Une foule aux funérailles en Iran du chef du Hamas, appels à la vengeance

Une photo fournie par le bureau du chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, montre qu’il dirige la prière sur le cercueil du défunt chef du Hamas, Ismail Haniyeh, et son garde du corps, lors de son cortège funèbre à Téhéran le 1er août 2024(AFP)
Une photo fournie par le bureau du chef suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, montre qu’il dirige la prière sur le cercueil du défunt chef du Hamas, Ismail Haniyeh, et son garde du corps, lors de son cortège funèbre à Téhéran le 1er août 2024(AFP)
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Publié le Jeudi 01 août 2024

Une foule aux funérailles en Iran du chef du Hamas, appels à la vengeance

  • L'Iran et le Hamas ont accusé Israël, leur ennemi juré, et promis de venger sa mort, survenue quelques heures après celle du commandant du Hezbollah libanais Fouad Chokr, tué par une frappe revendiquée par Israël.
  • l'espoir d'une trêve associée à une libération des otages retenus à Gaza reste lointain, Israël ayant juré de détruire le Hamas après l'attaque du 7 octobre sur le sol israélien.

TEHERAN : Une foule en deuil a participé jeudi à Téhéran aux funérailles du chef du mouvement islamiste palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh, tué dans la capitale iranienne par une frappe imputée à Israël, une cérémonie marquée par des appels à venger sa mort.

Près de trois semaines après avoir mené le 13 juillet un raid aérien contre le chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Deif, dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a affirmé, après "une analyse de renseignements", qu'il avait été tué dans l'opération.

Deif a "dirigé, planifié et exécuté", selon l'armée, l'attaque sans précédent du 7 octobre menée par le Hamas contre Israël, qui a déclenché une guerre dévastatrice dans le territoire palestinien. Le Hamas avait, après le raid, affirmé que Deif était en vie.

A l'Université de Téhéran, le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a récité la prière des morts devant les cercueils d'Ismaïl Haniyeh et de son garde du corps couverts du drapeau palestinien. Le chef du Hamas doit être enterré vendredi au Qatar où il vivait en exil.

Portant des portraits de Haniyeh, des milliers de personnes ont assisté à la cérémonie, de même que de hauts responsables dont le président iranien Massoud Pezeshkian ainsi que le chef des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pays, Hossein Salami.

Les cercueils ont été transportés dans un camion décoré de fleurs à travers les rues de Téhéran, où un vaporisateur d'eau installé sur le véhicule rafraîchissait la foule rassemblée sous une forte chaleur.

Mercredi avant l'aube, Ismaïl Haniyeh, 61 ans, a été tué dans l'une des résidences spéciales pour les anciens combattants dans le nord de Téhéran après avoir assisté à la cérémonie d'investiture de M. Pezeshkian. Il a été tué par un "projectile aérien", selon les médias locaux.

L'Iran et le Hamas ont accusé Israël, leur ennemi juré, et promis de venger sa mort, survenue quelques heures après celle du commandant du Hezbollah libanais Fouad Chokr, tué par une frappe revendiquée par Israël mardi soir dans la banlieue sud de Beyrouth.

- "Au bon moment" -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi qu'Israël avait porté "des coups sévères" à ses "ennemis", en mentionnant explicitement l'élimination de Fouad Chokr, mais sans commenter l'attaque de Téhéran.

Aussitôt après l'attaque à Téhéran, le guide suprême iranien a menacé Israël d'un "châtiment sévère". "Il est de notre devoir de venger le sang (de Haniyeh) versé sur le territoire (iranien)."

"Nous mettrons certainement en oeuvre l'ordre du guide suprême", "au bon endroit et au bon moment", a déclaré le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, lors des funérailles.

Egalement présent, un responsable du Hamas, Khalil al-Hayya, a affirmé que les Palestiniens "pourchasseront Israël jusqu'à ce qu'il soit déraciné de la terre de Palestine".

Selon le New York Times citant trois responsables iraniens non identifiés, l'ayatollah Khamenei a, lors d'une réunion d'urgence du Conseil suprême de sécurité nationale mercredi matin, donné l'ordre de frapper directement Israël, en riposte à l'assassinat de Haniyeh.

Le 13 avril, l'Iran a lancé une attaque inédite de drones et de missiles sur le territoire israélien, en représailles à une frappe contre le consulat iranien à Damas le 1er avril, attribuée à Israël. La plupart des projectiles iraniens ont été interceptés avec l'aide des Etats-Unis et d'autres pays.

- 39.480 morts à Gaza selon le Hamas -

Face aux craintes d'un embrasement régional alimenté par un cycle de violences entre l'armée israélienne et les alliés de l'Iran au Liban, au Yémen et en Syrie, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a appelé "toutes les parties" à la désescalade.

"Le Moyen-Orient est sur la voie de la multiplication des conflits (...) Il est essentiel de rompre ce cycle, et cela commence par un cessez-le-feu à Gaza", a-t-il dit.

Mais l'espoir d'une trêve associée à une libération des otages retenus à Gaza reste lointain, Israël ayant juré de détruire le Hamas après l'attaque du 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de 1.197 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes alors enlevées, 111 sont toujours retenues à Gaza, dont 39 sont mortes, selon l'armée.

En riposte, Israël a lancé une offensive d'envergure dans la bande de Gaza assiégée qui a fait 39.480 morts, d'après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas, qui ne donne pas d'indications sur le nombre de civils et de combattants morts.

Jeudi, les bombardements israéliens meurtriers se sont poursuivis dans le territoire palestinien, où le Hamas considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, a pris le pouvoir en 2007.

- Discours de Nasrallah -

Au Liban, le chef du mouvement islamiste libanais Hassan Nasrallah doit prononcer un discours à 17H00 locales (14H00 GMT), après les funérailles de Fouad Chokr, accusé par Israël d'être responsable d'une frappe qui a tué 12 jeunes samedi dernier sur le Golan syrien occupé par Israël.

Face aux craintes d'une guerre à grande échelle, plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers Beyrouth et plusieurs pays ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter le Liban.


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.