A Bordeaux, des étudiants testent une «Sécu» sociale de l'alimentation

Une étudiante montre son téléphone portable après avoir payé sa facture avec une monnaie numérique locale appelée "Gemme" après avoir fait ses courses dans un magasin d'alimentation Biocoop, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France (Photo, AFP).
Une étudiante montre son téléphone portable après avoir payé sa facture avec une monnaie numérique locale appelée "Gemme" après avoir fait ses courses dans un magasin d'alimentation Biocoop, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 08 avril 2024

A Bordeaux, des étudiants testent une «Sécu» sociale de l'alimentation

  • En cotisant selon leurs ressources -10 euros minimum par mois -, les 150 étudiants tirés au sort, comme elle, perçoivent tous 100 Gemmes
  • Les 100 Gemmes qu'elle perçoit depuis octobre et pendant huit mois lui ont permis de faire une croix sur les distributions alimentaires

BORDEAUX: Les interminables heures passées à attendre un colis d'aide alimentaire ne sont plus qu'un lointain souvenir pour Emeline. Cette étudiante bordelaise arrive à boucler ses fins de mois grâce à une sorte de carte Vitale pour faire ses courses.

Yaourts, carottes, céréales, fromage râpé... Dans une Biocoop du centre de Bordeaux cette étudiante sage-femme de 21 ans paie ses courses en Gemmes numériques, la monnaie locale girondine utilisée dans le cadre d'une expérimentation de Sécurité sociale de l'alimentation (SSA).

En cotisant selon leurs ressources -10 euros minimum par mois -, les 150 étudiants tirés au sort, comme elle, perçoivent tous 100 Gemmes (l'équivalent de 100 euros) mensuels qu'ils peuvent dépenser dans les magasins conventionnés.

Toujours plus importantes depuis la crise sanitaire de 2020, les files d'étudiants devant les points de distribution alimentaire ont fait réagir le Crepaq, une association bordelaise qui se présente comme "fabrique citoyenne de biens communs".

"Après Parcours SUP, c'est parcours SOUPE pour eux! Ce n'est plus acceptable", juge la structure qui a lancé cette version locale de la "Sécurité sociale de l'alimentation" imaginée depuis 2019 par un collectif national.

Le concept est toujours le même: la SSA s'adresse à tous et pas uniquement aux personnes précaires, les bénéficiaires cotisent selon leurs moyens, et les commerces conventionnés privilégient un modèle social et agricole durable et respectueux de l'environnement.

«Souffler un peu»

Dans son petit appartement du centre-ville, Emeline Meyre range ses courses méthodiquement.

"Je sais ce que je vais faire avec chaque aliment, tout est calculé. Il y a six yaourts pour six petits déjeuners. J'achète principalement des aliments bruts, des légumes, féculents, légumineuses", explique l'étudiante boursière.

Les 100 Gemmes qu'elle perçoit depuis octobre et pendant huit mois lui ont permis de faire une croix sur les distributions alimentaires.

"Je me retrouvais parfois avec un chou rouge ou du chou-fleur sans trop savoir comment les cuisiner. Maintenant je suis davantage actrice de mon alimentation", se réjouit cette future sage-femme au regard enjoué.

Avant l'expérimentation, Emeline devait faire preuve d'imagination pour boucler ses fins de mois: "Je faisais mes lessives chez ma mère, je chauffais moins en hiver".

"Aujourd'hui j'ai toujours un budget serré de 25 euros hebdomadaires environ pour mes courses alimentaires mais je peux souffler un peu, c'est une charge mentale en moins! Pour le petit déjeuner j'ai pris des céréales au chocolat et pour les apéros, avant c'était carottes, maintenant je m'autorise des gâteaux apéro. Ce sont mes +petites folies+", dit-elle en souriant.

«Rééquilibrer les choses»

Sur l'autre rive de la Garonne, Julia Mesaadi, étudiante en 2e année BUT techniques de commercialisation, participe aussi à ce projet de SSA destiné exclusivement à des étudiants, une première en France.

"Quand j'habitais chez mes parents dans le Lot-et-Garonne, on avait facilement accès à des producteurs locaux, en circuit court. Avec cette expérimentation, je me suis remise à consommer plus de fruits et légumes, plus de viande aussi, que j'avais mis de côté pour des raisons financières", confie la jeune femme.

Charlotte Boulay, chargée de mission transition écologique au Crepaq, résume: "Notre but est à la fois d'encourager les étudiants à pousser les portes de magasins qu'ils n'ont pas forcément l'habitude de fréquenter, de faire évoluer leurs habitudes alimentaires et de leur apporter un gros coup de pouce au quotidien".

Au total, cette expérimentation de huit mois a nécessité un budget de 200.000 euros, obtenus grâce à des financements publics et privés.

En 2025, le Crepaq aimerait élargir l'expérimentation avec davantage d'autofinancement. Mme Boulay évoque "toute la communauté universitaire, en incluant le corps enseignant et administratif" qui, lui, a un salaire et pourrait cotiser davantage.

Une fois son diplôme de sage-femme en poche, Emeline serait prête à cotiser autant, voire plus que ce qu'elle percevrait si elle participait de nouveau à un projet de SSA. "Je trouve ça chouette de pouvoir un jour rééquilibrer les choses en aidant à mon tour ceux qui en ont besoin".


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.