenir la cause palestinienne et dénoncer Israël.


L'Iran poursuivra ses attaques «aussi longtemps que nécessaire»

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien lors de son offensive et n'en avait "pas encore fini". (AFP)
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  • Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël
  • Une explosion a été entendue mardi matin à Jérusalem, où les sirènes d'alerte ont retenti après une alerte aux missiles iraniens de l'armée israélienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé mardi qu'il était prêt à se battre "aussi longtemps que nécessaire" contre les Etats-Unis et Israël, contredisant le président américain Donald Trump qui avait assuré la veille que la guerre allait "se terminer bientôt".

"Nous sommes prêts à poursuivre les frappes de missiles contre eux aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire", a déclaré le ministre iranien à la chaîne américaine PBS News, ajoutant que des négociations avec Washington "ne sont plus à l'ordre du jour".

 

 

 

 


L’Arabie saoudite, la Jordanie et le Qatar condamnent l’attaque par drone contre le consulat des Émirats à Irbil

De la fumée et des flammes s’élèvent suite à une attaque par drone contre le consulat des Émirats arabes unis à Irbil, en Irak, dans cette capture obtenue via les réseaux sociaux le 9 mars 2026. (Réseaux sociaux via Reuters)
De la fumée et des flammes s’élèvent suite à une attaque par drone contre le consulat des Émirats arabes unis à Irbil, en Irak, dans cette capture obtenue via les réseaux sociaux le 9 mars 2026. (Réseaux sociaux via Reuters)
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  • Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis indique qu’aucune victime n’a été signalée à la suite de l’attaque

DUBAÏ : L’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie ont condamné une attaque par drone visant le consulat des Émirats arabes unis dans le Kurdistan irakien, à Irbil.

Les Émirats arabes unis avaient également publié précédemment une déclaration condamnant l’attaque.

Le service antiterroriste du Kurdistan irakien a déclaré tard lundi avoir abattu trois drones à Irbil, dont les débris de l’un sont tombés à proximité du consulat des Émirats arabes unis. Aucune victime n’a été signalée.

Dans un communiqué publié par son ministère des Affaires étrangères, l’Arabie saoudite a exprimé sa « plus vive condamnation » de cette attaque contre le consulat des Émirats arabes unis dans le Kurdistan irakien.

Dans un communiqué, le ministère jordanien des Affaires étrangères a souligné l’importance de « respecter le droit international et de se conformer aux Conventions de Genève de 1949 ainsi qu’à la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques ».

Le ministère a insisté sur le fait que ces cadres juridiques exigent la protection des missions diplomatiques et de leur personnel.

Le Qatar a également exprimé sa « vive condamnation et dénonciation » de l’attaque, la qualifiant de « violation manifeste de toutes les normes et conventions internationales ».

Un communiqué antérieur du ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a déclaré que l’attaque « constitue une escalade dangereuse et une menace pour la sécurité et la stabilité régionales », ajoutant que « cibler des missions diplomatiques et leurs locaux constitue une violation flagrante de toutes les normes et lois internationales ».

Le ministère a également appelé le gouvernement régional du Kurdistan à enquêter sur les circonstances de l’attaque, à identifier les responsables et à les tenir pour compte. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump promet que la guerre contre l'Iran "va se terminer bientôt"

Le président Donald Trump à son arrivée à la Maison-Blanche à Washington, D.C., le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président Donald Trump à son arrivée à la Maison-Blanche à Washington, D.C., le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président des États-Unis Donald Trump affirme que la guerre contre Iran pourrait « se terminer bientôt », malgré la poursuite d’attaques de missiles et de drones dans la région et des menaces liées au détroit d'Ormuz
  • Le conflit s’intensifie avec des frappes américaines et israéliennes, tandis que Mojtaba Khamenei est désigné guide suprême après la mort de Ali Khamenei, suscitant tensions régionales et fortes réactions des marchés pétroliers

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que la guerre contre l'Iran allait "se terminer bientôt", sans évoquer d'échéance précise, bien que Téhéran poursuive ses attaques de missiles et de drones à travers le Moyen-Orient.

Les déclarations du président américain ont fait redescendre les cours du pétrole, qui s'étaient envolés, et grimper les marchés boursiers, notamment en Asie. A Tokyo, l'indice Nikkei a ainsi ouvert mardi en hausse de 3 % et l'indice Kospi de plus de 5 % à Séoul, après avoir tous deux clôturé sur des chutes de plus de 5 %.

"La guerre va se terminer bientôt", a affirmé Donald Trump lors d'une conférence de presse à Miami, sa première en dix jours de guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique.

Il a également dit que le conflit était "bien en avance" sur le calendrier de quatre à cinq semaines qu'il avait évoqué auparavant.

"C'est nous qui déciderons de la fin de la guerre", ont répliqué mardi les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique.

Le président américain a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant l'acheminement de pétrole dans la région via le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Ce passage maritime stratégique restera impraticable tant que la guerre durera, a averti lundi le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani.

