Prêt-à-porter : Naf Naf repris par une entreprise turque, près de 90% des emplois sauvés

Une femme passe devant l'entrée d'un magasin de vêtements Naf Naf à Dunkerque, dans le nord de la France, le 25 janvier 2017 . (Photo Philippe Huguen  AFP)
Une femme passe devant l'entrée d'un magasin de vêtements Naf Naf à Dunkerque, dans le nord de la France, le 25 janvier 2017 . (Photo Philippe Huguen AFP)
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Publié le Mardi 18 juin 2024

Prêt-à-porter : Naf Naf repris par une entreprise turque, près de 90% des emplois sauvés

  • La société Migiboy Tekstil a offert plus de 1,5 million d'euros pour reprendre l'iconique enseigne française, en redressement judiciaire depuis septembre dernier
  • Lancée en 1973 par deux frères, Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf acquiert une certaine notoriété en 1983. Sa combinaison en toile de coton déclinée en plusieurs couleurs se vend alors à plus de 3 millions d'exemplaires, rappelle le site de la marque

PARIS : C'est une nouvelle inespérée et rare dans le milieu du prêt-à-porter qui traverse une grave crise en France depuis plus d'un an: Naf Naf, lourdement endetté, vient d'être repris par une entreprise turque qui s'engage à sauvegarder près de 90% des emplois et conserver une centaine de boutiques en propre.

«La CFDT restera vigilante sur le respect des engagements pris par le repreneur et sur la pérennisation de l'enseigne Naf Naf à laquelle tant les salariés que les clientes sont attachés», a réagi mardi le syndicat auprès de l'AFP.

La société Migiboy Tekstil a offert plus de 1,5 million d'euros pour reprendre l'iconique enseigne française, en redressement judiciaire depuis septembre dernier, selon une décision de justice consultée par l'AFP. L'entreprise turque sauve ainsi 521 emplois sur 586 et une centaine de boutiques en France, selon le jugement.

Elle reprend également les filiales en Espagne, en Italie et en Belgique, a souligné la CFDT.

Migiboy Tekstil est basée à Istanbul et emploie environ 750 personnes, peut-on lire sur son site.

Lancée en 1973 par deux frères, Gérard et Patrick Pariente, Naf Naf - en hommage au «petit cochon le plus fort et le plus malin des trois» - acquiert une certaine notoriété en 1983. Sa combinaison en toile de coton déclinée en plusieurs couleurs se vend alors à plus de 3 millions d'exemplaires, rappelle le site de la marque.

Un succès commercial qui prend de l'ampleur dans les années 1990 lorsque la marque lance des campagnes publicitaires très remarquées, avec pour slogan «Le Grand Méchant Look».

Mais en mai 2020, en pleine pandémie de Covid, la marque est placée en redressement judiciaire.

L'entreprise est alors reprise par le groupe franco-turc SY International, qui emploie plus de 1.000 personnes dans le monde, et avait déjà acquis l'enseigne Sinéquanone en 2019.

La marque, qui s'est endettée durant la pandémie, notamment en raison de loyers impayés, est toutefois de nouveau placée en redressement judiciaire en septembre 2023.

- Baisse de fréquentation -

Dans la décision de mardi, le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) observe également que la société a souffert d'«une baisse de fréquentation des zones de chalandises» (centres commerciaux, rues commerçantes...) et de l'effet «de l'inflation et de l'augmentation du coût des matières premières».

En octobre 2023, Naf Naf employait encore 682 salariés en France, possédait 125 boutiques en propre et 69 boutiques affiliées, selon ce même document.

Des premières suppressions d'emplois et fermetures de boutiques étaient intervenues à la suite de l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire de septembre mais cela n'avait pas suffi à redresser l'entreprise. Un appel d'offres avait alors été lancé pour la reprendre en avril.

Camaïeu, Kookaï, Gap France, Don't Call me Jennyfer, André, San Marina, Minelli, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, DPAM, Sergent Major, Princesse Tam Tam, Kaporal, IKKS... Le prêt-à-porter traverse une violente crise depuis plus d'un an.

Elle a été fatale pour certaines marques, qui ont été liquidées, comme Camaïeu en septembre 2022, avec le licenciement de 2.100 salariés qui avait fortement marqué les esprits. Plus récemment, une liquidation a aussi été prononcée pour San Marina et Burton of London.

