Raid meurtrier sur le Golan annexé par Israël, le Hezbollah paiera « le prix fort  », affirme Netanyahu

La ville de Majdal Shams, peuplée de Druzes, est située aux confins du nord d'Israël et du sud du Liban, et est frontalière de la Syrie. De nombreux habitants conservent la nationalité syrienne plus d'un demi-siècle après l'occupation du plateau du Golan conquis par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967. (AFP)
La ville de Majdal Shams, peuplée de Druzes, est située aux confins du nord d'Israël et du sud du Liban, et est frontalière de la Syrie. De nombreux habitants conservent la nationalité syrienne plus d'un demi-siècle après l'occupation du plateau du Golan conquis par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967. (AFP)
La ville de Majdal Shams, peuplée de Druzes, est située aux confins du nord d'Israël et du sud du Liban, et est frontalière de la Syrie. De nombreux habitants conservent la nationalité syrienne plus d'un demi-siècle après l'occupation du plateau du Golan conquis par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967. (AFP)
La ville de Majdal Shams, peuplée de Druzes, est située aux confins du nord d'Israël et du sud du Liban, et est frontalière de la Syrie. De nombreux habitants conservent la nationalité syrienne plus d'un demi-siècle après l'occupation du plateau du Golan conquis par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967. (AFP)
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Publié le Dimanche 28 juillet 2024

Raid meurtrier sur le Golan annexé par Israël, le Hezbollah paiera « le prix fort  », affirme Netanyahu

  • Les onze personnes, âgées de 10 à 20 ans, ont été tuées lorsqu'une roquette a touché un terrain de football à Majdal Shams, a indiqué l'armée israélienne, bilan auquel s'ajoutent 19 blessés, selon les secouristes
  • L'armée a imputé le tir meurtrier sur Majdal Shams au mouvement islamiste libanais Hezbollah, qui a de son côté nié en être l'auteur

MAJDAL SHAMS: L'armée israélienne a affirmé qu'une roquette tirée par le Hebzollah depuis le Liban avait tué 12 jeunes sur le plateau du Golan annexé par Israël, une attaque pour laquelle le mouvement islamiste libanais paiera "le prix fort", a affirmé samedi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Dans la bande de Gaza en guerre, une frappe israélienne sur une école a par ailleurs fait 30 morts samedi, d'après le Hamas.

Le Hezbollah, allié du mouvement islamiste palestinien, a nié être l'auteur du tir de roquette sur le plateau du Golan, contre la ville de Majdal Shams.

M. Netanyahu a indiqué qu'Israël ne laisserait "pas cette attaque meurtrière sans réponse" et que le mouvement islamiste en "paierait le prix fort, un prix qu'il n'a jamais payé auparavant", d'après un communiqué de son bureau.

Il a par la suite annoncé qu'il participerait à une réunion de son cabinet de sécurité à son retour d'un déplacement aux Etats-Unis.

 

Golan: Le chef de la diplomatie de l'UE condamne le «  bain de sang  » 

Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell a condamné samedi le "bain de sang" après la mort de 11 personnes sur un terrain de football dans le Golan annexé par Israël, victimes d'une roquette tirée depuis le Liban, et a demandé une enquête indépendante.

"Images choquantes depuis le terrain de football de la ville druze de Majdal Shams. Je condamne fermement ce bain de sang. Nous avons besoin d'une enquête internationale indépendante sur cet incident inacceptable. Nous exhortons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter une nouvelle escalade", a déclaré M. Borrell dans un communiqué publié sur le réseau social X.

 

Selon un nouveau bilan fourni par le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne, l'attaque contre Majdal Shams "a causé la mort de 12 jeunes garçons et filles". Dix-huit autres jeunes ont été blessés, d'après les services d'urgence.

L'ONU a exhorté "les parties à faire preuve de la plus grande retenue", dans une communiqué conjoint de la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert et le chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Aroldo Lazaro.

Une intensification des échanges de tirs "pourrait déclencher une conflagration plus large qui engloutirait toute la région dans une catastrophe inimaginable", ont-ils ajouté.