Les Etats-Unis ont frappé en dix jours plus de 5.000 cibles dont plus de cinquante navires iraniens, a annoncé lundi l'armée américaine.

- "Déçu" par le choix de Mojtaba Khamenei -

Le président américain a maintenu l'ambiguïté sur les buts réellement poursuivis par les Etats-Unis dans cette offensive menée conjointement avec Israël.

S'il souhaite ouvertement la chute de la République islamique, ou a minima l'émergence de dirigeants alignés sur les intérêts américains, Washington affiche comme objectif de détruire les capacités balistiques de l'Iran et l'empêcher de se doter de la bombe atomique, intention que Téhéran dément nourrir.

Interrogé sur le fait de savoir si le nouveau guide suprême iranien désigné dimanche, Mojtaba Khamenei, avait désormais "une cible dans le dos", Donald Trump a dit ne pas vouloir répondre mais s'est redit "déçu par ce choix".

"Nous pensons que cela ne fera que perpétuer les problèmes que connaît déjà ce pays", a-t-il expliqué.

Israël a déjà désigné Mojtaba Khamenei comme "une cible", le qualifiant de "tyran prêt à perpétuer la brutalité du régime iranien".

L'armée israélienne a annoncé lundi soir avoir lancé une vague de frappes "de grande ampleur" sur Téhéran.

En Iran, le pouvoir a mobilisé ses partisans pour célébrer la désignation de Mojtaba Khamenei comme successeur de son père, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février, au premier jour de la guerre, dans les frappes américano-israéliennes qui ont fait plus de 1.200 tués en dix jours, selon l'Iran.

L'AFP n'est pas en mesure de vérifier indépendamment les bilans fournis par les protagonistes.

"Dieu est grand", "Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont scandé des milliers d'Iraniennes et d'Iraniens, vêtus de noir, sur une place centrale de Téhéran, la capitale, rassemblés en soutien au nouveau dirigeant de 56 ans, proche des Gardiens de la Révolution.

"Nous le soutiendrons et obéirons à tous ses ordres jusqu'à notre dernier souffle", dit à l'AFP une manifestante, Somayeh Marzoughi, femme au foyer de 35 ans.

Le nouveau guide suprême n'est pas encore apparu publiquement.

Des infrastructures pétrolières iraniennes ont aussi été visées par des frappes israélo-américaines. Des dépôts de carburant à Téhéran ont été touchés, provoquant des incendies qui ont plongé dimanche la capitale dans une obscurité apocalyptique.

- Trépidations des cours de l'or noir -

De son côté, l'Iran poursuit ses attaques, à titre de représailles, visant le territoire israélien mais aussi ses voisins du Golfe, y compris leurs infrastructures pétrolières, ce qui a provoqué une hausse des prix du pétrole et la crainte d'un choc stagflationniste mondial.

Bahreïn a ainsi fait état de deux morts et de plusieurs blessés tôt mardi matin dans une attaque iranienne qui a touché un immeuble résidentiel à Manama, la capitale, selon un dernier bilan.

Un deuxième missile iranien a aussi été intercepté au-dessus de la Turquie, provoquant une mise en garde d'Ankara à Téhéran.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a proposé lundi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au cours d'un entretien téléphonique la création d'une "équipe conjointe" pour enquêter sur ces incidents, selon les médias iraniens.

L'embrasement du Moyen-Orient a entraîné une flambée des cours pétroliers qui, si la guerre se prolonge, pourrait plomber l'économie mondiale.

Lundi vers 16H30 GMT, les prix du pétrole avaient cependant ralenti, les ministres des Finances du G7 ayant évoqué une possible utilisation des réserves stratégiques d'or noir.

A la suite des déclarations de Donald Trump sur la fin proche de la guerre, le Brent, référence internationale pour le pétrole, est passé brièvement sous les 84 dollars le baril. Vers 20H10 GMT, il chutait de 8,68% par rapport à sa clôture quelques heures plus tôt, à 90,93 dollars.

Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI) reculait de 5,71%, à 89,36 dollars vers 22H30 GMT.

A des milliers de km à l'ouest de l'Iran, au Liban, le Hezbollah a prêté allégeance lundi au nouveau guide suprême.

Le président libanais, Joseph Aoun, a lui accusé ce mouvement chiite de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban en attaquant Israël.

"Nous n'avons pas d'autre choix que la résistance", a rétorqué le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohamed Raad.

Au moins 486 morts ont été dénombrés dans les frappes israéliennes au Liban, et plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées, selon les autorités.

A l'étranger, le président russe, Vladimir Poutine, allié de Téhéran, a assuré Mojtaba Khamenei de son "soutien indéfectible".

L'Irak, limitrophe de l'Iran, et le sultanat d'Oman, médiateur lors de récentes négociations américano-iraniennes, ont tous deux félicité Mojtaba Khamenei pour sa désignation comme guide suprême.