Les Houthis et le gouvernement conviennent de mettre fin aux hostilités économiques et d'augmenter les vols de Yemenia

Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a conclu un accord avec les Houthis, facilité par l'Arabie saoudite, pour lever les sanctions économiques et augmenter le nombre de vols de Yemenia Airways au départ de Sanaa, ville tenue par les Houthis. (AFP)
Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen a conclu un accord avec les Houthis, facilité par l'Arabie saoudite, pour lever les sanctions économiques et augmenter le nombre de vols de Yemenia Airways au départ de Sanaa, ville tenue par les Houthis. (AFP)
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Publié le Mercredi 24 juillet 2024

Les Houthis et le gouvernement conviennent de mettre fin aux hostilités économiques et d'augmenter les vols de Yemenia

  • L'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, se félicite de l'accord et reconnaît le "rôle important" de l'Arabie saoudite dans sa réalisation.
  • À la suite de cette annonce surprise, M. Grundberg a déclaré que les Nations unies étaient prêtes à travailler avec toutes les parties pour mettre en œuvre les mesures convenues.

AL-MUKALLA : Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen est parvenu à un accord avec les Houthis, facilité par l'Arabie saoudite, pour lever les sanctions économiques et augmenter le nombre de vols de Yemenia Airways depuis Sanaa, ville tenue par les Houthis.

Hans Grundberg, l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, a déclaré que les deux parties avaient convenu d'atténuer les hostilités économiques en annulant les mesures les plus récentes prises à l'encontre des banques dans les zones contrôlées par l'autre partie et qu'elles s'étaient engagées à mettre fin à toutes les mesures de ce type à l'avenir.

Les deux parties ont convenu d'augmenter la fréquence des vols de la compagnie nationale Yemenia entre Sanaa et la Jordanie, de un à trois par jour, et d'introduire des vols quotidiens entre la capitale et Le Caire et l'Inde. En outre, les deux parties discuteront des questions administratives, technologiques et budgétaires liées à la compagnie aérienne.

Elles s'entretiendront également des défis humanitaires et économiques dans le cadre d'un plan de paix proposé par l'ONU et connu sous le nom de "feuille de route".

À la suite de cette annonce surprise, M. Grundberg a déclaré que les Nations unies étaient prêtes à travailler avec toutes les parties pour mettre en œuvre les mesures convenues. Il a également "reconnu le rôle important joué par le Royaume d'Arabie saoudite dans la conclusion de cet accord".

Le conflit économique entre le gouvernement et les Houthis s'est aggravé ces dernières semaines lorsque la Banque centrale du gouvernement a sanctionné six banques à Sanaa, ville tenue par les Houthis, et leur a retiré leur licence après qu'elles ont refusé de transférer leur siège de Sanaa à Aden, bastion du gouvernement. La Banque centrale a également retiré les billets de banque imprimés avant 2016, qui étaient largement utilisés dans les zones contrôlées par les Houthis, et a fermé les sociétés de change.

Les sanctions économiques ont été introduites après que les Houthis ont frappé une nouvelle monnaie cette année, pour la première fois depuis le début de la guerre civile il y a dix ans. Le gouvernement yéménite y a vu une tentative de la milice d'établir une économie autonome. Le gouvernement a également ordonné aux entreprises yéménites et aux sociétés de télécommunications de transférer leur siège à Aden.

Afin de faire pression sur le gouvernement pour qu'il mette fin à ses sanctions économiques sévères, les Houthis ont pris le contrôle de quatre avions de Yemenia le mois dernier, ont annoncé qu'ils dirigeraient la compagnie aérienne depuis Sanaa et ont menacé de relancer la guerre. Les milices ont précédemment attaqué des terminaux pétroliers dans les provinces de Shabwa et de Hadramout, contrôlées par le gouvernement, interrompant les exportations de pétrole et empêchant la circulation des billets de banque imprimés par la banque centrale. Elles ont également interdit aux commerçants des zones qu'elles contrôlent d'importer des marchandises par l'intermédiaire du gouvernement et ont bloqué l'importation de gaz en provenance de la ville centrale de Marib.

Le gouvernement yéménite a déclaré qu'il avait allégé ses sanctions économiques et conclu un accord avec les Houthis pour éviter d'exacerber la crise économique dans les zones contrôlées par les milices, en réponse aux demandes des milieux d'affaires et pour se conformer aux efforts de médiation des Nations unies, de la région et de la communauté internationale.

"Le gouvernement réitère sa détermination inébranlable à ne pas soumettre les citoyens yéménites des régions violemment contrôlées par les milices Houthis à des coûts de vie supplémentaires en conséquence des actions unilatérales des militants, et à les autoriser à voyager", a rapporté l'agence de presse officielle SABA.

Toutefois, les détracteurs de l'accord, tels que Kamel Al-Khoudani, du bureau politique de la Résistance nationale yéménite, ont déclaré que le gouvernement avait accédé aux demandes des Houthis concernant les vols supplémentaires et la fin des mesures punitives à l'encontre des banques de Sanaa, alors même que les milices n'avaient pas satisfait à leurs contre-exigences, y compris la reprise des exportations de pétrole.

Ses partisans, comme le journaliste yéménite Sami Al-Kaf, ont affirmé que le gouvernement avait réussi à contraindre les Houthis, qui avaient auparavant rejeté toutes les demandes de participation aux négociations, à accepter des pourparlers économiques.


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.