Israël «  obstrue  » l'accès aux victimes de l'attaque du 7 octobre, selon des enquêteurs de l'ONU

L'ambassadeur palestinien auprès des Nations Unies à Genève, Ibrahim Mohammad Khraishi, s'exprime lors d'une réunion d'information aux États membres de l'ONU sur les enquêtes en cours de la "Commission internationale indépendante des Nations Unies".
L'ambassadeur palestinien auprès des Nations Unies à Genève, Ibrahim Mohammad Khraishi, s'exprime lors d'une réunion d'information aux États membres de l'ONU sur les enquêtes en cours de la "Commission internationale indépendante des Nations Unies".
Présidente de la "Commission internationale indépendante d'enquête des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël", la Sud-Africaine Navi Pillay (R) s'entretient avec l'ambassadeur égyptien Ahmed Ihab Abdelahad(AFP)
Présidente de la "Commission internationale indépendante d'enquête des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël", la Sud-Africaine Navi Pillay (R) s'entretient avec l'ambassadeur égyptien Ahmed Ihab Abdelahad(AFP)
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Publié le Mercredi 17 avril 2024

Israël «  obstrue  » l'accès aux victimes de l'attaque du 7 octobre, selon des enquêteurs de l'ONU

  • La commission, mise en place en 2021 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, faisait le point sur l'avancée de ses travaux devant les diplomates à Genève, lors d'une réunion organisée par l'Egypte.
  • nous avons été confrontés non seulement à un manque de coopération, mais aussi à une obstruction active de nos efforts visant à recueillir des preuves auprès des témoins et des victimes israéliens

GENEVE : Israël "obstrue" l'accès aux victimes de l'attaque du Hamas du 7 octobre, ont dénoncé mardi des enquêteurs de l'ONU, pointant du doigt le "manque de coopération" des autorités israéliennes.

"Je déplore le fait que les personnes en Israël qui souhaitent nous parler se voient refuser cette possibilité, parce que nous ne pouvons pas entrer en Israël", a déclaré Navi Pillay, la présidente de l'enquête onusienne sur les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés et en Israël.

La commission, mise en place en 2021 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, faisait le point sur l'avancée de ses travaux devant les diplomates à Genève, lors d'une réunion organisée par l'Egypte.

Réagissant aux déclarations de la commission, la Mission permanente d'Israël auprès des Nations unies à Genève a souligné que "des institutions et mécanismes indépendants, notamment des représentants des Nations unies, se sont rendus en Israël et ont rencontré des survivants et des victimes de l'attaque terroriste".

Mais "les 1.200 personnes tuées, les femmes et les filles violées, les otages emmenés à Gaza, savent très bien qu'ils n'obtiendront jamais justice ni le traitement digne qu'ils méritent de la part de la commission d'enquête et de ses membres", a ajouté la Mission israélienne, les accusant d'avoir fait dans le passé "des déclarations antisémites et anti-israéliennes".

En 2022, un des enquêteurs de l'ONU, l'Indien Miloon Kothari, avait présenté ses excuses pour avoir parlé de "lobby juif" dans une interview, des propos vivement dénoncés par Israël qui avait exigé sa démission ou la dissolution de la commission.

- Appel aux victimes -

Mme Pillay, ancienne Haute -Commissaire aux droits de l'homme, ancienne présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda et ancienne juge à la Cour pénale internationale (CPI), a expliqué que la commission qu'elle préside examinait "les crimes" commis lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre sur le sol israélien, ainsi que ceux commis depuis par les forces israéliennes à Gaza et en Cisjordanie.

La commission présentera ses conclusions en juin, a-t-elle précisé.

"Jusqu'à présent, en ce qui concerne Israël, nous avons été confrontés non seulement à un manque de coopération, mais aussi à une obstruction active de nos efforts visant à recueillir des preuves auprès des témoins et des victimes israéliens des événements qui se sont produits dans le sud d'Israël" le 7 octobre, a renchéri un autre enquêteur, l'Australien Chris Sidoti, s'exprimant en visioconférence.

"Je saisis cette occasion pour lancer un nouvel appel à la fois au gouvernement israélien pour qu'il coopère et aux victimes et témoins des événements survenus dans le sud d'Israël pour qu'ils contactent la commission d'enquête afin que nous puissions entendre ce qu'ils ont vécu", a-t-il ajouté.

La commission a été mise en place à la suite de la guerre de 11 jours que se sont livrés Israël et le Hamas en mai 2021, mais elle a aussi pour mandat d'étudier toutes les causes profondes du conflit israélo-palestinien.

