Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)
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Publié le Mardi 02 avril 2024

Frankly Speaking: quel espoir pour les enfants de Gaza?

  • Le porte-parole de l'Unicef a déclaré que la prévention de la famine à Gaza dépendait d'un cessez-le-feu immédiat et d'un accès illimité à l'aide humanitaire
  • James Elder a qualifié l'Unrwa de «colonne vertébrale» de l'aide humanitaire à Gaza et il a affirmé qu'aucune autre agence ne pouvait la remplacer

DUBAÏ: Y a-t-il un espoir pour les enfants de Gaza avec le conflit actuel entre Israël et le Hamas, les restrictions d'accès à l'aide et la famine qui menace le nord de l'enclave?

Selon James Elder, porte-parole du Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef), qui a récemment parcouru la bande de Gaza, seul un cessez-le-feu immédiat peut redresser la situation humanitaire.

Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza.

«L'Unicef a la capacité d'étendre son action, d'acheminer de l'aide dans une zone donnée», a indiqué M. Elder à Katie Jensen, animatrice de l'émission Frankly Speaking.

«Nous disposons au Danemark de la plus grande plate-forme d'approvisionnement humanitaire du monde. Nous effectuons des transports par avion, par bateau; nous faisons tout. Nous disposons également d’entrepôts dans la région. De nombreux entrepôts sont constamment prêts à acheminer l'aide.»

Cependant, tant qu'Israël ne lèvera pas ses restrictions sur la quantité d'aide autorisée à entrer dans l'enclave assiégée, permettant ainsi à l'Unicef et à d'autres agences humanitaires d'apporter une aide indispensable, beaucoup craignent que l'extrême insécurité alimentaire déjà endurée par les Palestiniens ne dégénère en une véritable famine.

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Lors de son passage – par liaison vidéo de Rafah, à la frontière entre Gaza et l'Égypte – à Frankly Speaking, l'émission d'actualité d’Arab News, M. Elder a déclaré que l'ouverture de plusieurs points d'entrée et l'acheminement d'une aide suffisante permettraient de sauver les plus vulnérables. Un enfant de moins de 2 ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord de la bande de Gaza. (Photo, AN)

Dans ce long entretien, M. Elder a décrit le rôle irremplaçable joué dans la réponse humanitaire par l'Office de secours et de travaux des nations unies (Unrwa), à court d'argent. Il a en outre souligné les obligations non respectées d'Israël en vertu du droit international pour permettre l'entrée d'une aide suffisante à Gaza.

M. Elder a également évoqué «l'anéantissement» des villes de Gaza et les menaces qui pèsent sur les travailleurs de l'ONU ainsi que sur les bénéficiaires de l'aide dans le cadre des combats. Ces derniers ont fait du territoire palestinien «l'endroit potentiellement le plus dangereux de la planète».

Un rapport soutenu par les Nations unies et publié au mois de mars a averti que si les hostilités ne cessaient pas et que si l'aide n'était pas autorisée à entrer sans restriction dans la bande de Gaza, la famine pourrait survenir d'ici à la fin du mois de mai. Le rapport indique que 70% des 2,3 millions d'habitants de Gaza connaissent des niveaux catastrophiques de faim et d'insécurité alimentaire.

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a prévenu jeudi que «la famine est en train de s'installer» en raison des restrictions continues imposées par Israël à l'acheminement de l'aide.

Dans un arrêt unanime, la plus haute juridiction des Nations unies a ordonné à Israël de prendre «toutes les mesures nécessaires et efficaces» pour garantir que les denrées alimentaires de base parviennent sans délai au peuple palestinien.

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

S'il est possible de sauver la population de Gaza de la famine, il faudra plus de temps pour s'attaquer à des problèmes tels que les maladies, la dévastation du système de santé, des hôpitaux, des systèmes d'approvisionnement en eau et des égouts, a fait savoir M. Elder.

Depuis qu'Israël a lancé son opération à Gaza en représailles à l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre, l'enclave est devenue un cimetière pour au moins 13 000 enfants, selon les chiffres de l'ONU.

La malnutrition aiguë touche désormais 31% des enfants de moins de 2 ans dans les gouvernorats du nord, tandis qu'au moins 23 enfants sont déjà morts de faim et de déshydratation.

