Biden face au défi d'une dangereuse escalade au Moyen-Orient

Soutien "inébranlable" à Israël mais tout faire pour éviter une guerre avec l'Iran. C'est le dilemme posé à présent à Joe Biden face au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (AFP).
Soutien "inébranlable" à Israël mais tout faire pour éviter une guerre avec l'Iran. C'est le dilemme posé à présent à Joe Biden face au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (AFP).
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Publié le Lundi 15 avril 2024

Biden face au défi d'une dangereuse escalade au Moyen-Orient

  • Que fera le Premier ministre israélien? Washington, en tout cas, veut calmer le jeu
  • "Le président a été clair: nous ne voulons pas d'escalade. Nous ne voulons pas d'une guerre étendue avec l'Iran", a déclaré dimanche sur les télévisions américaines le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche

WASHINGTON: Soutien "inébranlable" à Israël mais tout faire pour éviter une guerre avec l'Iran. C'est le dilemme posé à présent à Joe Biden face au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En se portant à la défense d'Israël face à l'attaque sans précédent samedi de l'Iran, le président américain a joint le geste à la parole. Les forces américaines dans la région ont ainsi contribué à détruire des "dizaines" de drones et missiles.

C'est la première fois qu'un président américain est amené à défendre Israël directement, faisait-on valoir à Washington.

Mais les Etats-Unis craignent une riposte israélienne contre l'Iran avec le risque de provoquer une dangereuse spirale au Moyen-Orient, sur fond de guerre dans la bande de Gaza, le scénario catastrophe tant redouté depuis des mois.

Que fera le Premier ministre israélien? Washington, en tout cas, veut calmer le jeu.

"Le président a été clair: nous ne voulons pas d'escalade. Nous ne voulons pas d'une guerre étendue avec l'Iran", a déclaré dimanche sur les télévisions américaines le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

Les Etats-Unis n'entendent pas non plus participer à d'éventuelles représailles israéliennes, assure un haut responsable américain s'exprimant aux journalistes sous couvert de l'anonymat.

Et, selon lui, Israël "ne cherche pas une escalade importante avec l'Iran" alors même que cette attaque était destinée à "détruire et tuer".

L'Iran s'est de son côté félicité de ce qu'il estime être une riposte justifiée à la frappe, imputée à Israël, ayant détruit son consulat à Damas le 1er avril.

Le président démocrate de 81 ans, en campagne difficile pour sa réélection face à Donald Trump en novembre, a porté son message directement lors d'un entretien téléphonique samedi soir.

« Peser soigneusement les risques »

Le président Biden a "clairement dit au Premier ministre (israélien) que nous devons peser soigneusement et de façon stratégique les risques d'une escalade" afin d'éviter une guerre régionale plus large, selon le haut responsable américain.

Le calcul de Washington semble être que Téhéran a obtenu ce qu'il voulait avec une démonstration de force en représailles à la frappe attribuée à Israël, qui a tué de hauts gradés iraniens. Et, pour les Américains, Israël a prouvé de façon spectaculaire sa puissance défensive, avec 99% des projectiles iraniens interceptés.

Depuis l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre puis l'offensive israélienne qui ravage la bande de Gaza, Joe Biden s'efforce d'éviter une guerre régionale, redoutant de se voir entraîner directement dans un conflit au Moyen-Orient.

Le président américain, qui s'est réuni virtuellement dimanche avec ses homologues du G7 et s'est entretenu avec le roi Abdallah II de Jordanie, se retrouve dans une position délicate: de plus en plus critique de Benjamin Netanyahu, avec qui il entretient de difficiles relations, pour sa conduite de la guerre depuis six mois dans la bande de Gaza, mais doit pour autant lui assurer son soutien total.

Il est allé jusqu'à suggérer que les Etats-Unis pourraient modifier leur politique d'aide militaire à Israël, eux qui sont leur principal fournisseur en armes.

« Très cynique »

"Cela le met dans une situation très difficile", confirme Colin Clarke, directeur de recherche au Soufan Group. "Il se méfie des motivations de Netanyahu, qui tente d'étendre la guerre à toute la région pour détourner l'attention de la guerre qui se déroule mal pour lui à Gaza", ajoute-t-il.

Selon le chercheur, le Premier ministre israélien s'efforce aussi de "masquer les différends très réels qui existent avec l'administration Biden" au sujet du territoire palestinien, assiégé par Israël et menacé d'une famine à grande échelle.

Un autre expert, James Ryan, s'attend lui "à ce que Biden tente de restreindre Israël, mais Netanyahu a déjà montré qu'il était prêt à tester toutes les limites que Biden souhaitait imposer". "Tout cela est, malheureusement, très cynique", relève le directeur exécutif du Middle East Research and Information Project.

Le président Biden est sous pression en pleine campagne présidentielle aux Etats-Unis, pris à partie à sa gauche face au désastre humanitaire à Gaza comme à sa droite, pour sa "faiblesse" supposée, comme l'affirme son rival républicain Donald Trump.

"Si Joe Biden incite les Israéliens à ne pas du tout riposter alors il est une honte pour les Etats-Unis", s'est avancé dimanche sur CNN John Bolton, ancien conseiller de Donald Trump, appelant au contraire qu'Israël à "détruire le programme nucléaire iranien".


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.