 


Soupçons d'ingérence russe: perquisitions au Parlement européen

Cette photographie prise le 29 mai 2024 montre un fourgon de police devant le bâtiment du Parlement européen, où sont menées des perquisitions dans le cadre d'une enquête belge sur des soupçons d'ingérence russe et de corruption à Bruxelles (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 29 mai 2024 montre un fourgon de police devant le bâtiment du Parlement européen, où sont menées des perquisitions dans le cadre d'une enquête belge sur des soupçons d'ingérence russe et de corruption à Bruxelles (Photo, AFP).
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  • L'enquête a été lancée par le parquet fédéral belge en avril, après l'identification d'un réseau d'influence financé par Moscou
  • En Allemagne, Maximilian Krah, tête de liste de l'AfD pour les élections européennes du 9 juin, est visé par une enquête préliminaire du parquet de Dresde

BRUXELLES: Des perquisitions ont été menées mercredi au Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg dans le cadre d'une enquête de la justice belge sur des soupçons d'ingérence russe et de corruption, qui éclaboussent l'eurodéputé allemand d'extrême droite Maximilian Krah.

"La police judiciaire fédérale de Bruxelles (...) a procédé le 29 mai à des perquisitions au domicile d'un collaborateur du Parlement européen à Schaerbeek (commune du nord de Bruxelles) ainsi qu'à son bureau au Parlement européen de Bruxelles", a annoncé le parquet fédéral belge dans un communiqué.

Une perquisition a aussi été menée dans le bureau de cet assistant au Parlement européen à Strasbourg, "en étroite collaboration avec Eurojust et les autorités judiciaires françaises", ajoute le parquet.

Selon une source proche du dossier, la personne visée est Guillaume Pradoura, ancien assistant parlementaire, français, de Maximilian Krah, du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui se trouve au coeur d'un scandale pour ses liens présumés avec la Chine et la Russie.

Les perquisitions "s'inscrivent dans le cadre d'un dossier d'ingérence, de corruption passive et d'appartenance à une organisation criminelle, et concernent des indices d'ingérence russe, selon lesquels des membres du Parlement européen auraient été approchés et payés pour promouvoir la propagande russe via le +site web d'information+ Voice of Europe", précise le parquet fédéral.

«Rôle important»

"Des indices prouvent que le collaborateur du Parlement européen en question a joué un rôle important dans cette affaire", indique-t-on de même source.

Guillaume Pradoura est désormais assistant de l'eurodéputé Marcel de Graaff, membre du Forum pour la démocratie, un parti eurosceptique et conservateur néerlandais. Il a aussi été assistant de l'eurodéputé français Nicolas Bay, et exclu du Rassemblement national (RN) en 2019 à la suite de la publication d'une photo à connotation antisémite.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de Maximilian Krah a souligné que cet ex-collaborateur ne travaillait plus pour l'eurodéputé allemand "depuis deux ans". Mais ce sont bien plutôt ces anciennes fonctions qui sont visées, selon la source proche du dossier.

L'enquête a été lancée par le parquet fédéral belge en avril, après l'identification d'un réseau d'influence financé par Moscou.

Prague avait révélé fin mars la découverte par les services de renseignement tchèques d'un tel réseau qui répandait la propagande du Kremlin via le site "Voice of Europe", pour dénoncer notamment le soutien militaire occidental à l'Ukraine dans la guerre déclenchée par Moscou.

Selon les autorités tchèques et belges, la plateforme servait aussi à fournir secrètement des soutiens financiers à des élus pour relayer les messages de Moscou. Le site a récemment été placé sur une liste de sanctions de l'UE, et interdit de diffusion.

En Allemagne, Maximilian Krah, tête de liste de l'AfD pour les élections européennes du 9 juin, est visé par une enquête préliminaire du parquet de Dresde pour soupçons de financements russe et chinois.

Cet ancien avocat de 47 ans a reconnu être apparu à deux reprises sur le site "Voice of Europe", mais a nié avoir "reçu de l'argent pour cela".

L'un de ses collaborateurs, Jian Guo, se voit reprocher par la justice allemande d'avoir espionné pour le compte de Pékin au coeur même du Parlement européen. A la suite de son arrestation en avril, cet assistant avait été suspendu, et son bureau au Parlement bruxellois avait été perquisitionné.

De son côté, le numéro deux de la liste de l'AfD aux élections européennes, Petr Bystron, a vu son bureau à la chambre des députés allemande perquisitionné le 16 mai par la police, en raison de soupçons de financement illégal en provenance de Russie.

L'UE s'inquiète des ingérences étrangères à l'approche des élections européennes.

Selon les services de renseignement belges, "les objectifs de Moscou sont clairs: aider à élire davantage de candidats prorusses au Parlement européen" et "renforcer le discours prorusse au sein de cette institution", avait indiqué en avril le Premier ministre belge Alexander De Croo.


La justice espagnole refuse de classer l'enquête contre l'épouse de Pedro Sánchez

Le Premier ministre espagnol par intérim Pedro Sanchez et son épouse Begona Gomez (Photo, AFP).
Le Premier ministre espagnol par intérim Pedro Sanchez et son épouse Begona Gomez (Photo, AFP).
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  • Cette enquête porte sur des faits présumés de corruption et de trafic d'influence
  • Cette décision, prise en dépit d'un rapport récent de la Garde civile concluant à l'absence d'affaire

MADRID: La justice espagnole a rejeté mercredi une demande du parquet, qui préconisait le classement de l'enquête pour corruption visant l'épouse du Premier ministre Pedro Sánchez, en faisant état d'éléments "suffisants" pour justifier la poursuite des investigations.