Certaines entreprises ont coupé dans les effectifs et fermé des magasins, comme Pimkie. D'autres avaient été placées en redressement judiciaire, comme Naf Naf ou Kaporal.

Ces marques ont souffert d'un cocktail détonant : pandémie, inflation, hausse des prix de l'énergie et des matières premières, des loyers et des salaires, ou encore concurrence de la seconde main et des enseignes de «fast fashion».

Selon l'Institut français de la mode (IFM), le volume des ventes dans le secteur de la mode a reculé de 4% en 2023.

«Au moins 4.000 emplois ont été supprimés en 2023», selon le panel Retail Int. pour l’Alliance du commerce, qui rappelle que la mode reste «le premier employeur» du commerce de détail hors alimentaire avec 220.000 salariés en France.

Selon l’observatoire économique de l’IFM, 782 points de vente de chaînes spécialisées ont fermé en 2023, et 191 chez les indépendants.


Grâce à AlUla, les liens culturels entre l'Arabie saoudite et la Chine sortent renforcés

Cet événement souligne le rôle de premier plan joué par AlUla au sein de l'Alliance touristique internationale des villes de la route de la soie, un réseau reliant 63 destinations dans 28 pays, le long d'anciennes routes commerciales.  (Fournie)
Cet événement souligne le rôle de premier plan joué par AlUla au sein de l'Alliance touristique internationale des villes de la route de la soie, un réseau reliant 63 destinations dans 28 pays, le long d'anciennes routes commerciales. (Fournie)
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  • Ces événements ont souligné le rôle prépondérant d'Al-Ula au sein de l'Alliance touristique internationale des villes de la route de la soie.
  • Ce partenariat vise à renforcer les connaissances et les ressources partagées, en mettant l'accent sur l'archéologie, la préservation du patrimoine culturel, les musées.

RIYADH : L'Arabie saoudite et la Chine ont approfondi leurs liens culturels grâce à la participation de la Commission royale pour AlUla à des forums mondiaux importants à Istanbul et à Luoyang.  

La CRU a participé au Dialogue de la Route de la Soie et au Forum international des anciennes capitales afin de renforcer la collaboration et de présenter AlUla comme le « plus grand musée vivant » du monde. 

Ces événements, qui se sont déroulés du 27 au 30 juin, ont souligné le rôle prépondérant d'Al-Ula au sein de l'Alliance touristique internationale des villes de la route de la soie, un réseau reliant 63 destinations dans 28 pays le long des anciennes routes commerciales.  

Les forums ont permis de développer les partenariats culturels entre la Chine et l'Arabie saoudite et d'organiser des visites officielles à AlUla. 

La stratégie de l'Arabie saoudite en matière de tourisme, axée sur le riche patrimoine d'Al-Ula, est devenue la pierre angulaire du renforcement des liens culturels et économiques avec la Chine, illustrant l'engagement du Royaume à tirer parti de ses atouts historiques pour favoriser les partenariats internationaux. 

Lors du Forum international des anciennes capitales, des réunions de haut niveau ont été organisées avec des responsables de Luoyang sur le tourisme, l'agriculture, la conservation et le développement urbain, ce qui a permis d'explorer de nouveaux domaines de coopération entre les deux nations. 

« La Commission royale pour Al-Ula continue de s'appuyer sur les fondements profondément ancrés du partenariat culturel qui existe entre la Chine, le Royaume et l'Arabie du Nord-Ouest », a déclaré un porte-parole de la Commission royale pour Al-Ula dans un communiqué. 

Le porte-parole a ajouté : « Le dialogue sur la route de la soie et le forum international des anciennes capitales ont représenté des occasions passionnantes de développer de nouvelles voies de collaboration, en mettant l'accent sur le développement de l'échange de connaissances et la promotion du tourisme, avec diverses initiatives fondées sur notre statut commun de destinations anciennes et de points de repère en développement rapide pour le patrimoine humain ». 

Le forum a été lancé pour favoriser le dialogue et la collaboration entre des villes à l'histoire millénaire. Il facilite également un accord signé plus tôt cette année entre AlUla et ses partenaires chinois de l'administration provinciale du patrimoine culturel du Henan.  

