Des organismes de surveillance exhortent les autorités soudanaises à lever la suspension d’Al-Arabiya, d’Al-Hadath et de Sky News Arabia

Tout au long du conflit, de nombreux journalistes du pays ont perdu la vie et ont été victimes de fusillades, de harcèlement et de détentions alors qu'ils couvraient les hostilités, comme le souligne le rapport de la commission. (Getty)
Tout au long du conflit, de nombreux journalistes du pays ont perdu la vie et ont été victimes de fusillades, de harcèlement et de détentions alors qu'ils couvraient les hostilités, comme le souligne le rapport de la commission. (Getty)
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Publié le Jeudi 04 avril 2024

Des organismes de surveillance exhortent les autorités soudanaises à lever la suspension d’Al-Arabiya, d’Al-Hadath et de Sky News Arabia

  • Le ministère de la Culture et de l’Information a suspendu les trois chaînes en raison d’un «manque de professionnalisme et de transparence»
  • Le Comité pour la protection des journalistes a qualifié cette suspension de «violation de la liberté de la presse»

LONDRES: Les organismes de surveillance des médias ont demandé aux autorités soudanaises de lever la suspension imposée à trois réseaux du Golfe en début de semaine. 

Mardi, l’agence de presse nationale du Soudan (Suna) a annoncé que le ministère de la Culture et de l’Information avait suspendu dans le pays les opérations des chaînes publiques saoudiennes Al-Arabiya et Al-Hadath, ainsi que de la chaîne émiratie Sky News Arabia. 

Cette décision a été attribuée à un «manque d’engagement envers le professionnalisme et la transparence requis» ainsi qu’au «non-renouvellement des licences», comme l’a rapporté Suna. 

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), organisme de surveillance des médias basé aux États-Unis, a condamné cette décision dans un communiqué publié mercredi. Il a exhorté les autorités à autoriser les chaînes à reprendre leurs opérations. 

«La décision du ministère soudanais des Médias et de la Culture d’interdire les chaînes d’information Sky News Arabia, Al-Arabiya et Al-Hadath est inacceptable en temps de guerre, lorsque la couverture médiatique est cruciale», a déclaré Carlos Martinez de la Serna, directeur de programme du CPJ à New York. 

«Les autorités soudanaises doivent immédiatement revenir sur leur décision d’interdire les trois chaînes d’information et leur permettre de continuer à travailler au Soudan.»  

Le Syndicat des journalistes soudanais a également critiqué la décision du ministère de l’Information. Il l’a qualifiée de «violation de la liberté de la presse». 

«La fermeture des chaînes satellitaires et les restrictions imposées à ceux qui travaillent dans la profession réduiraient au silence la voix des médias professionnels et favoriseraient la propagation de rumeurs et de discours haineux», a indiqué le groupe mardi dans un communiqué. 

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit interne entre l’armée nationale, largement soutenue par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohammed Hamdane Dagalo, ex-chef de guerre également connu sous le nom de «Hemedti». 

Ce conflit résulte d’un désaccord au sujet d’un plan de transition politique, approuvé par la communauté internationale, vers un régime civil et des élections libres. 

L’ONU décrit ce conflit comme «l’un des pires cauchemars humanitaires de l’histoire récente», contribuant à la crise de déplacement la plus grave au monde, avec plus de 8 millions de Soudanais déplacés à l’intérieur de leur propre pays et au-delà des frontières du Soudan. 

Selon un rapport du CPJ, les FSR contrôlent le siège de la chaîne de télévision publique depuis le 15 avril, date à laquelle les forces paramilitaires ont commencé à combattre l’armée soudanaise. 

Tout au long du conflit, de nombreux journalistes du pays ont perdu la vie et ont été victimes de fusillades, de harcèlement et de détention alors qu’ils couvraient les hostilités, comme le souligne le rapport de la commission. 

En 2023, Reporters sans frontières a classé le Soudan 148e sur 180 pays en matière de liberté de la presse. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".

 


L'armée israélienne dit avoir porté un «coup dur» aux capacités de commandement iraniennes

Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran. (AFP)
Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran. (AFP)
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  • Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran
  • Certains postes appartenaient aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, aux Renseignements, ou encore à la Sécurité intérieure, a-t-il indiqué

JERUSALEM: L'armée israélienne a affirmé dimanche soir avoir porté un "coup dur" aux capacités de commandement militaire et sécuritaire de l'Iran au cours des "dernières heures".

Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran.

Certains postes appartenaient aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, aux Renseignements, ou encore à la Sécurité intérieure, a-t-il indiqué.

"La vague de frappes achevée porte un coup dur aux capacités de commandement et de contrôle du régime terroriste", a-t-il estimé dans un communiqué.

L'armée a "détruit" certains des postes de commandement visés, a encore dit le général Defrin, sans en préciser le nombre.

Dans un autre communiqué, l'armée a affirmé avoir "mené plus de 30 frappes contre le dispositif de missiles balistiques iranien et les systèmes de défense aérienne" afin de "réduire au minimum les tirs" vers Israël.