Le gouvernement britannique révèle des pourparlers avec un groupe paramilitaire soudanais

Photo d'archives Le commandant des forces paramilitaires de soutien rapide du Soudan, le général Mohamed Hamdan Daglo, est engagé dans une guerre civile au Soudan depuis un an (AFP).
Photo d'archives Le commandant des forces paramilitaires de soutien rapide du Soudan, le général Mohamed Hamdan Daglo, est engagé dans une guerre civile au Soudan depuis un an (AFP).
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Publié le Lundi 15 avril 2024

Le gouvernement britannique révèle des pourparlers avec un groupe paramilitaire soudanais

  • Réunions entre le ministère des affaires étrangères et les forces de soutien rapide pour tenter de mettre fin aux combats et d'accroître l'aide humanitaire
  • Nouvelles critiquées par certains experts alors que RSF est accusée de crimes contre l'humanité

Londres : Le Bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni a révélé qu'il avait eu des entretiens avec les forces paramilitaires de soutien rapide du Soudan, qui ont été accusées de nettoyage ethnique et d'autres atrocités.

Le Guardian a rapporté lundi qu'une demande de liberté d'information adressée au FCDO a révélé que le gouvernement britannique avait ouvert des canaux diplomatiques avec les Forces de soutien rapide, y compris une réunion le 6 mars.

L'OCRF a déclaré au journal que les discussions visaient à accroître le flux d'aide humanitaire et l'accès au Soudan, ainsi qu'à mettre fin aux combats entre la RSF et les forces armées soudanaises.

Les forces de sécurité soudanaises sont engagées dans une guerre civile au Soudan depuis un an et ont été accusées de crimes contre l'humanité par les États-Unis, notamment de massacres, de viols collectifs, de pillages et de nettoyage ethnique. Les Nations unies ont déclaré que les activités de la RSF à Geneina, dans l'ouest du Darfour, ont fait 15 000 morts.

La guerre a coûté la vie à des milliers de civils soudanais, et environ 8 millions de personnes ont été déplacées par les combats.

La volonté du Royaume-Uni de rencontrer la RSF a suscité des condamnations pour ce que certains considèrent comme une politique susceptible de normaliser un groupe paramilitaire accusé de crimes contre l'humanité.

Sharath Srinivasan, codirecteur du Centre de gouvernance et des droits de l'homme de l'université de Cambridge, a déclaré au Guardian que, même si certains cercles diplomatiques considèrent qu'il est nécessaire de parler à des groupes potentiellement peu recommandables, "le fait de parler aux hommes armés a contribué à la perpétuation de la violence et de l'autoritarisme au Soudan au cours des deux ou trois dernières décennies".

Il a ajouté : "Lorsque (les FAR) commettent des actes de violence ciblée d'une ampleur inouïe contre des groupes ethniques, des femmes et des enfants, à une échelle qui est absolument horrible et qui l'était déjà il y a 20 ans, (le Royaume-Uni) met en jeu une grande partie de sa crédibilité morale et de sa décence".

Ahmed Soliman, chercheur principal au sein du groupe de réflexion sur les affaires internationales Chatham House, a déclaré que les pourparlers étaient justifiables dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la guerre et à atténuer les souffrances des civils.

"Comment l'aide pourra-t-elle être acheminée dans l'ouest du Soudan si l'on ne s'engage pas avec les forces de soutien rapide ? Elles contrôlent 95 % du Darfour", a-t-il ajouté.

"C'est la sale réalité de la guerre. Cela ne devrait pas empêcher de s'engager auprès des civils, mais cela doit faire partie de la recherche d'une solution, à la fois pour mettre fin à la guerre à court terme et pour apporter de l'aide aux civils.

Cependant, Maddy Crowther, codirectrice du groupe de défense des droits de l'homme Waging Peace, a qualifié les pourparlers de "démarche terrible", affirmant que les négociations avec le RSF pourraient s'avérer vaines.

"Ces pourparlers partent également du principe que les RSF sont des acteurs de bonne foi", a-t-elle déclaré. "Discuter avec le FSR n'a jamais abouti aux résultats que le Royaume-Uni dit vouloir obtenir au Soudan. Je ne vois pas pourquoi cela changerait aujourd'hui".

Elle a ajouté que "pour les Soudanais, cela sera vécu comme une véritable gifle" et que la diaspora interprétera la nouvelle comme un "abus total de la confiance que les gens ont placée dans le Royaume-Uni et d'autres puissances pour négocier ou défendre leurs intérêts".

Un porte-parole de la FCDO a déclaré au Guardian : "Le Royaume-Uni continue de rechercher toutes les voies diplomatiques pour mettre fin à la violence - pour empêcher que d'autres atrocités ne soient commises, pour pousser les deux parties à un cessez-le-feu permanent, pour permettre un accès humanitaire sans restriction, pour protéger les civils et pour s'engager dans un processus de paix durable et significatif.

"Les forces armées soudanaises et les forces de sécurité soudanaises ont entraîné le Soudan dans une guerre injustifiée, au mépris total du peuple soudanais. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu'elles répondent de leurs actes.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.