Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
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Publié le Mardi 02 avril 2024

Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

  • Le porte-parole de l'Unicef a déclaré que la prévention de la famine à Gaza dépendait d'un cessez-le-feu immédiat et d'un accès illimité à l'aide humanitaire
  • James Elder a qualifié l'Unrwa de «colonne vertébrale» de l'aide humanitaire à Gaza et il a affirmé qu'aucune autre agence ne pouvait la remplacer

DUBAÏ: Y a-t-il un espoir pour les enfants de Gaza avec le conflit actuel entre Israël et le Hamas, les restrictions d'accès à l'aide et la famine qui menace le nord de l'enclave?

Selon James Elder, porte-parole du Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef), qui a récemment parcouru la bande de Gaza, seul un cessez-le-feu immédiat peut redresser la situation humanitaire.

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza.

«L'Unicef a la capacité d'étendre son action, d'acheminer de l'aide dans une zone donnée», a indiqué M. Elder à Katie Jensen, animatrice de l'émission Frankly Speaking.

«Nous disposons au Danemark de la plus grande plate-forme d'approvisionnement humanitaire du monde. Nous effectuons des transports par avion, par bateau; nous faisons tout. Nous disposons également d’entrepôts dans la région. De nombreux entrepôts sont constamment prêts à acheminer l'aide.»

Cependant, tant qu'Israël ne lèvera pas ses restrictions sur la quantité d'aide autorisée à entrer dans l'enclave assiégée, permettant ainsi à l'Unicef et à d'autres agences humanitaires d'apporter une aide indispensable, beaucoup craignent que l'extrême insécurité alimentaire déjà endurée par les Palestiniens ne dégénère en une véritable famine.

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Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)

Dans ce long entretien, M. Elder a décrit le rôle irremplaçable joué dans la réponse humanitaire par l'Office de secours et de travaux des nations unies (Unrwa), à court d'argent. Il a en outre souligné les obligations non respectées d'Israël en vertu du droit international pour permettre l'entrée d'une aide suffisante à Gaza.

M. Elder a également évoqué «l'anéantissement» des villes de Gaza et les menaces qui pèsent sur les travailleurs de l'ONU ainsi que sur les bénéficiaires de l'aide dans le cadre des combats. Ces derniers ont fait du territoire palestinien «l'endroit potentiellement le plus dangereux de la planète».

Un rapport soutenu par les Nations unies et publié au mois de mars a averti que si les hostilités ne cessaient pas et que si l'aide n'était pas autorisée à entrer sans restriction dans la bande de Gaza, la famine pourrait survenir d'ici à la fin du mois de mai. Le rapport indique que 70% des 2,3 millions d'habitants de Gaza connaissent des niveaux catastrophiques de faim et d'insécurité alimentaire.

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a prévenu jeudi que «la famine est en train de s'installer» en raison des restrictions continues imposées par Israël à l'acheminement de l'aide.

Dans un arrêt unanime, la plus haute juridiction des Nations unies a ordonné à Israël de prendre «toutes les mesures nécessaires et efficaces» pour garantir que les denrées alimentaires de base parviennent sans délai au peuple palestinien.

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

S'il est possible de sauver la population de Gaza de la famine, il faudra plus de temps pour s'attaquer à des problèmes tels que les maladies, la dévastation du système de santé, des hôpitaux, des systèmes d'approvisionnement en eau et des égouts, a fait savoir M. Elder.

Depuis qu'Israël a lancé son opération à Gaza en représailles à l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre, l'enclave est devenue un cimetière pour au moins 13 000 enfants, selon les chiffres de l'ONU.

La malnutrition aiguë touche désormais 31% des enfants de moins de 2 ans dans les gouvernorats du nord, tandis qu'au moins 23 enfants sont déjà morts de faim et de déshydratation.

La création de ces conditions pourrait constituer un crime de guerre, a déclaré jeudi à la BBC Volker Türk, le responsable des droits de l'homme des Nations unies, ajoutant qu'il était «plausible» qu'Israël utilise la famine comme arme de guerre dans la bande de Gaza.

«Le droit humanitaire international est très clair sur les proportions et sur ce que les factions en guerre peuvent faire. Nous avons vu tant de violations dans cette guerre, et le sujet des enfants ne semble pas faire de différence à l'heure actuelle. Les enfants ne comprennent pas si le droit international est respecté ou non», a affirmé M. Volker.

