Russie: le procès du journaliste Evan Gershkovich accusé d'espionnage débutera le 26 juin

Ci-dessus, le journaliste américain Evan Gershkovich dans la cage d'un accusé après une audience d'examen d'un appel concernant sa détention provisoire prolongée devant un tribunal de Moscou le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
Ci-dessus, le journaliste américain Evan Gershkovich dans la cage d'un accusé après une audience d'examen d'un appel concernant sa détention provisoire prolongée devant un tribunal de Moscou le 23 avril 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 17 juin 2024

Russie: le procès du journaliste Evan Gershkovich accusé d'espionnage débutera le 26 juin

  • Les accusations visant Evan Gershkovich sont d'une gravité inédite depuis la fin de l'URSS pour un journaliste étranger
  • Washington accuse Moscou de l'avoir pris en otage pour obtenir un échange, comme cela a été le cas par le passé déjà

MOSCOU: Le procès du journaliste américain Evan Gershkovich, accusé d'avoir collecté des informations sur une usine de chars russes pour le compte de la CIA et incarcéré depuis plus d'un an, débutera le 26 juin à Ekaterinbourg, dans l'Oural.

Le journaliste du Wall Street Journal, âgé de 32 ans, avait été arrêté en mars 2023 par les services de sécurité russes (FSB) lors d'un reportage à Ekaterinbourg, et accusé d'"espionnage", un crime passible de 20 ans de prison.

Lui, ses proches, son employeur et son pays rejettent fermement ces accusations que la Russie n'a jamais étayées, et dénoncent une affaire montée de toutes pièces.

Son procès "se déroulera à huis clos" à Ekaterinbourg, a indiqué lundi le Tribunal régional de Sverdlovsk dans un communiqué, en précisant que "la première audience a été fixée au 26 juin 2024".

Washington et Moscou ont indiqué être en contact pour aboutir à un échange de prisonniers qui permettrait sa libération, mais  aucun accord n'a été trouvé jusqu'à présent.

Les discussions "se poursuivent et doivent continuer dans le plus grand silence", a rappelé lundi à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Le parquet accuse Evan Gershkovich, qui a travaillé pour l'AFP à Moscou entre 2020 et 2021, d'avoir "recueilli des informations secrètes" sur la société Ouralvagonzavod pour le compte de la CIA.

Ouralvagonzavod est l'un des plus grands fabricants d'armements de Russie, qui produit notamment des chars de combat T-90 utilisés en Ukraine et le tank de nouvelle génération Armata, ainsi que des wagons de marchandises.

La Russie n'a jamais présenté publiquement des éléments de preuve contre Evan Gershkovich et l'ensemble de la procédure a été classée secrète.

«Zéro crédibilité»

"Ces accusations ont zéro crédibilité", a déclaré la semaine dernière à la presse le porte-parole du département d'Etat Matthew Miller, en appelant de nouveau à la libération "immédiate" du journaliste.

Les accusations visant Evan Gershkovich sont d'une gravité inédite depuis la fin de l'URSS pour un journaliste étranger.

Washington accuse Moscou de l'avoir pris en otage pour obtenir un échange, comme cela a été le cas par le passé déjà.

Le président russe Vladimir Poutine s'était dit en effet disposé à échanger le journaliste contre Vadim Krassikov, emprisonné à vie en Allemagne pour l'assassinat d'un ancien commandant de la guerre de Tchétchénie à Berlin en 2019.

Début juin, M. Poutine avait encore indiqué que les contacts étaient "constants" entre la Russie et les Etats-Unis pour parvenir à un accord.

Depuis l'arrestation d'Evan Gershkovich, la justice russe prolonge systématiquement, tous les deux à trois mois, sa détention provisoire dans la prison de Lefortovo, tenue par le FSB à Moscou.

Comme lui, l'ex-marine américain Paul Whelan, emprisonné en Russie depuis 2018, attend aussi un échange et rejette les accusations d'espionnage qui lui ont valu une peine de 16 ans de prison.

Des binationaux ont aussi été récemment arrêtés. La Russo-Américaine Ksenia Karelina a été interpellée en février, accusée de "haute trahison" pour avoir fait un don à l'armée ukrainienne.

Avant elle, une journaliste russo-américaine, Alsu Kurmasheva, travaillant pour le média RFE/RL financé par le Congrès américain, a été arrêtée en octobre 2023. Elle est accusée de diffusion de "fausses informations" sur l'armée russe.

La Russie a aussi placé en détention début juin un ressortissant français, Laurent Vinatier, collaborateur d'une ONG suisse de règlement des conflits et accusé de ne pas s'être enregistré comme un "agent de l'étranger" recueillant des informations sur l'armée russe.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.