La création de ces conditions pourrait constituer un crime de guerre, a déclaré jeudi à la BBC Volker Türk, le responsable des droits de l'homme des Nations unies, ajoutant qu'il était «plausible» qu'Israël utilise la famine comme arme de guerre dans la bande de Gaza.

«Le droit humanitaire international est très clair sur les proportions et sur ce que les factions en guerre peuvent faire. Nous avons vu tant de violations dans cette guerre, et le sujet des enfants ne semble pas faire de différence à l'heure actuelle. Les enfants ne comprennent pas si le droit international est respecté ou non», a affirmé M. Volker.

«Pour l'instant, tout ce qu'ils font, c'est affronter la gravité d'une situation qu'aucun enfant ne devrait jamais, au grand jamais, avoir à subir.»

Au cours des premiers mois du conflit, l'essentiel de la distribution de l'aide et du travail de secours a été effectué par l'Unrwa, qui soutient les réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, en Syrie et au Liban depuis 1949.

En janvier, plus d'une douzaine de pays ont suspendu le financement de l'Unrwa après qu'Israël a affirmé que 12 membres du personnel de l'agence des Nations unies avaient participé à l'attaque du 7 octobre, tandis que 450 autres étaient des «agents militaires de groupes terroristes».

Bien qu'une enquête interne et une autre, indépendante, aient été lancées pour examiner ces allégations, la plus grande partie du financement de l'Unrwa n'a toujours pas été rétablie, ce qui met ses opérations à Gaza au bord de l'effondrement.

M. Elder a précisé que l'Unicef et d'autres agences d'aide n'étaient pas en mesure d'assumer les responsabilités de l'Unrwa en cas de faillite.

«L'Unrwa est l'épine dorsale de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza», a-t-il précisé. «Il compte des milliers et des milliers de travailleurs très courageux, d'enseignants, de médecins, de pharmaciens, d'infirmières, entre autres.»

«L'Unicef s'est spécialisé dans la protection de l'enfance, la nutrition, etc., mais la population de Gaza a besoin de l'Unrwa pour disposer d'une main-d'œuvre complète dans toute la bande de Gaza.»

«Cinquante pour cent de l'aide alimentaire apportée aux civils dans le nord était fournie par l'Unrwa. Cette aide est désormais bloquée. C'est une catastrophe accélérée», a-t-il ajouté.

La bande de Gaza est devenue un endroit extrêmement dangereux pour les organisations humanitaires.

«Des gens ont été tués en recevant de l'aide, des travailleurs humanitaires aussi. Plus de travailleurs humanitaires, plus de mes collègues des Nations unies ont été tués dans cette guerre qu'à n'importe quel moment depuis les débuts de l’organisation. Telle est la réalité à laquelle les gens sont confrontés», a déploré M. Elder.

«Les Nations unies travaillent dans des endroits très dangereux. L'Afghanistan, le Soudan, l'Ukraine, ici, à Gaza. Mais nous devons être très clairs. Le droit international humanitaire est sans équivoque. Israël a l'obligation légale de faciliter l'acheminement de l'aide, non seulement en la faisant entrer, mais aussi en veillant à ce qu'elle soit distribuée en toute sécurité à ceux qui en ont le plus besoin.»

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Des travailleurs de l'ONU préparent une aide alimentaire humanitaire dans un entrepôt/centre de distribution de l'UNRWA à Rafah pour la distribution aux réfugiés palestiniens, dans un contexte de combats incessants entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. L’entrepôt a été partiellement touché par une frappe israélienne le 13 mars 2024. (AFP)

Au cours de son voyage le long de la bande de Gaza, M. Elder a été consterné par l'ampleur de la catastrophe humanitaire. Alors qu'il traversait le poste-frontière de Rafah en venant d'Égypte, il a vu «des centaines de camions bloqués avec de l'aide vitale du mauvais côté de la frontière».

«Nous sommes loin de recevoir suffisamment d'aide», a-t-il ajouté.

Plus tard, lors de sa visite dans le nord de Gaza, il a vu «des gens qui s'accrochent à la vie, des enfants et des familles qui ont un besoin urgent de nourriture». Et pourtant, «il y a des points de passage qui pourraient être ouverts, d'anciens points de passage où l'aide serait acheminée en dix ou quinze minutes».

