Reprise ce week-end des discussions pour une trêve à Gaza au bord de la famine

Des enfants palestiniens déplacés se rassemblent pour recevoir de la nourriture dans une école publique à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 février 2024, alors que les combats entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo de Mohammed Abed AFP)
Des enfants palestiniens déplacés se rassemblent pour recevoir de la nourriture dans une école publique à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 février 2024, alors que les combats entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo de Mohammed Abed AFP)
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Publié le Samedi 06 avril 2024

Reprise ce week-end des discussions pour une trêve à Gaza au bord de la famine

  • Au moment où les discussions piétinent sur une trêve et sur la libération d'otages encore détenus par le mouvement islamiste palestinien, le chef de la CIA, Bill Burns, se rendra au Caire pour de nouveaux pourparlers prévus ce week-end
  • L'annonce de cette nouvelle tentative américaine intervient après que les Etats-Unis ont pressé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de conclure «sans délai» un accord pour un cessez-le-feu

TERRITOIRES PALESTINIENS : Les pourparlers pour une trêve à Gaza doivent reprendre ce week-end au Caire, où Joe Biden a exhorté les négociateurs à convaincre le Hamas, à près de six mois de guerre sur le territoire palestinien ravagé par les destructions et au bord de la famine.

Le président américain «a écrit aujourd'hui au président égyptien et à l'émir du Qatar pour leur faire part de l'état d'avancement des pourparlers et leur demander d'obtenir du Hamas qu'il s'engage à accepter et à respecter un accord», a déclaré vendredi soir à l'AFP un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat.

Au moment où les discussions piétinent sur une trêve et sur la libération d'otages encore détenus par le mouvement islamiste palestinien, le chef de la CIA, Bill Burns, se rendra au Caire pour de nouveaux pourparlers prévus ce week-end, selon des médias américains.

Le directeur de l'agence américaine du renseignement rencontrera son homologue du Mossad israélien David Barnea ainsi que des responsables égyptiens et qataris, d'après le New York Times.

L'annonce de cette nouvelle tentative américaine intervient après que les Etats-Unis ont pressé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de conclure «sans délai» un accord pour un cessez-le-feu, sur fond de pression croissante de la communauté internationale face au désastre humanitaire en cours à Gaza.

- Acheminement d'aide «temporaire» -

La guerre entre l'armée israélienne et le Hamas entre dimanche dans son 7e mois. Près de 33.100 personnes sont mortes sur la bande de Gaza, la plupart des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Lancée en riposte à une attaque sanglante de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza en Israël le 7 octobre, l'offensive de grande envergure israélienne contre le territoire palestinien a provoqué, outre le lourd bilan humain, une catastrophe humanitaire et des destructions colossales.

L'attaque du 7 octobre a entraîné la mort de 1.170 personnes en Israël, en majorité des civils tués le jour même, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens. Plus de 250 personnes ont été enlevées pendant l'attaque et emmenées à Gaza où 130 sont toujours détenues, parmi lesquelles 34 sont mortes selon l'armée.

Israël s'est juré d'anéantir le Hamas, qui a pris le pouvoir en 2007 à Gaza et est considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, Israël et l'Union européenne.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a exigé l'arrêt de toute vente d'armes à Israël, dans une résolution évoquant les craintes de «génocide» contre les Palestiniens.

Sous la pression, Israël a annoncé vendredi autoriser l'acheminement «temporaire» de l'aide par le port israélien d'Ashdod, à environ 40 km au nord de Gaza, et par le point de passage d'Erez, entre le nord de Gaza et Israël. Il va aussi permettre «l'augmentation de l'aide par Kerem Shalom», entre le sud de Gaza et Israël.

«Je leur ai demandé de faire ce qu'ils sont en train de faire», a dit M. Biden au sujet des engagements israéliens. Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré que Washington attendait des «résultats» rapides sur le terrain, après avoir affirmé que «100% de la population a besoin d'aide» à Gaza.

- «Pas des balles et des bombes» -

Le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a de son côté jugé les mesures annoncées par Israël «éparpillées» et insuffisantes.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, la patronne de l'ONG Save the Children-USA, Janti Soeripto, a estimé que «le prochain lot de morts massives d'enfants à Gaza ne viendrait pas de balles et de bombes, mais de la famine et de la malnutrition».

Contrôlées strictement par Israël, les aides venant principalement d'Egypte entrent au compte-gouttes via le passage de Kerem Shalom.

Des pays effectuent des parachutages quotidiens de vivres sur le territoire palestinien. Mais cela est loin de suffire face aux besoins immenses de la population.

Plusieurs ONG internationales ont alerté sur leur quasi impossibilité de travailler en sécurité dans la bande de Gaza, où certaines ont suspendu leurs opérations après la mort lundi des sept humanitaires de World Center Kitchen (WCK) - un Palestinien et six étrangers - dans une frappe de drone israélienne.

L'armée israélienne a admis avoir commis une série d'«erreurs graves», affirmant avoir cru, à tort, viser des «agents du Hamas» à bord de trois véhicules.

- Réponse israélienne «insuffisante» -

WCK, basée aux Etats-Unis a réclamé une commission d'enquête «indépendante». La Pologne, dont un ressortissant fait partie des humanitaires tués, a réclamé à Israël «une enquête criminelle» pour «meurtre». Et l'Australie a jugé samedi que les informations fournies par Israël sur la mort d'une humanitaire australienne étaient «insuffisantes».

Sur le front nord d'Israël, le chef du Hezbollah libanais - qui affirme soutenir le Hamas dans sa guerre contre Israël à Gaza - a prévenu que son mouvement, qui échange des tirs avec l'armée israélienne depuis près de six mois à la frontière israélo-libanaise, n'avait pas encore utilisé ses «principales» armes dans la bataille.

Le Hezbollah arrêtera ses attaques lorsque la guerre «s'arrêtera à Gaza», a répété Hassan Nasrallah à l'occasion de la journée annuelle d'Al-Qods (Jérusalem), célébrée dans la région pour soutenir les Palestiniens.

Ce même jour, le Hezbollah et son allié, le mouvement Amal, ont annoncé la mort de six de leurs membres dans des bombardements israéliens dans le sud du Liban. Dans la foulée, l'armée israélienne a indiqué avoir bombardé «un complexe militaire du Mouvement Amal».


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.