«Pour l'instant, tout ce qu'ils font, c'est affronter la gravité d'une situation qu'aucun enfant ne devrait jamais, au grand jamais, avoir à subir.»

Au cours des premiers mois du conflit, l'essentiel de la distribution de l'aide et du travail de secours a été effectué par l'Unrwa, qui soutient les réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, en Syrie et au Liban depuis 1949.

En janvier, plus d'une douzaine de pays ont suspendu le financement de l'Unrwa après qu'Israël a affirmé que 12 membres du personnel de l'agence des Nations unies avaient participé à l'attaque du 7 octobre, tandis que 450 autres étaient des «agents militaires de groupes terroristes».

Bien qu'une enquête interne et une autre, indépendante, aient été lancées pour examiner ces allégations, la plus grande partie du financement de l'Unrwa n'a toujours pas été rétablie, ce qui met ses opérations à Gaza au bord de l'effondrement.

M. Elder a précisé que l'Unicef et d'autres agences d'aide n'étaient pas en mesure d'assumer les responsabilités de l'Unrwa en cas de faillite.

«L'Unrwa est l'épine dorsale de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza», a-t-il précisé. «Il compte des milliers et des milliers de travailleurs très courageux, d'enseignants, de médecins, de pharmaciens, d'infirmières, entre autres.»

«L'Unicef s'est spécialisé dans la protection de l'enfance, la nutrition, etc., mais la population de Gaza a besoin de l'Unrwa pour disposer d'une main-d'œuvre complète dans toute la bande de Gaza.»

«Cinquante pour cent de l'aide alimentaire apportée aux civils dans le nord était fournie par l'Unrwa. Cette aide est désormais bloquée. C'est une catastrophe accélérée», a-t-il ajouté.

La bande de Gaza est devenue un endroit extrêmement dangereux pour les organisations humanitaires.

«Des gens ont été tués en recevant de l'aide, des travailleurs humanitaires aussi. Plus de travailleurs humanitaires, plus de mes collègues des Nations unies ont été tués dans cette guerre qu'à n'importe quel moment depuis les débuts de l’organisation. Telle est la réalité à laquelle les gens sont confrontés», a déploré M. Elder.

«Les Nations unies travaillent dans des endroits très dangereux. L'Afghanistan, le Soudan, l'Ukraine, ici, à Gaza. Mais nous devons être très clairs. Le droit international humanitaire est sans équivoque. Israël a l'obligation légale de faciliter l'acheminement de l'aide, non seulement en la faisant entrer, mais aussi en veillant à ce qu'elle soit distribuée en toute sécurité à ceux qui en ont le plus besoin.»

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

Au cours de son voyage le long de la bande de Gaza, M. Elder a été consterné par l'ampleur de la catastrophe humanitaire. Alors qu'il traversait le poste-frontière de Rafah en venant d'Égypte, il a vu «des centaines de camions bloqués avec de l'aide vitale du mauvais côté de la frontière».

«Nous sommes loin de recevoir suffisamment d'aide», a-t-il ajouté.

Plus tard, lors de sa visite dans le nord de Gaza, il a vu «des gens qui s'accrochent à la vie, des enfants et des familles qui ont un besoin urgent de nourriture». Et pourtant, «il y a des points de passage qui pourraient être ouverts, d'anciens points de passage où l'aide serait acheminée en dix ou quinze minutes».

L'accès routier à Gaza étant limité par les forces israéliennes, les organisations humanitaires ont examiné les possibilités de créer un corridor maritime. À la mi-mars, l'Open Arms a quitté Chypre avec à son bord 200 tonnes de farine, de protéines et de riz à destination de Gaza.

«Toute aide est utile, mais le navire transportait l'équivalent d'environ 12 camions», a indiqué M. Elder. «De l'autre côté de la frontière, il y a 50 fois 12 camions.»

Les États-Unis, la Jordanie et l'Égypte cherchent également à contourner le problème de l'accès à l'aide en procédant à des parachutages d'aide dans la bande de Gaza.