L'accès routier à Gaza étant limité par les forces israéliennes, les organisations humanitaires ont examiné les possibilités de créer un corridor maritime. À la mi-mars, l'Open Arms a quitté Chypre avec à son bord 200 tonnes de farine, de protéines et de riz à destination de Gaza.

«Toute aide est utile, mais le navire transportait l'équivalent d'environ 12 camions», a indiqué M. Elder. «De l'autre côté de la frontière, il y a 50 fois 12 camions.»

Les États-Unis, la Jordanie et l'Égypte cherchent également à contourner le problème de l'accès à l'aide en procédant à des parachutages d'aide dans la bande de Gaza.

Toutefois, les parachutages sont généralement utilisés «lorsque les populations sont massivement coupées de l'aide humanitaire – lors d'une inondation ou d'une catastrophe naturelle», a expliqué M. Elder. «Ici, ils ne sont pas isolés. Il y a un réseau routier. La route est le moyen le plus efficace. C'est grâce aux routes qu'un cessez-le-feu permettra d'éviter cette catastrophe humanitaire.»

Le 25 mars, le Conseil de sécurité des nations unies a adopté une résolution qui exige un cessez-le-feu immédiat à Gaza pour le mois sacré du ramadan, qui se termine dans moins de quinze jours.

M. Elder a déclaré que la résolution devait être «substantielle, et non symbolique», car un cessez-le-feu «permet aux Nations unies d'inonder la bande de Gaza d'aide humanitaire et nous pouvons renverser cette famine imminente».

Un cessez-le-feu, a ajouté M. Elder, permettrait également à Israël de rapatrier ses citoyens retenus en otage à Gaza depuis le 7 octobre. «Il y a des enfants ici, quelque part dans les souterrains ou ailleurs, qui endurent des supplices épouvantables», a-t-il déclaré. «Mettez fin aux tourments, ramenez les otages chez eux.»

Il a ajouté: «Un cessez-le-feu signifie que les familles – une mère et un enfant – peuvent aller se coucher avec la certitude absolue qu'ils se réveilleront. Ils n'ont pas eu cette certitude depuis de nombreux mois.»

En novembre et décembre de l'année dernière, M. Elder a fait savoir qu’il avait visité l'hôpital Al-Nasr, à Khan Younès, où les «incroyables» travailleurs de la santé «faisaient des gardes de vingt-quatre à trente-six heures dans une zone de guerre».

«Ils faisaient ce travail qu’ils aimaient et pour lequel ils étaient nés, comme certains l'avaient dit, mais ils étaient terrifiés parce que leurs familles étaient à l'extérieur.»

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Des Palestiniens inspectent le site d'une frappe israélienne sur une maison à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

De retour à Khan Younès ces derniers jours, M. Elder a affirmé: «J'ai traversé la ville et elle est tout simplement anéantie. Dans chaque rue, il y a des décombres partout. Je n'avais jamais vu un tel niveau de dévastation, ce qui m'a fait penser à Rafah et à la raison pour laquelle nous ne pouvons pas voir cela se produire ici.»

Aujourd'hui, c'est comme si Khan Younès et Gaza City n'existaient plus. «Il n'y a que des décombres et de l'acier à perte de vue ainsi que des gens qui ont l'air stupéfaits, car les maisons ont été détruites les unes après les autres», a-t-il déploré.

Rafah, quant à elle, «est une ville de tentes. C'est une ville d'enfants. C'est ici que les familles étaient censées se rendre pour rester en sécurité. Il y a du désespoir ici, mais il y a aussi de la solidarité. Les gens font ce qu'ils peuvent pour les autres».

M. Elder a ajouté: «Je me suis rendu dans toute la bande de Gaza. Dans le nord, il y a un niveau de souffrance que les mots ne suffisent pas à décrire; on en arrive au stade où on voit des enfants mourir de malnutrition, de déshydratation.»

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Une personne endeuillée porte le corps d'un enfant palestinien tué lors d'une frappe israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mars 2024. (Reuters)

«Vous voyez des parents en larmes devant le berceau d'un enfant, un enfant maigre comme du papier. C'est une mère qui a fait tout ce qu'elle pouvait pour protéger son enfant de ces bombardements incessants. Désormais, elle essaie de protéger son enfant de la famine.»

