Israël-Palestine: origines et évolution de la solution à deux Etats

Des Palestiniens se rassemblent devant une maison endommagée suite aux bombardements israéliens, le 22 mai 2024, sur la ville d'al-Zawaida, dans le gouvernorat de Deir al-Balah, au centre de Gaza, où de nombreux civils d'autres parties de la bande assiégée s'étaient réfugiés au milieu des combats en cours entre Israël et le Hamas. (AFP)
Des Palestiniens se rassemblent devant une maison endommagée suite aux bombardements israéliens, le 22 mai 2024, sur la ville d'al-Zawaida, dans le gouvernorat de Deir al-Balah, au centre de Gaza, où de nombreux civils d'autres parties de la bande assiégée s'étaient réfugiés au milieu des combats en cours entre Israël et le Hamas. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 22 mai 2024

Israël-Palestine: origines et évolution de la solution à deux Etats

  • L'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé leur décision coordonnée de reconnaître l'Etat de Palestine dans l'espoir d'entraîner d'autres pays à faire de même
  • Benjamin Netanyahu est, lui, totalement opposé à deux Etats depuis le début de sa carrière politique

JERUSALEM: Depuis des décennies, des diplomates tentent de promouvoir une solution permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre ensemble dans deux Etats distincts et souverains.

Cet hiver, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réitéré son opposition à la création d'un Etat palestinien souverain, à rebours de la demande récurrente du président américain, Joe Biden.

Mais mercredi, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont annoncé leur décision coordonnée de reconnaître l'Etat de Palestine dans l'espoir d'entraîner d'autres pays à faire de même.

D'où vient l'idée?

Le concept est né dans les années 1930, soutenu par les Juifs venus s'installer en Palestine, alors sous mandat britannique.

C'est sur cette base qu'est élaboré le plan de partage de la Palestine, dessiné dans la résolution 181 de l'ONU, aboutissant à la proclamation de l'Etat d'Israël en 1948.

Rejeté par les Palestiniens et les pays arabes, ce plan de partage et cette création de l'Etat d'Israël sont les déclencheurs de la guerre israélo-arabe de 1948-1949. Israël en sort renforcé avec un territoire accru et l'Etat palestinien disparaît avant même d'avoir existé.

En 1964, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) est fondée avec pour objectif de libérer la totalité de la Palestine.

La guerre israélo-arabe de 1967 permet à Israël de prendre le contrôle des Territoires palestiniens de Cisjordanie, notamment Jérusalem-Est, et de Gaza. Selon la loi internationale, ils demeurent occupés jusqu'à ce jour, et toutes les colonies sont illégales.

Après la guerre de 1967, la colonisation sous différentes formes, légales ou illégales selon le droit israélien, s'est poursuivie, avec l'appui plus ou moins marqué des gouvernements successifs.

L'espoir d'Oslo

Des espoirs de paix surgissent en 1993 lorsque le chef de l'OLP, Yasser Arafat, serre la main du Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, le 13 septembre 1993 à la Maison Blanche, devant le président américain, Bill Clinton.

Les accords d'Oslo qu'ils entérinent proposent un degré limité d'autonomie palestinienne, avec pour but final la cohabitation pacifique des deux peuples dans des contours à définir.

Les radicaux des deux camps sont furieux. En 1995, un extrémiste juif assassine Rabin, ouvrant la voie à des décennies de violence.

Des pourparlers en 2013 remettent le projet sur la table. "Politiquement, il n'y a eu aucun effort pour le rendre réalisable depuis", estime Xavier Guignard, du groupe de réflexion parisien Noria Research.

Qu'en pensent les dirigeants?

L'Autorité palestinienne, qui siège actuellement en Cisjordanie occupée, soutient la solution à deux Etats. Le président Mahmoud Abbas a réclamé une conférence internationale en septembre, décrivant "la dernière opportunité pour sauver la solution à deux Etats".

A Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui a remporté les législatives de 2006 puis pris le pouvoir en 2007, a accepté pour la première fois en 2017 le principe d'un Etat palestinien sur la Cisjordanie et Gaza.

Mais son but ultime reste la "libération" de tout le territoire de la Palestine de 1948, soit l'ensemble du territoire israélien actuel.

Benjamin Netanyahu est, lui, totalement opposé à deux Etats depuis le début de sa carrière politique.

Quid des opinions publiques?

Selon des sondages récents, la solution à deux Etats a lourdement perdu en popularité.

Une étude de l'institut Pew Research, menée avant la guerre actuelle, montre que les juifs israéliens qui soutenaient le projet étaient passés de 46% en 2013 à 32% en 2023.

Un sondage de l'institut Gallup, lui aussi avant le début du conflit, a fait état d'une baisse des partisans de la solution à deux Etats à Gaza et en Cisjordanie de 59% en 2012 à 24% l'an passé.

Certains Palestiniens ont évoqué la solution d'un seul Etat avec des droits égaux pour tous, mais l'écho reste faible.

Quel rôle pour la diplomatie?

Des responsables américains et européens, les Nations unies et même la Chine, ont récemment remis le projet sur la table.

Le refus d'une solution à deux Etats, "ainsi que le déni du droit à un Etat pour le peuple palestinien, sont inacceptables", a estimé samedi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Joe Biden a pour sa part fait état de "plusieurs types de solutions à deux Etats", afin d'ouvrir le spectre des possibles.

Quant au chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, il a déclaré que, "ce que nous voulons, (c')est bâtir une solution à deux Etats", afin de créer les conditions d'une paix durable dans la région.

La guerre actuelle pèse-t-elle?

L'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre dans le sud d'Israël a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré d'"anéantir" le mouvement islamiste. Selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 35.600 personnes ont été tuées dans les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

La solution à deux Etats semble demeurer un mantra pour la communauté internationale et une fiction pour Palestiniens et Israéliens.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Short Url
  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
Short Url
  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".


L'Iran "n'abandonnera pas le Hezbollah", assure le groupe libanais

Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
Short Url
  • Le Hezbollah affirme avoir reçu un message iranien confirmant que Téhéran continuera de soutenir le mouvement libanais malgré les tensions régionales et la guerre avec les États-Unis
  • Selon le Hezbollah, la dernière proposition iranienne transmise à Washington via des médiateurs pakistanais inclut un cessez-le-feu au Liban dans le cadre d’un accord visant une “fin permanente” du conflit

BEYROUTH: Le Hezbollah a affirmé samedi qu'un message en provenance de l'Iran montrait qu'il n'abandonnerait pas le groupe libanais pro-iranien, et que la dernière proposition de Téhéran visant à mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis incluait un cessez-le-feu au Liban.

Le Hezbollah a indiqué dans un communiqué que son chef Naïm Qassem avait reçu un message du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, assurant que l'Iran "ne renoncera pas à son soutien aux mouvements qui réclament la justice et la liberté, au premier rang desquels le Hezbollah".

Dans la dernière proposition iranienne transmise à Washington par des médiateurs pakistanais visant à obtenir "une fin permanente" de la guerre, la demande d'inclure le Liban dans le cessez-le-feu a été mise en avant, ajoute le communiqué.