Toutefois, les parachutages sont généralement utilisés «lorsque les populations sont massivement coupées de l'aide humanitaire – lors d'une inondation ou d'une catastrophe naturelle», a expliqué M. Elder. «Ici, ils ne sont pas isolés. Il y a un réseau routier. La route est le moyen le plus efficace. C'est grâce aux routes qu'un cessez-le-feu permettra d'éviter cette catastrophe humanitaire.»

Le 25 mars, le Conseil de sécurité des nations unies a adopté une résolution qui exige un cessez-le-feu immédiat à Gaza pour le mois sacré du ramadan, qui se termine dans moins de quinze jours.

M. Elder a déclaré que la résolution devait être «substantielle, et non symbolique», car un cessez-le-feu «permet aux Nations unies d'inonder la bande de Gaza d'aide humanitaire et nous pouvons renverser cette famine imminente».

Un cessez-le-feu, a ajouté M. Elder, permettrait également à Israël de rapatrier ses citoyens retenus en otage à Gaza depuis le 7 octobre. «Il y a des enfants ici, quelque part dans les souterrains ou ailleurs, qui endurent des supplices épouvantables», a-t-il déclaré. «Mettez fin aux tourments, ramenez les otages chez eux.»

Il a ajouté: «Un cessez-le-feu signifie que les familles – une mère et un enfant – peuvent aller se coucher avec la certitude absolue qu'ils se réveilleront. Ils n'ont pas eu cette certitude depuis de nombreux mois.»

En novembre et décembre de l'année dernière, M. Elder a fait savoir qu’il avait visité l'hôpital Al-Nasr, à Khan Younès, où les «incroyables» travailleurs de la santé «faisaient des gardes de vingt-quatre à trente-six heures dans une zone de guerre».

«Ils faisaient ce travail qu’ils aimaient et pour lequel ils étaient nés, comme certains l'avaient dit, mais ils étaient terrifiés parce que leurs familles étaient à l'extérieur.»

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Des Palestiniens inspectent le site d'une frappe israélienne sur une maison à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

De retour à Khan Younès ces derniers jours, M. Elder a affirmé: «J'ai traversé la ville et elle est tout simplement anéantie. Dans chaque rue, il y a des décombres partout. Je n'avais jamais vu un tel niveau de dévastation, ce qui m'a fait penser à Rafah et à la raison pour laquelle nous ne pouvons pas voir cela se produire ici.»

Aujourd'hui, c'est comme si Khan Younès et Gaza City n'existaient plus. «Il n'y a que des décombres et de l'acier à perte de vue ainsi que des gens qui ont l'air stupéfaits, car les maisons ont été détruites les unes après les autres», a-t-il déploré.

Rafah, quant à elle, «est une ville de tentes. C'est une ville d'enfants. C'est ici que les familles étaient censées se rendre pour rester en sécurité. Il y a du désespoir ici, mais il y a aussi de la solidarité. Les gens font ce qu'ils peuvent pour les autres».

M. Elder a ajouté: «Je me suis rendu dans toute la bande de Gaza. Dans le nord, il y a un niveau de souffrance que les mots ne suffisent pas à décrire; on en arrive au stade où on voit des enfants mourir de malnutrition, de déshydratation.»

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Une personne endeuillée porte le corps d'un enfant palestinien tué lors d'une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

«Vous voyez des parents en larmes devant le berceau d'un enfant, un enfant maigre comme du papier. C'est une mère qui a fait tout ce qu'elle pouvait pour protéger son enfant de ces bombardements incessants. Désormais, elle essaie de protéger son enfant de la famine.»

«Ces mères et ces pères apprennent que les vraies décisions relatives à la sécurité de leurs enfants sont prises par d'autres personnes. Il y a donc un niveau de stress et d'anxiété dans l’ensemble de la bande de Gaza».

M. Elder a fait savoir que la situation à Gaza témoignait «du traumatisme mental de plus d'un million d'enfants».

«Comme me l'a dit un psychologue pour enfants, nous sommes en territoire inconnu en ce qui concerne la santé mentale des filles et des garçons de Gaza.»

Ce texte est la traduction d’un papier paru sur Arabnews.com


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


L'Iran dit avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats

L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
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  • "Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït"
  • Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source

TEHERAN: L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire.

"Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", indique un communiqué militaire relayé par la télévision d'Etat.

Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source.