«Ces mères et ces pères apprennent que les vraies décisions relatives à la sécurité de leurs enfants sont prises par d'autres personnes. Il y a donc un niveau de stress et d'anxiété dans l’ensemble de la bande de Gaza».

M. Elder a fait savoir que la situation à Gaza témoignait «du traumatisme mental de plus d'un million d'enfants».

«Comme me l'a dit un psychologue pour enfants, nous sommes en territoire inconnu en ce qui concerne la santé mentale des filles et des garçons de Gaza.»

Ce texte est la traduction d’un papier paru sur Arabnews.com


Des colons Israéliens pénètrent en Syrie avant d'être arrêtés

Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
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  • L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats"
  • "Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme"

JERUSALEM: Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident".

Selon la télévision publique israélienne Kan, il s'agit de militants appartenant au groupuscule "Les pionniers de Bashan" qui prône l'établissement de colonies israéliennes dans le sud de la Syrie.

Ils s'étaient d'abord rassemblés près de la frontière, avant de pénétrer sur le territoire syrien sur quelques centaines de mètres, selon l'armée, qui indique les avoir remis à la police.

L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats".

La chaîne Kan a posté sur X des images montrant ces militants se retrancher sur un toit près du village syrien d'Hader.

"Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme. Nous sommes ici jusqu'à ce qu'ils laissent nos familles entrer pour y vivre".

Selon Kan, ce n'est pas la première fois que ce groupuscule s'infiltre côté syrien. Les dernières fois, il n'y avait pas eu de condamnation officielle, a-t-elle indiqué.

Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon contrôlée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.

Israël avait pris la majeure partie de ce plateau à la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle.

La colonisation israélienne, aujourd'hui présente en Cisjordanie, est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens en ce qu'elle empêche la création d'un Etat palestinien viable.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, au milieu de trois millions de Palestiniens.


Pourparlers avec Israël: Le Liban demande une prolongation de la trêve et l'arrêt de la destruction des villages du sud

Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Un responsable libanais a déclaré que le président Aoun a chargé une délégation de discuter des mesures à prendre pour assurer le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations
  • M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants régionaux dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers

BEYROUTH : Le Liban demandera une prolongation d'un mois du cessez-le-feu actuel avec Israël lors d'une deuxième série de discussions directes à Washington jeudi, ont indiqué des sources libanaises à Arab News.

Un responsable libanais a déclaré que le président Joseph Aoun avait également chargé la délégation de discuter des mesures à prendre pour garantir le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations, en particulier ce que Beyrouth décrit comme la destruction continue par Israël de villages dans le sud du Liban.

L'ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Moawad, et son homologue israélien, Yechiel Leiter, se rencontreront pour la deuxième fois en deux semaines au siège du département d'État américain à Washington.

Les discussions devraient porter sur les préparatifs d'un cycle de négociations plus large, notamment sur la formation des délégations libanaise et israélienne, alors que le fragile cessez-le-feu de dix jours conclu sous l'égide des États-Unis expire dimanche.

Selon la source, l'ancien ambassadeur libanais Simon Karam devrait diriger l'équipe de négociation libanaise. M. Karam a déjà participé à des pourparlers indirects avec Israël à Ras Naqoura, en tant que membre du comité chargé de superviser l'application du cessez-le-feu.

L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, devrait également assister à la réunion.

M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants de la région dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers.

Le président libanais a tenu un appel téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au cours duquel il l'a remercié pour le soutien continu du Royaume au Liban, en particulier dans les circonstances difficiles actuelles.

Dans un appel séparé, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, a exprimé son soutien aux efforts de M. Aoun pour mettre fin aux hostilités, notamment par des négociations directes, en obtenant un retrait israélien du Sud-Liban et en déployant l'armée libanaise le long de la frontière pour renforcer l'autorité de l'État.

Mercredi, M. Aoun a déclaré qu'il était en étroite coordination avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le premier ministre, Nawaf Salam, au sujet des négociations, soulignant que des pourparlers menés conformément aux intérêts et aux principes du Liban restaient la seule voie pour mettre fin à la guerre, assurer le retrait israélien, faciliter le retour des personnes déplacées et des détenus, et permettre la reconstruction, selon des sources officielles.

M. Aoun avait précédemment affirmé dans une déclaration officielle que les "négociations directes" étaient son option préférée.