Ce partenariat vise à renforcer les connaissances et les ressources partagées, en mettant l'accent sur l'archéologie, la préservation du patrimoine culturel, les musées et la collaboration en matière de recherche, ainsi que sur le développement des talents, le tourisme et d'autres échanges culturels. 

Il comprend également la création d'un laboratoire archéologique axé sur la technologie, la réalisation d'activités de fouilles, la recherche et la promotion des liens entre les sites patrimoniaux d'AlUla et du Henan. 

L'accord prévoit également la mise en œuvre de programmes d'échange collaboratifs, la participation à des expositions et à des événements, et l'utilisation de technologies muséales telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le diverstissement, un secteur de pointe en Arabie saoudite grâce à la Vision 2030

L'Autorité générale pour le divertissement a fait progresser le secteur en organisant une série d'événements dans tout le Royaume, notamment les célébrations de la “Saison du Riyad”. Autorité générale pour le divertissement
L'Autorité générale pour le divertissement a fait progresser le secteur en organisant une série d'événements dans tout le Royaume, notamment les célébrations de la “Saison du Riyad”. Autorité générale pour le divertissement
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  • Aujourd'hui, l'Arabie saoudite est à l'avant-garde des loisirs et du divertissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, sous l'impulsion d'investissements ambitieux et d'initiatives stratégiques dans le cadre de la Vision 2030
  • Depuis l'ouverture de la première salle de cinéma dans le Royaume en 2018, le secteur n'a cessé d'évoluer, l'industrie générant environ 240 millions de dollars en 2023

RIYAD : Lorsque l'Arabie saoudite a lancé l'Autorité générale pour le divertissement en 2016, les personnes sceptiques doutaient de son résultat, car le Royaume n'en était qu'à ses premiers pas dans le secteur.

Aujourd'hui, l'Arabie saoudite est à l'avant-garde des loisirs et du divertissement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, sous l'impulsion d'investissements ambitieux et d'initiatives stratégiques dans le cadre de la Vision 2030.

Dans le cadre de ce programme, le Royaume vise à investir 64 milliards de dollars dans l'industrie d'ici la fin de la décennie, accompagnés de la création de plus de 100 000 emplois.

Des complexes de divertissement partout dans les grandes villes, au secteur cinématographique florissant, l'Arabie saoudite illustre comment des politiques réglementaires déterminées peuvent transformer une industrie naissante en un pilier de la croissance économique et du développement culturel. 

“Sous l'impulsion du lancement de Vision 2030, le domaine du divertissement en Arabie saoudite s'est rapidement développé”, a déclaré Devanshu Mathur, directeur général et associé du Boston Consulting Group. 

“Cette transformation a été initiée par la réouverture des cinémas à travers le Royaume en 2018, suivie par l'établissement de diverses offres de divertissement en 2019, telles que Saudi Seasons et Boulevard Riyadh City, et l'introduction d'événements annuels de musique en direct tels que MDL Beast”.

L'expansion de SEVEN

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Des centres de divertissement sur le thème de Play-Doh seront déployés dans tout le Royaume. Fichier/fourni

La création de Saudi Entertainment Ventures, également connue sous le nom de SEVEN, en 2017, a marqué une étape décisive dans le parcours de l'Arabie saoudite en matière de divertissement.

Soutenue par le Fonds d'investissement public du Royaume, la société est prête à investir 13,3 milliards de dollars avec des partenaires internationaux pour développer 21 destinations de divertissement complètes comprenant plus de 150 attractions dans 14 villes saoudiennes d'ici la fin de la décennie.

En 2023, SEVEN a acquis les 85 écrans de cinéma d'AMC Entertainment Holdings en Arabie saoudite, renforçant ainsi son engagement à améliorer le paysage cinématographique du Royaume.

“L'acquisition de la participation d'AMC en Arabie saoudite reflète la stratégie à long terme de SEVEN visant à offrir des expériences inégalées aux habitants et aux visiteurs du Royaume et à contribuer aux objectifs de la Vision 2030”, a déclaré Abdullah Al-Dawood, président de SEVEN, à l'époque.

