JO-2024 : la vidéosurveillance par algorithme expérimentée, la reconnaissance faciale comme ligne rouge

Une photo prise le 27 février 2023 montre un logiciel de reconnaissance faciale sur le stand de Metaverse au Mobile World Congress (MWC), le plus grand rassemblement annuel de l'industrie des télécommunications, à Barcelone. (Photo de Thomas COEX / AFP)
Une photo prise le 27 février 2023 montre un logiciel de reconnaissance faciale sur le stand de Metaverse au Mobile World Congress (MWC), le plus grand rassemblement annuel de l'industrie des télécommunications, à Barcelone. (Photo de Thomas COEX / AFP)
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Publié le Mercredi 10 avril 2024

JO-2024 : la vidéosurveillance par algorithme expérimentée, la reconnaissance faciale comme ligne rouge

  • La VSA est expérimentée dans le cadre d'une loi adoptée par le Parlement français en avril 2023, en vue des JO de Paris de l'été 2024
  • Le règlement européen sur l'intelligence artificielle (IA), dont l'adoption formelle par le conseil de l'UE doit intervenir «probablement en avril», interdit «l'utilisation de l'identification biométrique à distance en temps réel dans les espaces publics»

PARIS  : La vidéosurveillance algorithmique (VSA) sera testée pendant les JO-2024, mais les autorités françaises l'assurent : aucun des logiciels utilisés ne permet le recours à la reconnaissance faciale, pourtant déjà employée en France dans certains cas et sous conditions.

La reconnaissance faciale permet d'examiner les traits du visage d'une personne filmée ou photographiée et de comparer le résultat aux images d'une base de données, en temps réel ou en différé.

Selon la commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), l'autorité française indépendante gardienne des libertés numériques en France, elle peut être utilisée pour vérifier qu'une personne est bien celle qu'elle prétend être ou pour identifier un individu dans un lieu, une image, une base de données ou un groupe de personnes.

La vidéosurveillance algorithmique (VSA) désigne, elle, des logiciels associés à des caméras de surveillance qui analysent des flux vidéo pour repérer des événements ou comportements jugés suspects ou à risque, avant d'alerter en temps réel un opérateur.

Cadres juridiques différents

La VSA est expérimentée dans le cadre d'une loi adoptée par le Parlement français en avril 2023, en vue des JO de Paris de l'été 2024.

Un comité d'utilisateurs et d'élus est chargé de son évaluation jusqu'en 2025.

Huit types d'événements comportant un «risque d'acte de terrorisme ou d'atteinte grave à la sécurité des personnes» pourront être détectés : non-respect du sens de circulation, franchissement d'une zone interdite, présence ou utilisation d'une arme, départ de feu, mouvement de foule, personne au sol, densité trop importante ou colis abandonné.

La technologie de reconnaissance faciale, elle, n'a pas de cadre juridique précis.

Elle doit toutefois respecter le «cadre de la protection des données à caractère personnel», souligne la Cnil, notamment les dispositions du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et d»une directive «police-justice» de 2016 encadrant le traitement des «données à caractère personnel par les autorités compétentes» au niveau européen.

A l'échelle nationale, les dispositions de la loi informatique et libertés s'appliquent.

En juin, le Sénat a adopté une proposition de loi pour créer un cadre juridique à l'utilisation des technologies biométriques, qui ouvre la voie au recours à la reconnaissance faciale, à titre expérimental, «dans des cas particulièrement graves».

Le texte n'a pour l'heure pas été inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

Des exceptions

La directive «police-justice» de 2016 permet cependant l'utilisation de la reconnaissance faciale par les «autorités compétentes» en cas de «nécessité absolue».

Elle est également utilisée dans les enquêtes de police pour interroger le Traitement d'antécédents judiciaires (Taj), un fichier contenant des millions de fiches sur les auteurs et victimes d'infractions.

Ce recours pour des requêtes au Taj est en «accroissement notable» ces dernières années, selon un rapport parlementaire (2022), qui précise qu'il a été utilisé 498.871 fois par la police et environ 117.000 fois par la gendarmerie en 2021.

Le système de passage rapide aux frontières extérieures de l'Union européenne (Parafe) utilise également le contrôle biométrique de l'identité de passagers dans des sas et selon certaines conditions.

Règlement européen sur l'IA

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle (IA), dont l'adoption formelle par le conseil de l'UE doit intervenir «probablement en avril», selon un porte-parole de la Commission européenne, interdit «l'utilisation de l'identification biométrique à distance en temps réel dans les espaces publics».

Le texte instaure toutefois des exceptions pour «seize infractions», précise la même source. Il est notamment possible pour les cas de terrorisme, viol, atteintes graves aux personnes, trafic d'êtres humains, meurtre, trafic de stupéfiants, braquages en bande organisée...

Elle peut alors être autorisée par une «autorité judiciaire ou administrative indépendante», dont la décision est «contraignante».

L'utilisation de la reconnaissance faciale nécessitera l'adoption d'une loi par les Etats membres de l'UE qui souhaitent l'appliquer.

Des expérimentations

Plusieurs acteurs ont sollicité un accompagnement de la Cnil pour des expérimentations de la reconnaissance faciale ces dernières années.

Le carnaval de Nice, sur la Côte d'Azur, en a fait l'expérience en 2019 sur un échantillon de 50 volontaires, afin de reconnaître dans une foule des personnes dites «d'intérêt» : individus recherchés, enfants égarés...

La Cnil n'a pas jugé ce test satisfaisant, pointant du doigt des lacunes dans le rapport de la municipalité, qui s'en défendait.

En 2020, la justice administrative a interdit une expérimentation de la reconnaissance faciale de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Sud-Est) dans deux lycées à Nice et Marseille, après saisines d'associations de défense des libertés individuelles.

Les juges avaient estimé que le dispositif était contraire au RGPD et au principe de proportionnalité.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.