En Cisjordanie occupée, un chemin vers l'école truffé d'embûches et de peurs

Un garçon palestinien passe devant un bâtiment détruit à la suite d'un raid des forces israéliennes à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 23 mai 2024. (AFP)
Un garçon palestinien passe devant un bâtiment détruit à la suite d'un raid des forces israéliennes à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 23 mai 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 30 mai 2024

En Cisjordanie occupée, un chemin vers l'école truffé d'embûches et de peurs

  • «Parfois l'armée nous harcèle, nous envoie des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes et nous empêche d'aller à l'école», abonde Omar, 12 ans
  • «On est en permanence en train de circuler parmi les élèves pour leur donner des instructions», leur dire «de venir à l'école groupés et pas tout seul parce que les attaques des colons ont lieu parfois à l'aube», dit le directeur du lycée

OURIF: Aller au lycée d'Ourif en Cisjordanie, c'est comme "entrer en prison", assure son directeur adjoint. Au-dessus du mur d'enceinte et sa peinture de Schtroumpf au bleu fané, des grillages rouillés, et, avec en arrière-plan la colonie israélienne de Yitzhar, la "peur d'être attaqué".

"On est en permanence en train de circuler parmi les élèves pour leur donner des instructions", leur dire "de venir à l'école groupés et pas tout seul parce que les attaques des colons ont lieu parfois à l'aube, parfois vers 18H00", décrit Mazin Chéhadeh, directeur adjoint du lycée public de cette localité palestinienne à quelques kilomètres au sud de la grande ville de Naplouse.

"Tous les jours, nous inspectons les abords de l'école par peur qu'il y ait des engins explosifs", ajoute-t-il, comme ce jour où il y avait "une bombe attachée à un fil entre les arbres".

Alors que les yeux sont rivés sur la bande de Gaza, dévastée par la guerre déclenchée par l'attaque du Hamas le 7 octobre contre Israël, la situation se détériore en Cisjordanie.

Dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967, quelque 490 000 Israéliens vivent dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de trois millions de Palestiniens.

Ces derniers composent depuis longtemps avec les restrictions de mouvement. Mais la multiplication des barrages et points de sécurité les ont exacerbées depuis la guerre à Gaza, compliquant davantage le trajet vers l'école.

Depuis le 7 octobre, 519 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne. Dans le même temps, au moins 12 Israéliens ont été tués dans des attaques ou attentats perpétrés par des Palestiniens, selon les autorités israéliennes.

«Cauchemar»

Dans le bureau de M. Chéhadeh, du carrelage noirci par les flammes, stigmate selon lui d'un incendie d'origine criminelle. Sur le toit, des panneaux solaires brisés.

Seul un chemin serpentant à travers la colline sépare Yitzhar du village d'Ourif, projeté sur le devant de l'actualité en juin 2023 lorsque deux de ses habitants, membres de la branche armée du Hamas, ont tué quatre Israéliens dans une attaque contre une station-service d'une colonie plus au sud.

Dans la cour du lycée, Qaïs, élève de 15 ans, raconte qu'"au moindre bruit, au moindre coup de feu ou à la moindre explosion près de la ville, on se dit que l'armée (israélienne) ou les colons ont attaqué l'école".

"Parfois l'armée nous harcèle, nous envoie des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes et nous empêche d'aller à l'école", abonde Omar, 12 ans.

L'année scolaire, qui s'est achevée mercredi, a viré "au cauchemar", selon l'Unicef, avec 27,5% des élèves en élémentaire qui ne se sentent pas en sécurité à l'école, selon une étude de l'Unrwa, l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.

Entre le 7 octobre et le 7 mai, 60 élèves mineurs ont été tués, 345 blessés, et 68 écoles visées par des actes de vandalisme, selon le ministère de l'Education palestinien, qui recense 125 élèves détenus. Interrogée sur ces arrestations, l'armée israélienne précise qu'elles s'inscrivent dans ses "activités antiterroristes".

Ce bilan s'est alourdi avec la mort d'un collégien de 15 ans qui évacuait son école à vélo quand une balle l'a fauché le 21 mai lors d'un raid militaire israélien ayant entraîné d'intenses combats avec des groupes armés palestiniens à Jénine (nord de la Cisjordanie).

Décrochage 

A Ourif, en raison d'attaques répétées de colons, les responsables du lycée expliquent avoir rajouté des barbelés sur les clôtures, et une toile à l'entrée contre les jets de pierres qui a coûté l'équivalent de 62.500 euros.

Dans les classes, les lourds rideaux pourpres sont tirés sur les fenêtres barrées d'un double grillage, et des simulations d'évacuation régulièrement menées.

Les élèves ont l'impression d'être "piégés", d'"entrer dans une prison", ce qui "affecte leur état psychologique et leurs résultats scolaires", dit M. Chéhadeh selon qui "la plupart des élèves travailleurs et brillants" sont partis.

D'autres ont abandonné pour aider les parents privés de revenus depuis que la frontière avec Israël leur est fermée.

Ceux qui restent n'ont eu que trois jours par semaine à l'école, le reste se passant à distance sous l'effet combiné de l'insécurité et des finances de l'Autorité palestinienne qui ne permettent pas le versement de salaires complets aux enseignants.

Or, tous les élèves n'ont pas d'appareil ni de connexion internet suffisants pour étudier correctement, relève Refat Sabbah, fondateur de l'ONG Teacher Creativity Center, inquiet que dans les béances d'une éducation entravée ne s'immiscent "les voix de la radicalisation".

Alors que les vacances d'été débutent jeudi, pour trois mois, "la vraie question est de savoir quelle alternative est offerte à ces enfants qui restent dans la rue et continuent à être témoins de ce type de violence", s'interrogeait fin mai le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini.


Le prince William arrive à AlUla pour la prochaine étape de sa tournée en Arabie saoudite

Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite. (SPA)
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  • Accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine

ALULA : Le prince William de Grande-Bretagne est arrivé mardi à AlUla pour la prochaine étape de sa visite officielle en Arabie saoudite, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Il a été accueilli à l’aéroport international d’AlUla par le prince Salmane ben Sultane ben Abdulaziz, gouverneur de la région de Médine.

Le comité d’accueil comprenait également le général de division Yousef ben Abdullah Al-Zahrani, directeur de la police régionale, Ibrahim ben Abdullah Barri, directeur du Bureau du protocole royal, ainsi que d’autres hauts responsables.

Plus tôt mardi, le prince William s’était rendu à Riyad, où il a rencontré des joueuses de football, joué aux jeux vidéo et échangé avec des clients dans un café.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.