La Maison Blanche a réagi en réaffirmant le "soutien indéfectible" des Etats-Unis à Israël et en assurant "soutenir les efforts visant à mettre fin à ces terribles attaques". Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell a condamné "ce bain de sang" et réclamé une "enquête internationale indépendante".

Une source sécuritaire libanaise a indiqué à l'AFP qu'un drone israélien avait visé avec deux missiles dans la nuit de samedi à dimanche un hangar et une habitation à Taraiyya, dans l'est du Liban, à une quinzaine de kilomètres de Baalbeck, les détruisant totalement. Cette source n'a pas fait état de victimes.

Le Hezbollah a ouvert, dès le 8 octobre, un front contre Israël à leur frontière commune et échange quotidiennement des tirs avec l'armée israélienne.

Le tir de roquette est intervenu après l'annonce par une source de sécurité libanaise que quatre combattants du Hezbollah, soutenu par l'Iran, avaient été tués par une frappe israélienne dans le sud du Liban.

 

 

Les États-Unis réaffirment leur «  soutien indéfectible » à Israël 

La Maison Blanche a réaffirmé samedi son "soutien indéfectible" à Israël après une attaque à la roquette plus tôt dans la journée sur une ville du Golan annexé par Israël, qui a fait 11 morts.

"Les États-Unis continueront à soutenir les efforts visant à mettre fin à ces terribles attaques", à la frontière entre le Liban et Israël, a déclaré un porte-parole du Conseil national de sécurité, estimant qu'il s'agissait "d'une priorité absolue".

 

Une école visée à Gaza

Malgré les appels internationaux au calme dans la région et au cessez-le-feu dans le territoire palestinien, la guerre se poursuit sans relâche dans la bande de Gaza assiégée.

Dans son centre, "l'école Khadija, qui abritait une unité médicale de fortune dans la région de Deir al-Balah, a été ciblée (par une frappe qui a) fait 30 martyrs et plus de 100 blessés", a déclaré le ministère de la Santé du Hamas dans un communiqué.

"J'ai été choqué par la scène", raconte à l'AFP Moustafa al-Rifati: "les gens volaient, leurs têtes, leurs jambes et leurs mains volaient".

C'est au moins la huitième fois qu'une école est touchée depuis le 6 juillet. Selon la Défense civile de Gaza, la structure abritait environ 4.000 déplacés.

L'armée israélienne a indiqué de son côté avoir ciblé des "terroristes" qui opéraient depuis l'école.

Josep Borrell a condamné cette frappe et le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à réitéré son appel "à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des civils".

 

l'Iran avertit Israël contre "les conséquences" d'une attaque au Liban

L'Iran a mis en garde Israël dimanche contre les "conséquences imprévisibles" de nouvelles "aventures" militaires au Liban, au lendemain d'une attaque meurtrière sur le plateau du Golan annexé par Israël, imputée au Hezbollah libanais soutenu par Téhéran.

"Toute action (...) du régime sioniste peut conduire à l'aggravation de l'instabilité, de l'insécurité et de la guerre dans la région", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, ajoutant qu'Israël serait responsable des "conséquences et des réactions imprévisibles à un tel comportement stupide".

 

Déplacé pour la « cinquième fois »

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes alors enlevées, 111 sont toujours retenues à Gaza, dont 39 sont mortes, selon l'armée.

L'offensive lancée en riposte par Israël a fait au moins 39.258 morts, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas, qui ne donne pas d'indications sur le nombre de civils et de combattants morts.

Ces derniers mois, l'armée israélienne est retournée dans plusieurs zones du territoire palestinien d'où elle avait dit avoir chassé le Hamas, comme à Khan Younès.

Elle a élargi lundi ses opérations dans cette ville du sud de la bande de Gaza après des tirs de roquettes depuis cette zone en direction d'Israël.

Environ 170 personnes y ont été tuées et des centaines blessées en six jours, a indiqué samedi à l'AFP un porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.

Dans ce contexte, l'armée a appelé les habitants de plusieurs quartiers de la ville à évacuer vers al-Mawasi, plus à l'ouest, un secteur désigné "zone humanitaire". Mais les Palestiniens craignent de s'y rendre, la zone ayant déjà été visée par des bombardements israéliens.

