Des milliards de dollars de fraude au Vietnam: la patronne d'un géant de l'immobilier condamnée à mort

La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
La magnate vietnamienne de l'immobilier Truong My Lan (au centre) au tribunal à Ho Chi Minh ville le 11 avril 2024. (Photo AFP)
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Publié le Jeudi 11 avril 2024

Des milliards de dollars de fraude au Vietnam: la patronne d'un géant de l'immobilier condamnée à mort

  • Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires de la supervision bancaire
  • Selon le parquet, le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023

HO CHI MINH-VILLE, Vietnam : La dirigeante d'un géant de l'immobilier a été condamnée à la peine de mort dans une affaire de fraude dont les dommages ont été estimés par le parquet à 25 milliards d'euros au total, le plus grand scandale financier qu'ait connu le Vietnam.

Les actions de Truong My Lan, patronne du conglomérat Van Thinh Phat, accusée d'avoir escroqué des fonds de la Saigon Commercial Bank (SCB) pendant une décennie, «ont érodé la confiance des gens dans la direction du Parti (communiste) et de l'Etat», a estimé le jury, selon les médias d'Etat, lors du procès qui s'est tenu dans un tribunal de Hô Chi Minh-Ville (sud).

Mme Truong a été reconnue coupable de corruption, détournement de fonds et violation de la loi bancaire. La femme d'affaires a nié son rôle et rejeté la faute sur ses subordonnés.

Au cours d'un procès XXL qui a duré environ un mois, Mme Truong et 85 autres prévenus ont comparu pour répondre aux interrogations et à la colère de milliers d'épargnants lésés qui ont perdu leurs fonds presque du jour au lendemain.

La liste des accusés comprenait des anciens fonctionnaires de la banque centrale, des ex-membres du gouvernement ainsi que des dirigeants de la banque impliquée dans le montage frauduleux, la Saigon Commercial Bank (SCB), sur fond de purge anticorruption orchestrée depuis plusieurs années par le pouvoir communiste visant les hautes sphères politiques et économiques.

La peine de mort n'avait été requise par le procureur que contre Mme Truong considérée comme le cerveau de l'opération.

- «Peu de connaissances» -

Au moment de sa dernière prise de parole en public, lors des audiences, elle a confessé avoir pensé au suicide. «Dans mon désespoir, j'ai pensé à la mort», a-t-elle déclaré, dans des propos rapportés par Tuoi Tre, un journal d'Etat.

«Je suis tellement en colère d'avoir été assez stupide pour m'être impliquée dans un secteur aussi difficile (la banque) pour lequel je n'avais que peu de connaissances», a-t-elle assuré.

Truong My Lan est condamnée pour avoir escroqué environ 42.000 personnes entre 2012 et 2022, via un montage d'obligations transitant par la SCB, détenue à plus de 90% par son groupe, avec la complicité de fonctionnaires chargés de superviser le secteur bancaire.

Elle a été arrêtée en octobre, accusée d'avoir détourné 304.000 milliards de dongs, soit 11,5 milliards d'euros, qui auraient alimenté son train de vie luxueux et servi à la corruption.

Mais le parquet a affirmé jeudi que le total des dommages causés par l'escroquerie s'élevait désormais à 27 milliards de dollars (25 millions d'euros), soit l'équivalent de 6% du PIB du pays en 2023.

Le procès a révélé certaines combines, comme un pot-de-vin d'environ cinq millions d'euros en liquide dissimulé dans des boîtes de Styrofoam, un isolant thermique habituellement utilisé pour le transport de fruits ou de fruits de mer.

La destinataire, ancienne responsable chargée de l'inspection au sein de la banque centrale, a assuré avoir refusé le paquet, tendu par l'ancien président de la SCB. Ce dernier a affirmé de son côté ne pas l'avoir repris après l'avoir donné, selon un média d'Etat.

Les procureurs ont aussi fait état de plus d'un millier de propriétés confisquées à Mme Truong.

- Dispositif policier -

L'ampleur du scandale a poussé des centaines de personnes à manifester dans la capitale Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville, dans une inhabituelle expression de colère collective tolérée dans le pays communiste.

Mercredi, un important dispositif policier s'est déployé devant le siège de la banque centrale à Hanoï, lieu de précédents rassemblements.

Faute de transparence et de régulation efficace, le système bancaire vietnamien laisse la porte ouverte à de puissants acteurs privés qui peuvent imposer leurs intérêts au détriment des épargnants.

Ces dernières années, le régime communiste a accéléré sa campagne anticorruption. Au nom de cette politique, plus de 4.400 personnes, dont des anciennes stars du monde des affaires et des ministres déchus, ont été poursuivies dans plus de 1.700 affaires depuis 2021.

Le recours à la peine capitale est monnaie courante au Vietnam pour des affaires de stupéfiants, mais demeure rare pour des délits ou crimes économiques.

Les statistiques sur son application sont classées secret d'Etat, mais Amnesty International estime que de «nombreuses» exécutions ont lieu chaque année, de l'ordre de plusieurs dizaines par an.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.