La même année, la société a également signé un accord historique avec Hasbro Inc. pour introduire des centres de divertissement sur le thème de Play-Doh dans tout le pays, dans le but d'encourager la créativité chez les enfants tout en offrant des expériences familiales attrayantes.

Al-Dawood a ajouté : “Les enfants pourront apprendre tout en s'amusant dans nos centres Play-Doh situés dans SEPT destinations de divertissement”.

Les centres comprendront des espaces de jeu à plusieurs niveaux, des stations de créativité et des espaces de découverte sensorielle, ainsi qu'un café pour permettre aux parents de passer le temps.

“SEVEN est actuellement à un stade avancé de développement. Cette initiative se centre sur le développement d'expériences de divertissement innovantes dans plusieurs régions de l'Arabie saoudite, ciblant les résidents et les touristes nationaux”, a déclaré Mathur du Boston Consulting Group. 

En mai, la société Qiddiya Investment Co., détenue par PIF, a fusionné avec SEVEN dans le cadre de la stratégie plus large de l'Arabie saoudite visant à améliorer son écosystème de divertissement et à accélérer la construction du projet de plusieurs milliards de dollars. 

Commentant l'incorporation, Al-Dawood a déclaré à l'époque que cette mesure soutenait leurs efforts visant à promouvoir une culture du jeu et de la joie parmi tous les membres de la société, y compris les citoyens, les résidents et les visiteurs, contribuant ainsi de manière positive au bien-être de la société. 

Il a ajouté : “Cette démarche vise également à cultiver les connaissances, les compétences et la créativité des individus, dans le but de créer un nouveau concept d'amusement et d'améliorer la qualité de vie grâce au développement d'un système de divertissement nouveau et intégré”.

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Devanshu Mathur, directeur général et associé du Boston Consulting Group. Fourni

Évolution cinématographique

Depuis l'ouverture de la première salle de cinéma dans le Royaume en 2018, le secteur n'a cessé d'évoluer, l'industrie générant environ 240 millions de dollars en 2023. 

Mathur explique : “Le nombre d'écrans de cinéma en Arabie saoudite a bondi de zéro à plus de 600, reflétant une croissance substantielle des infrastructures. Le marché du cinéma a vu l'entrée de nombreux acteurs mondiaux et régionaux dans le Royaume”.

Il a ajouté : “Le marché du box-office en Arabie saoudite est le 15e au monde”.

En outre, en 2020, l'Arabie saoudite a été le seul marché cinématographique au monde à enregistrer des gains au box-office, en doublant avec succès le nombre de salles de cinéma malgré les défis posés par la pandémie de COVID-19.

“L'expansion des cinémas s'étend au-delà des grandes villes pour inclure 22 villes à travers le Royaume. Ces développements soulignent les progrès rapides de l'Arabie saoudite dans l'établissement d'une industrie cinématographique robuste et prospère”, a ajouté Mathur.  

En février, MEFIC Capital a lancé le Fonds cinématographique saoudien avec une injection de capital de 100 millions de dollars, dont 40 pour cent proviennent du Fonds de développement culturel de l'Arabie saoudite. 

Cette initiative vise à élever les productions locales au niveau des normes internationales et constitue le premier investissement du Fonds culturel.

Opportunités mondiales

Selon une analyse du Boston Consulting Group, les entreprises étrangères qui cherchent à entrer dans le secteur du divertissement en Arabie saoudite ont de vastes possibilités en raison du stade naissant de l'industrie.

Le cabinet de conseil a mis en évidence des opportunités sur l'ensemble de la chaîne de valeur du marché du divertissement du Royaume, de la conception et du développement à l'exploitation. 

“Certaines entreprises ont importé leurs marques et concepts de divertissement existants sur le marché saoudien, en tirant parti de leur réputation et de leur expertise opérationnelle”, a déclaré Mathur.  

Parmi les exemples notables, citons les cinémas VOX et les centres de divertissement Magic Planet de Majid Al Futtaim, qui ont introduit avec succès leurs marques renommées dans le Royaume.

Il a ajouté : “Certaines entreprises et marques cherchent à s'associer à des sociétés de développement locales et à obtenir des licences pour leurs propriétés intellectuelles afin de tirer parti de leur popularité tout en élargissant leur marché. Un exemple serait ce que nous observons avec Dragon Ball à Qiddiya City ou Mattel avec SEVEN”.