Selon l'ONU, plus de 180.000 Palestiniens ont fui Khan Younès depuis lundi. "C'est la cinquième fois que je suis déplacé", confie l'un d'eux à l'AFP.

Quatre personnes ont aussi été tuées samedi et plusieurs blessées à Rafah (sud) par une frappe aérienne, ont indiqué des médecins à l'AFP.

L'armée israélienne a elle déclaré avoir "éliminé des cellules terroristes armées" dans plusieurs secteurs.

La situation sanitaire et humanitaire est désastreuse pour les quelque 2,4 millions d'habitants de Gaza.

Après l'échec de multiples négociations sur une trêve associée à une libération d'otages, une réunion de représentants des médiateurs - Egypte, Etats-Unis, Qatar - avec le chef des renseignements israéliens est prévue dimanche à Rome, selon Al-Qahera News, média proche du renseignement égyptien.

Considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, accuse Benjamin Netanyahu, qui a juré de le détruire, de bloquer tout accord.

Samedi soir à Tel-Aviv, une nouvelle manifestation s'est tenue pour la libération des otages et contre le gouvernement israélien.

Israël dit que le Hezbollah a "franchi toutes les lignes rouges" après l'attaque meurtrière

Le ministère israélien des Affaires étrangères a estimé dimanche que le mouvement islamiste libanais avait "franchi toutes les lignes rouges" après le tir de roquette samedi depuis le Liban sur le plateau du Golan annexé en grande partie par Israël, qui a fait 12 morts.

"Le massacre de samedi constitue le franchissement de toutes les lignes rouges par le Hezbollah. Il ne s'agit pas d'une armée qui combat une autre armée, mais d'une organisation terroriste qui tire délibérément sur des civils", a déclaré Israël Katz dans un communiqué.

 


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.


Libye: des centaines de manifestants contre la présence de migrants dans leurs quartiers

Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
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  • "Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens"
  • De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays

TRIPOLI: Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays.

Après une campagne sur les réseaux sociaux, des centaines de Libyens, cartons rouges à la main symbolisant une demande "d'expulsion", s'étaient donné rendez-vous devant le siège du HCR.

"Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens", ont-ils scandé, appelant aussi à la fermeture des bureaux du HCR qu'ils considèrent responsable de leur présence sur le territoire.

Des pancartes dénonçaient la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni accusée de vouloir obliger la Libye à garder les candidats à l'émigration illégale sur son territoire. "Non à la signature de conventions pour l'installation (de migrants) avec l'Italie", était-il écrit en arabe à côté d'un portrait de Mme Meloni barré d'une croix rouge.

De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays. "Les allégations contraires sont catégoriquement fausses", a-t-elle souligné dans un communiqué jeudi soir, se disant "préoccupée par la propagation de fausses informations, de désinformation et de discours haineux concernant le travail de l'ONU" dans le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux: celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

"Désinformation" 

Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour des migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe par la mer.

A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations, ONU) recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.

La question migratoire provoque souvent des remous dans le pays, alimentés par un discours xénophobe sur les réseaux sociaux.

"L'amour de la patrie n'est pas du racisme!" ou encore "la Libye n'est pas la poubelle du monde", lisait-on sur des pancartes lors du rassemblement jeudi.

Des manifestants faisaient au passage l'amalgame entre les migrants et les réfugiés dont une majorité de Soudanais dont le pays est en proie à une guerre civile.

Les autorités libyennes avaient indiqué en décembre avoir prévu un traitement différencié pour les Soudanais. Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, avait assuré qu'ils bénéficieraient d'un "accès aux soins et aux écoles".

Lundi, le bureau de l'ONU en Libye avait déjà dit noter "avec inquiétude la nouvelle propagation de la désinformation et de discours incendiaires sur les réseaux sociaux", dans un communiqué sur Facebook.

"De tels récits risquent d'alimenter les tensions, la méfiance, la discrimination et la violence, portant ainsi atteinte à la dignité, à la sécurité et au bien-être de la population libyenne", a-t-il ajouté.