"Ces négociations ne sont pas une faiblesse. Elles ne sont pas un recul. Elles ne sont pas une concession", a déclaré le président dans une allocution télévisée.

"Elles sont une décision qui découle de la force de notre croyance en nos droits et en la protection de notre peuple, ainsi que de notre responsabilité de protéger notre pays par tous les moyens possibles.

Le Hezbollah a décrit les pourparlers comme faisant partie d'une série de "concessions perdantes" que le gouvernement libanais fait à Israël.

M. Salam, qui s'est exprimé depuis Paris mardi soir après avoir rencontré le président français Emmanuel Macron, a confirmé que le Liban continuerait à poursuivre la diplomatie par le biais de discussions directes avec Israël.

"Les négociations seront ardues et nous aurons besoin du soutien actif de nos alliés. Il ne peut y avoir d'État ou de souveraineté avec plus d'une armée."

Il a ajouté : "Nous ne cherchons pas la confrontation avec le Hezbollah, mais nous ne lui permettrons pas de nous intimider."

Lors d'une conférence de presse commune, le président français a souligné la nécessité de prolonger la trêve entre le Liban et Israël pour permettre l'ouverture de négociations.

Il a également insisté sur la nécessité du retrait d'Israël du Sud-Liban, ainsi que sur le désarmement du Hezbollah dans un cadre dirigé par le Liban.

Une source officielle libanaise a déclaré à Arab News qu'il y avait un consensus parmi les responsables libanais pour entamer des négociations sur la base d'un plan clair, notant que si le Hezbollah s'oppose aux pourparlers directs, cela reste "leur prérogative".

La source officielle a déclaré que le désarmement du Hezbollah "est la responsabilité du Liban", tout en citant les "violations" israéliennes continues depuis le cessez-le-feu du 16 avril, y compris la destruction à grande échelle des villages du sud "au point d'effacer leurs caractéristiques".

"Il s'agit d'une violation inacceptable à tous points de vue", a déclaré le responsable à Arab News.

Selon les conditions du cessez-le-feu, Israël affirme avoir le droit de "se défendre, à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

L'armée israélienne a déclaré que la zone tampon établie dans le sud, à une profondeur de 5 à 10 km en territoire libanais, où 39 villages et villes ont été rasés, vise à éliminer les menaces du Hezbollah.

La source officielle libanaise a déclaré que la prochaine réunion de Washington reflétait un effort pour séparer les négociations avec le Liban de la voie plus large des États-Unis et de l'Iran.

Il a décrit cette démarche comme un "découplage" des deux dossiers, tout en notant que toute évolution positive des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, s'ils reprennent, pourrait encore avoir un impact bénéfique sur le Liban.

"Le Liban n'est pas à la table des négociations", a déclaré la source, ajoutant que si le Hezbollah préfère que l'Iran négocie en son nom, "l'État libanais est présent et c'est lui qui négocie".

Par ailleurs, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la décision du cabinet de restreindre les armes aux institutions de l'État, M. Aoun a demandé, lors d'une réunion avec de hauts responsables de la sécurité, des mesures d'application plus strictes à Beyrouth et dans d'autres régions.

Il a demandé une augmentation du déploiement des forces militaires et de sécurité et une meilleure coordination entre les agences.

M. Aoun a également appelé à l'intensification des raids contre les dépôts d'armes présumés et a souligné la nécessité d'empêcher toute manifestation armée, mettant en garde contre toute tentative de porter atteinte à la sécurité.

Il a déclaré que la préservation de la paix civile à ce stade était "une ligne rouge", soulignant qu'aucune partie ne devait entraver la mise en œuvre des mesures de sécurité.


Macron annonce la mort d'un 2e militaire français de la Finul des suites de ses blessures

Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. (AFP)
Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. (AFP)
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  • "Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures"
  • La Nation salue "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".

PARIS: Un deuxième militaire français de la Finul, la mission de l'ONU au Liban, est mort mercredi "des suites de ses blessures" infligées au Liban "par des combattants du Hezbollah" dans "la même embuscade" qui a tué samedi l'adjudant Florian Montorio, a annoncé Emmanuel Macron.

"Le caporal-chef Anicet Girardin du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures", a déclaré le président sur le réseau X, ajoutant que la Nation saluait "avec émotion" sa mémoire "et son sacrifice".