L'"axe de la résistance" à Israël prépare une riposte coordonnée mais mesurée

L’économie libanaise était en crise avant même le déclenchement de la pandémie de COVID-19 en 2020. (Reuters)
L’économie libanaise était en crise avant même le déclenchement de la pandémie de COVID-19 en 2020. (Reuters)
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Publié le Jeudi 01 août 2024

L'"axe de la résistance" à Israël prépare une riposte coordonnée mais mesurée

  • "Deux scénarios ont été évoqués, une riposte simultanée de l'Iran et ses alliés ou une réponse échelonnée de chaque partie", a ajouté cette source.
  • Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, "le Hezbollah pourrait ensuite frapper des objectifs civils", pour riposter à la frappe visant son responsable militaire dans laquelle cinq civils ont également été tués.

BEYROUTH : Après les frappes contre le Hamas et le Hezbollah, l'Iran et les formations qui lui sont alliées au Proche-Orient se concertent sur une riposte coordonnée contre Israël, mais leur réponse devrait rester mesurée avec la volonté d'éviter un embrasement régional, estiment des analystes.

Mercredi, une réunion a groupé à Téhéran des responsables iraniens avec des représentants des formations qui leur sont alliées, pour coordonner leur position, selon une source proche du Hezbollah libanais informée de cette réunion, qui a requis l'anonymat.

"Deux scénarios ont été évoqués, une riposte simultanée de l'Iran et ses alliés ou une réponse échelonnée de chaque partie", a ajouté cette source.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait juré mercredi d'infliger un "châtiment sévère" à Israël, accusé d'avoir tué à Téhéran le jour même le chef du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah doit de son côté annoncer sa position dans un discours jeudi après-midi lors des funérailles de Fouad Chokr, le chef militaire de la formation responsable du front avec Israël, tué dans une frappe sur la banlieue de Beyrouth mardi soir.

Le Hamas a lui aussi promis de venger son chef. Les Palestiniens "pourchasseront Israël jusqu'à ce qu'il soit déraciné de la terre de Palestine", a averti un responsable de la formation palestinienne, Khalil al-Hayya, lors des funérailles de Haniyeh jeudi à Téhéran.

- Coordination tactique -

"Il est très probable que la réponse sera coordonnée (..) parmi les acteurs de la résistance", estime l'analyste Amal Saad, experte du Hezbollah.

"Ce qui s'est produit va permettre de renforcer considérablement la coordination tactique entre l'Iran, le Hezbollah, les Houthis, la mobilisation populaire irakienne, le Hamas et le Jihad islamique" palestinien, énumère-t-elle.

Les alliés de l'Iran dont le Hamas et le Hezbollah sont rassemblés par l'Iran au sein de ce qu'il qualifie d'"axe de la résistance" face à Israël.

En Irak, un dirigeant de la Résistance islamique, nébuleuse de mouvements irakiens pro-Iran, a indiqué à l'AFP que l'option la plus probable serait "que l'Iran lance, avec des formations d'Irak, du Yémen et de Syrie, une riposte contre des objectifs militaires israéliens".

Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, "le Hezbollah pourrait ensuite frapper des objectifs civils", pour riposter à la frappe visant son responsable militaire dans laquelle cinq civils ont également été tués.

Ces derniers mois, la "Résistance islamique en Irak" a affirmé avoir ciblé Israël avec des frappes de drones et de roquettes.

Pour leur part, les rebelles houthis mènent depuis novembre des attaques contre des navires présentés comme liés à Israël au large du Yémen, en "soutien" aux Palestiniens dans la guerre dans la bande de Gaza, et ont aussi tiré des missiles contre des villes israéliennes.

- Pas de guerre? -

Dans le même temps, la réponse de l'Iran et de ses supplétifs devrait rester mesurée pour ne pas provoquer une guerre régionale qu'ils veulent éviter, selon des analystes.

"L'Iran et le Hezbollah ne voudront pas jouer le jeu de Netanyahu et lui donner l'appât ou les prétextes dont il a besoin pour entraîner les Etats-Unis dans une guerre", estime Amal Saad.

"Ils essaieront d'éviter une guerre tout en dissuadant fortement Israël", ajoute-t-elle.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a appelé jeudi "toutes les parties" au Moyen-Orient à la désescalade pour éviter un embrasement.

Pour le politologue et expert dans les affaires internationales Ahmad Zeidabadi, "une riposte plus forte est attendue" de la part de l'Iran que lors de sa frappe du 13 avril.

L'Iran avait alors lancé une attaque sans précédent de drones et de missiles sur le territoire israélien, en représailles à une frappe contre le consulat iranien à Damas le 1er avril, attribuée à Israël.

Mais il avait pris le soin d'avertir avant cette riposte les Etats-Unis, essentiellement par l'intermédiaire de l'ambassade de Suisse à Téhéran.

"Une répétition de l'opération précédente n'aura pas beaucoup de sens, car les missiles et les drones n'ont pas touché les zones sensibles et n'ont pas eu d'effet dissuasif", explique l'expert iranien.

Il écarte cependant la possibilité d'une "guerre généralisée, totale et incontrôlable".

"La seule chose qui compte pour l'Iran, c'est la survie du régime, tout comme pour le Hezbollah", explique Rodger Shanahan, un analyste spécialiste du Proche-Orient.

"L'Iran exercera une forte pression sur les Israéliens au nom des Palestiniens, mais il ne prendra pas le risque d'une menace existentielle."


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.