Le Boston Consulting Group a noté que le secteur du divertissement en Arabie saoudite est prêt à connaître une croissance significative avec des projets majeurs tels que Qiddiya City, une vaste destination de divertissement, de sport et de culture près de Riyad. 

Cette destination comprendra des atouts tels que les parcs à thème Dragon Ball et Six Flags, le plus grand parc aquatique du Moyen-Orient et de nombreuses autres attractions de classe mondiale. 

“Ces sites devraient attirer des millions de visiteurs chaque année, y compris des résidents et des touristes nationaux et internationaux, faisant de l'Arabie saoudite un centre de divertissement mondial”, a conclu le Boston Consulting Group.

La transformation rapide de l'Arabie saoudite en un centre mondial du divertissement souligne son engagement en faveur de la diversification économique et de la croissance culturelle.

Avec des projets ambitieux tels que Qiddiya City et les développements étendus de SEVEN, le Royaume est prêt à attirer des millions de visiteurs, renforçant ainsi sa position de leader dans l'industrie du divertissement.

Cette vision stratégique améliore non seulement la qualité de vie de ses citoyens, mais positionne également l'Arabie saoudite comme une destination de choix pour les divertissements et les loisirs à l'échelle mondiale.


Arabie saoudite: Le FMI salue les recalibrages des projets de la Vision 2030

Selon un récent rapport de Bloomberg News, le Royaume est en train de revoir ses principaux projets, de redéfinir les priorités en matière de dépenses, de détourner des fonds et d'ajuster les budgets. (AFP)
Selon un récent rapport de Bloomberg News, le Royaume est en train de revoir ses principaux projets, de redéfinir les priorités en matière de dépenses, de détourner des fonds et d'ajuster les budgets. (AFP)
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  • Le FMI salue les recalibrages saoudiens sur les projets de Vision 2030
  • La révision par le FMI de la production économique de l'Arabie saoudite est largement due aux réductions de la production de pétrole

RIYAD: Le Fonds monétaire international a salué les récents recalibrages et ajustements effectués par l'Arabie saoudite sur certains de ses mégaprojets dans le cadre de Vision 2030.

"Nous sommes presque à mi-parcours de Vision 2030", a déclaré Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, et "ces recalibrages font partie de la révision classique de toute stratégie à moyen terme".

Selon un récent rapport de Bloomberg News, le Royaume est en train de revoir ses principaux projets, de redéfinir les priorités en matière de dépenses, de détourner des fonds et d'ajuster les budgets. En mai, Reuters a également rapporté que le Fonds d'investissement public "envisage une réorganisation qui comprend la redéfinition des priorités en matière de projets et l'examen de certaines dépenses".

M. Azour a déclaré que ces mesures étaient bien accueillies par le FMI, car les autorités saoudiennes sont en train d'examiner et de recalibrer leurs programmes d'investissement.
"Ce qui stimule la croissance non pétrolière de l'économie saoudienne, c'est un mélange d'augmentation de la demande, l'impact des réformes structurelles qui ont, par exemple, amélioré l'activité économique mais aussi les indicateurs d'emploi, nous avons vu un doublement de la participation des femmes dans l'économie, (et) une baisse du chômage", a déclaré M. Azour lors d'un entretien avec Joumanna Bercetche dans le cadre de l'émission Horizons Middle East and Africa de Bloomberg.

Les réformes structurelles, les investissements et l'augmentation de la demande grâce à l'ouverture d'un certain nombre de nouveaux secteurs sont les moteurs de la croissance économique, a-t-il ajouté.

"La gestion de l'économie, la capacité à maintenir les prix sous contrôle et la traduction de la croissance économique en création d'emplois sont des pas dans la bonne direction pour accélérer la diversification de l'économie et augmenter la taille du secteur non pétrolier", a-t-il également déclaré.

En début de semaine, le FMI a revu à la baisse la croissance économique du Royaume de près d'un point de pourcentage, la ramenant à 1,7 % cette année, soit une baisse de 0,9 point de pourcentage par rapport à la prévision précédente de l'agence en avril, qui était de 2,6 %.