"Il existe des indices concernant la commission présumée d'un délit" qui sont "suffisants" pour que cette enquête préliminaire se poursuive, a statué dans une décision consultée par l'AFP un tribunal de Madrid, estimant que ces indices étaient "plus que de simples soupçons".

Cette décision, prise en dépit d'un rapport récent de la Garde civile concluant à l'absence d'affaire, constitue un désaveu du parquet, qui avait réclamé le 25 avril "l'annulation" de la procédure et "le classement sans suite de l'affaire".

Elle constitue surtout un revers politique pour M. Sánchez, l'opposition de droite voyant dans cette enquête une confirmation de ses accusations de corruption à l'encontre du Premier ministre socialiste et de son gouvernement.

Cette enquête porte sur des faits présumés de corruption et de trafic d'influence. Elle a été ouverte le 16 avril après une plainte d'un collectif proche de l'extrême droite visant l'épouse de M. Sánchez, Begoña Gómez. Ce collectif a reconnu depuis que sa plainte reposait uniquement sur des articles de presse.

Selon le média en ligne El Confidencial, qui a révélé l'existence de l'enquête, la justice s'intéresse notamment aux liens de Begoña Gómez avec le groupe touristique espagnol Globalia.

Stratégie de « harcèlement »

Son PDG, propriétaire de la compagnie aérienne Air Europa, aurait rencontré Begoña Gómez alors que son groupe négociait avec le gouvernement l'octroi d'une aide publique en pleine pandémie de Covid-19. Begoña Gómez dirigeait alors une fondation qui avait signé un accord de parrainage avec Globalia.

M. Sánchez avait qualifié fin avril les accusations contre son épouse de "stratégie de harcèlement et de démolition" émanant de "médias fortement marqués à droite et à l'extrême droite" et soutenue, selon lui, par l'opposition conservatrice.

Interrogé mercredi, le ministre de la Justice, Félix Bolaños, a assuré que le rapport de la Garde civile avait "démonté une à une toutes les fausses accusations" contre Begoña Gómez. "Il n'y a rien de rien" dans ce dossier "plus tôt cette enquête sera classée, mieux ce sera", a-t-il insisté.

A l'annonce de cette enquête, M. Sánchez avait affirmé le 24 avril, à la surprise générale, qu'il envisageait de démissionner et suspendait ses activités pendant cinq jours pour un temps de réflexion. Il avait finalement décidé de rester au pouvoir.

Pour l'opposition, cette pause n'était qu'une mise en scène pour détourner l'attention de l'opinion publique et le Premier ministre n'avait jamais eu l'intention de renoncer à ses fonctions.


Le Brésil rappelle son ambassadeur en Israël

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, s'adresse aux journalistes lors de sa convocation à l'ambassadeur du Brésil en Israël, Frederico Meyer, au musée mémorial de l'Holocauste Yad Vashem à Jérusalem, le 19 février 2024 (Photo, AFP).
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, s'adresse aux journalistes lors de sa convocation à l'ambassadeur du Brésil en Israël, Frederico Meyer, au musée mémorial de l'Holocauste Yad Vashem à Jérusalem, le 19 février 2024 (Photo, AFP).
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  • L'ambassadeur, Frederico Meyer, avait été initialement rappelé pour des consultations avec son gouvernement, après qu'une crise diplomatique entre Brésil et Israël a éclaté en février au sujet du conflit en cours dans la bande de Gaza
  • En février, le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait provoqué la colère d'Israël en comparant l'offensive israélienne à Gaza et l'extermination des Juifs par les nazis

 

BRASILIA: Le gouvernement brésilien a rappelé son ambassadeur en Israël et ne nommera personne à ce poste dans l'immédiat, a déclaré mercredi à l'AFP une source diplomatique, nouvel épisode des tensions entre les deux pays liées à la guerre à Gaza.

L'ambassadeur, Frederico Meyer, avait été initialement rappelé pour des consultations avec son gouvernement, après qu'une crise diplomatique entre Brésil et Israël a éclaté en février au sujet du conflit en cours dans la bande de Gaza.

Les conditions n'étaient pas réunies "pour qu'il retourne en Israël", a expliqué la source diplomatique mercredi.

En février, le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait provoqué la colère d'Israël en comparant l'offensive israélienne à Gaza et l'extermination des Juifs par les nazis.

«Humiliation»

Il avait été déclaré "persona non grata" par Jérusalem et l'ambassadeur Meyer avait été convoqué pour une réunion au mémorial de la Shoah de Yad Vashem.

Le diplomate brésilien a ensuite été rappelé au Brésil pour consultations, et l'ambassadeur d'Israël à Brasilia a à son tour été convoqué par le chef de la diplomatie brésilienne.

La source diplomatique brésilienne a expliqué mercredi que l'"humiliation subie" par M. Meyer à Yad Vashem avait motivé la décision de rappeler définitivement l'ambassadeur.

Le chargé d'affaires Fabio Farias sera en charge de la représentation brésilienne à Tel Aviv et Lula ne nommera pas de nouvel ambassadeur dans l'immédiat.