Le Hamas dénonce 57 morts dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza

L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a déclaré dans un message sur X qu'il faudrait 15 ans pour déblayer environ 40 millions de tonnes de décombres de guerre dans la bande de Gaza. (Reuters)
L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a déclaré dans un message sur X qu'il faudrait 15 ans pour déblayer environ 40 millions de tonnes de décombres de guerre dans la bande de Gaza. (Reuters)
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Publié le Mercredi 17 juillet 2024

Le Hamas dénonce 57 morts dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza

  • Israël a multiplié mardi les frappes sur la bande de Gaza, où cinq bombardements, notamment sur une école abritant des déplacés, ont fait 57 morts, selon les autorités locales
  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l'armée devait "augmenter encore la pression sur le Hamas"

GAZA: Israël a multiplié mardi les frappes sur la bande de Gaza, où cinq bombardements, notamment sur une école abritant des déplacés, ont fait 57 morts, selon les autorités locales, après des critiques américaines sur le nombre élevé de victimes civiles.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que l'armée devait "augmenter encore la pression sur le Hamas", auteur d'une attaque sans précédent le 7 octobre contre Israël, qui a déclenché la guerre dans le territoire palestinien.

Le mouvement islamiste palestinien "subit une pression croissante parce que nous lui faisons mal, nous éliminons ses hauts commandants et des milliers de ses terroristes. C'est exactement le moment d'augmenter encore la pression", a déclaré M. Netanyahu.

Selon le bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), "de multiples frappes à travers la bande de Gaza" ont fait mardi "des dizaines de morts et de blessés".

L'une d'elles a eu lieu "à quelques centaines de mètres" d'un centre des Nations unies à Deir el-Balah, une localité du centre du territoire qui abrite de nombreux déplacés.

Le département d'Etat américain avait estimé lundi que le nombre de victimes civiles "restait inacceptable" dans la bande de Gaza, où la guerre a fait des dizaines de milliers de morts.

Mardi soir et aux premières heures mercredi, la Défense civile de Gaza, un organisme dépendant du Hamas, a fait état de 57 morts dans cinq frappes israéliennes et de "dizaines de blessés".

Les frappes ont eu lieu à proximité d'une station-service d'Al-Mawasi près de Khan Younès, sur une école administrée par l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) dans le camp de réfugiés de Nousseirat, près d'un rond-point de Beit Lahia, sur une maison d'Al-Zawaida et enfin sur une mosquée du même camp de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, selon la Défense civile.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué avoir visé "des terroristes se servant d'une école de l'Unrwa dans la région de Nousseirat" et "un chef de compagnie" du Jihad islamique "dans l'ouest de Khan Younès".

L'armée assure avoir pris de "nombreuses mesures" pour réduire le risque de toucher des civils dans la frappe contre l'école et a accusé une nouvelle fois le Hamas de s'abriter derrière les civils et de se servir de la population comme d'un bouclier humain, ce que le Hamas dément régulièrement.

Des centaines de milliers de personnes se sont déplacées au gré de l'avancée des combats, et souvent plusieurs fois depuis le début de la guerre, selon des estimations des Nations unies.

Beaucoup s'abritent dans des bâtiments, notamment des écoles, mais aussi des cours de dispensaires ou d'hôpitaux.

- "Bilan humain catastrophique" -

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza, dont 42 sont mortes, selon l'armée.

En riposte, Israël a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 38.713 morts, en majorité des civils, d'après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.

Benjamin Netanyahu affirme vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza et classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, et la libération de tous les otages.

Dénonçant des "massacres" commis par Israël "contre des civils non armés", un dirigeant du Hamas a annoncé dimanche que le mouvement suspendait sa participation aux négociations indirectes en vue d'un cessez-le-feu, mais était "prêt" à revenir à ces discussions lorsque le gouvernement israélien ferait preuve d'une "volonté sérieuse" d'aboutir.

Samedi, une frappe israélienne avait fait 92 morts, selon le Hamas, dans le secteur d'Al-Mawasi, désigné depuis plusieurs mois "zone humanitaire" par Israël.

L'armée israélienne avait affirmé y avoir visé deux chefs militaires du Hamas.

La diplomatie française a dénoncé mardi "les frappes de ces derniers jours" qui "alourdissent le bilan humain catastrophique parmi la population civile".

Plusieurs ONG, parmi lesquelles Médecins Sans Frontières et Médecins du monde, ont dénoncé les "massacres" dans des "zones de sécurité".

- Situation "urgente" -

Ces frappes "aggravent la catastrophe humanitaire" tandis que les ONG continuent "de se heurter aux obstacles imposés par la poursuite des opérations militaires" israéliennes, a déploré lundi soir MSF.

La prise du point de passage de Rafah, à la frontière égyptienne, par les Israéliens début mai a provoqué un "arrêt complet" de l'acheminement de l'aide, d'après les ONG qui affirment que 50% des foyers sont classés en situation "urgente" pour risque de famine dans le nord du territoire.

Israël accuse l'ONU d'être responsable du blocage des livraisons d'aide.

L'ONU dénonce notamment les obstacles mis par Israël à l'entrée et à la distribution du carburant, indispensable au fonctionnement des générateurs dans la bande de Gaza, assiégée et privée d'électricité depuis plus de neuf mois.

L'ONU a indiqué mardi avoir pu récupérer ces deux dernières semaines environ 80.000 litres de carburant chaque jour afin de les distribuer dans le territoire, alors que "400.000 litres par jour sont nécessaires pour les opérations humanitaires de base".


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.