Les noces d’Ambani mettent en lumière l’industrie du mariage en Inde, valorisée à plusieurs milliards de dollars

Le marié Anant Ambani pose pour des photos avec Akash Ambani, Shloka Mehta, Mukesh Ambani, Isha Ambani et Anand Piramal sur le tapis rouge le jour de son mariage avec Radhika Merchant à Mumbai, Inde, 12 juillet 2024. (Photo: Reuters)
Le marié Anant Ambani pose pour des photos avec Akash Ambani, Shloka Mehta, Mukesh Ambani, Isha Ambani et Anand Piramal sur le tapis rouge le jour de son mariage avec Radhika Merchant à Mumbai, Inde, 12 juillet 2024. (Photo: Reuters)
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Publié le Samedi 13 juillet 2024

Les noces d’Ambani mettent en lumière l’industrie du mariage en Inde, valorisée à plusieurs milliards de dollars

  • Des vedettes et des élites internationales ont afflué à Mumbai pour la plus extravagante des célébrations de milliardaires
  • Des dignitaires et des célébrités du monde entier affluent à Mumbai pour assister à la cérémonie de quatre jours, entraînant la fermeture de certaines parties de la ville

NEW DELHI : Après quatre mois d’événements somptueux mettant en lumière l’industrie du mariage en Inde, valorisée à plusieurs milliards de dollars, les noces du fils de l’homme le plus riche d’Asie ont atteint leur apogée vendredi. Des vedettes et des élites internationales ont afflué à Mumbai pour la plus extravagante des célébrations de milliardaires.

Les célébrations qui ont précédé le mariage du plus jeune fils de Mukesh Ambani, Anant Ambani, 29 ans, avec Radhika Merchant, fille d’un magnat de l’industrie pharmaceutique, ont été marquées par des moments inoubliables : une sérénade donnée par Andrea Bocelli, Rihanna et Justin Bieber, une croisière de luxe le long de la côte italienne, un spectacle de lumières réalisé par 5 500 drones à Cannes et une fête safari sur le thème de la jungle dans le Gujarat, en Inde.

Le père du marié, président de Reliance Industries - la plus grande entreprise du secteur privé en Inde - est le dixième homme le plus riche du monde.

L’étalage de sa fortune à l’occasion du mariage a établi un nouveau seuil pour le secteur, qui représente environ 130 milliards de dollars, selon un rapport publié le mois dernier par la banque d’investissement internationale Jefferies.

L’industrie du mariage en Inde est la deuxième plus importante du pays, après celle de l’alimentation et des produits d’épicerie.

“L’industrie du mariage en Inde est l’un des marchés les plus importants et les plus lucratifs au monde. L’Inde accueille environ 10 millions de mariages chaque année, avec des échelles et des budgets variés”, a déclaré Simran S. Kohli, organisatrice de mariages et fondatrice de Love Me Knot Weddings, à Arab News.

“Le mariage Ambani est un excellent exemple de l’extravagance et de la grandeur que l’on peut atteindre”.

La présence d’un grand nombre de milliardaires, de dirigeants mondiaux et de stars de Bollywood et d’Hollywood, ainsi que l’attention portée par les médias internationaux à tous les événements nuptiaux, montrent également que l’attrait et la grandeur légendaires des mariages en Inde ne se dissipent jamais.

“La participation de célébrités internationales, d’artistes et d’invités reflète l’influence et la dimension mondiales de l’industrie du mariage en Inde”, a déclaré Mme. Kohli.

“Les mariages en Inde peuvent repousser les limites de la créativité et de l’extravagance”.

Des dignitaires et des célébrités du monde entier affluent à Mumbai pour assister à la cérémonie de quatre jours, entraînant la fermeture de certaines parties de la ville.

“Mumbai est fermée depuis près de trois jours dans les zones où se déroule le mariage. Des restrictions spéciales ont été imposées en faveur des personnalités”, a déclaré Suneer Jain, directeur de Oh Vow Weddings.

“Le mariage d’Ambani rappelle les grands mariages Mughal auxquels participaient des milliers de chevaux et d’éléphants. Aujourd’hui, les éléphants ont été remplacés par des artistes. Les Ambanis ont établi une nouvelle norme pour les mariages en invitant de nombreux artistes internationaux à venir performer”.

Bien que le coût de la célébration ait été estimé à 600 millions de dollars, rien que pour la liste des artistes, M. Jain estime qu’il pourrait être bien plus élevé.

“Les dépenses liées au mariage d’Ambani dépasseraient largement ce que nous pouvons imaginer. Engager un artiste international n’est pas seulement une question de cachet, c’est aussi une question de confort, d’hospitalité, et de fournir tout ce qu’il faut à son équipe. Cela implique des coûts énormes dans de nombreux autres aspects.”

Ce mariage a tellement élevé le niveau qu’il sera difficile pour les prochains mariages de célébrités de le surpasser et d’organiser des noces à une échelle encore plus grande.

C’est une question de prestige pour les familles en Inde.

“C’est un événement marquant. Nous économisons seulement pour deux raisons dans la vie : pour posséder notre propre maison et pour les mariages,” a déclaré M. Jain à Arab News.

“Lorsque les gens voient le mariage d’Ambani, ils supposent que le prochain super mariage sera d’une ampleur encore plus grande. Cela montre clairement que personne ne veut organiser un mariage ordinaire, mais que tout le monde aspire à un mariage grandiose.”

Tout le monde souhaite également assister aux mariages en Inde, car ils constituent une part essentielle de la culture indienne et jouent un rôle majeur dans le développement d’autres secteurs tels que le divertissement, la mode, le stylisme et les voyages.

“Certains créent des spectacles, d’autres effectuent des travaux manuels, d’autres encore s’occupent des fleurs, d’autres enfin du traitement des tissus. Certains travaillent sur la strucure, d’autres sont transporteurs, gérants, concepteurs, ingénieurs du son, artistes. Beaucoup de gens trouvent un emploi grâce à cela”, a déclaré Rajat Tyagi, directeur de Weddings Flowers Decor India.

Un mariage en Inde n’est jamais une affaire peu coûteuse. Une “cérémonie convenable” organisée par la société de Tyagi dans un lieu local coûte environ 45 000 dollars.

“En tant qu’Indiens, nous sommes une société brillante, vivante, diversifiée et bruyante. Nous ne sommes pas ennuyeux. Si nous avons un style, pourquoi ne pas le montrer ?”, a-t-il déclaré.

“Même si vous vous rendez dans un des villages les plus pauvres, vous trouverez les femmes maquillées. C’est comme si nous étions conçus de cette manière, notre héritage est modelé de cette façon. Nous aimons nous montrer.”

Pour M. Tyagi, la démonstration faite par la famille Ambani n’est pas seulement un événement record, mais aussi une preuve de la croissance de l’Inde.

“En fin de compte, Mukesh Ambani est également un entrepreneur indien, ce qui montre que l’Inde n’est pas seulement un pays de charmeurs de serpents. Elle compte désormais des personnes capables de faire venir des artistes internationaux et de dépenser autant”, a-t-il déclaré.

“Cela démontre le potentiel de l'industrie du mariage en Inde et prouve également le potentiel des Indiens à l'échelle mondiale”.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.