Dans sa mise à jour des Perspectives de l'économie mondiale, le FMI a également révisé l'augmentation de la production du pays à 4,7 % l'année prochaine, soit une baisse de 1,3 point de pourcentage par rapport à sa prévision d'avril qui était de 6 %.

Lorsque nous examinons l'activité économique non pétrolière, nous constatons qu'elle continue de croître à des taux sains et, en moyenne, nous nous attendons à ce qu'elle dépasse les 4 % à moyen terme", a déclaré M. Azour, ajoutant : "L'inflation est toujours faible et le taux de chômage est élevé : "L'inflation reste faible et a été légèrement revue à la baisse (à) 1,7 % cette année, ce qui constitue un très bon contrôle des prix et nous nous attendons à ce que l'inflation reste aux alentours de 1,9 à 2 % à moyen terme.

Il a déclaré que la principale raison de la révision du FMI est due à l'accord de l'OPEP+ pour limiter la production de pétrole, qui a été prolongé jusqu'en septembre 2025, et à la réduction progressive des réductions volontaires de production du Royaume.

En juin, le groupe a accepté de prolonger la plupart de ses réductions importantes de la production de pétrole jusqu'en 2024 et de commencer à les supprimer progressivement l'année prochaine. Les pays membres ont commencé à réduire leur production de 5,86 millions de barils par jour, soit environ 5,7 % de la demande mondiale.

"Nous avons dû revoir techniquement la croissance du secteur pétrolier, et pour le secteur non pétrolier, je dirais que le niveau de croissance est toujours plus élevé que la croissance mondiale. Nous prévoyons une croissance de 3,7 % pour le secteur non pétrolier cette année et, à moyen terme, nous nous attendons à ce que le secteur non pétrolier connaisse une croissance supérieure à 4 %.

Le FMI prévoit que la croissance mondiale atteindra 3,2 % cette année et 3,3 % l'année prochaine, tandis que la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord devrait croître de 2,2 % cette année, soit un demi-point de pourcentage de moins qu'il y a trois mois.

M. Azour a reconnu que l'instabilité dans la région et les tensions géopolitiques ont un impact important sur l'activité économique, notamment la guerre à Gaza et les attaques contre les navires qui perturbent les routes commerciales de la mer Rouge et du canal de Suez.

"Nous considérons toujours cela comme une menace, en particulier à cause de l'insécurité qui a affecté le commerce qui passe habituellement par la mer Rouge et le canal de Suez et qui a légèrement affecté l'activité économique d'un certain nombre de pays qui bénéficient de ce flux commercial", a-t-il déclaré.

Le FMI constate que le volume du commerce a diminué de manière drastique à travers la mer Rouge, en particulier pour le transport maritime par conteneurs, où les deux tiers du commerce ont chuté par rapport à la même période l'année dernière, a déclaré M. Azour, ajoutant que l'agence a également constaté une légère augmentation du coût du transport.


"Nous avons constaté une réponse rapide et un haut niveau de flexibilité pour s'adapter à cette situation, ce qui n'a pas entraîné de perturbation dans le secteur du pétrole et du gaz, ce qui a permis de stabiliser le marché et de réduire le niveau de volatilité que nous avons connu au cours des premières semaines de la guerre à Gaza", a-t-il déclaré.

Les marchés du pétrole et du gaz et les marchés financiers se sont rétablis après une courte période de volatilité, a également déclaré M. Azour, mais "dans les deux cas, ils dépendent maintenant beaucoup plus de l'évolution mondiale de l'offre et de la demande de pétrole, et pour les marchés, ils sont maintenant beaucoup plus liés à l'évolution des marchés financiers internationaux".

Ces commentaires ont été faits alors que le ministre de l'économie et de la planification, Faisal Alibrahim, a rencontré la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, à Riyad, pour discuter des "perspectives de croissance mondiale et régionale à la lumière des derniers développements économiques", a déclaré le ministère dans un communiqué.

Ils ont également passé en revue les principaux développements et tendances de l'économie locale et discuté du renforcement de la coopération entre le Royaume et le Fonds.

Il a également eu des entretiens séparés avec M. Azour et l'économiste en chef du FMI, M. Pierre-Olivier Gourinchas.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com