Séjourné et Lammy à Beyrouth puis Tel-Aviv

Le ministre français des Affaires étrangères et européennes Stéphane Sejourne arrive pour une réunion avec le président du Parlement libanais à Beyrouth, le 15 août 2024. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères et européennes Stéphane Sejourne arrive pour une réunion avec le président du Parlement libanais à Beyrouth, le 15 août 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 16 août 2024

Séjourné et Lammy à Beyrouth puis Tel-Aviv

  • Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères effectue un déplacement au Moyen-Orient avec son homologue britannique, la première visite conjointe franco-britannique depuis plus de dix ans
  • A cette occasion, les ministres rappelleront que l’heure n’est plus, pour les parties, à trouver des excuses ou des délais supplémentaires s’agissant d’un accord de cessez-le-feu – les combats doivent s’arrêter maintenant

PARIS: Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères effectue un déplacement au Moyen-Orient avec son homologue britannique, la première visite conjointe franco-britannique depuis plus de dix ans.

A cette occasion, les ministres rappelleront que l’heure n’est plus, pour les parties, à trouver des excuses ou des délais supplémentaires s’agissant d’un accord de cessez-le-feu – les combats doivent s’arrêter maintenant, les otages doivent être libérés maintenant, et l’aide humanitaire doit parvenir à Gaza maintenant. Toutes les parties doivent travailler à la désescalade pour éviter davantage d’effusion de sang.

La France et le Royaume-Uni appellent ainsi d’une même voix à une solution diplomatique pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza et pour restaurer le calme à la frontière entre Israël et le Liban.

Les ministres s’entretiendront avec les ministres israéliens des affaires étrangères Israël Katz et des affaires stratégiques Ron Dermer.

Pour le Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné , “il n’est jamais trop tard pour la paix. Nous devons à tout prix éviter une guerre régionale qui aurait des conséquences terribles.  Il faut pour cela obtenir un accord de cessez-le-feu et de libération des otages.

La France et le Royaume-Uni appuient les efforts des médiateurs américain, égyptien, et qatarien pour y parvenir. C’est pourquoi nous avons décidé de nous rendre ensemble en Israël et dans les territoires palestiniens pour passer ces messages. Nous sommes mobilisés depuis plusieurs semaines pour appeler l’ensemble des parties à la retenue et à la responsabilité : toute erreur de calcul pourrait dans la situation actuelle provoquer un embrasement généralisé. »

 

Un cessez-le-feu à Gaza «  nécessaire  » pour la paix régionale

Le chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné, a estimé jeudi qu'un cessez-le-feu à Gaza était "nécessaire" pour garantir la paix dans la région, lors d'une visite à Beyrouth, au moment où des pourparlers à cet effet ont repris à Doha.

"Nous sommes tous préoccupés par la situation régionale", a déclaré M. Séjourné après avoir rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, un allié du Hezbollah libanais.

La France "soutient le Liban et dans ce cadre-là, (...) nous souhaitons un cessez-le-feu également" à Gaza, "nécessaire pour garantir la paix dans la région", a-t-il ajouté.

Sa visite, au cours de laquelle il a également rencontré son homologue Abdallah Bou Habib et le chef du gouvernement Najib Mikati, s'inscrit dans le cadre "des efforts diplomatiques en cours, en faveur de la désescalade dans la région", avait-il indiqué sur X avant son arrivée.

Le nouveau cycle de pourparlers, qui a repris jeudi entre Israël et le Hamas palestinien, se tient à l'appel des médiateurs --Qatar, Etats-Unis et Egypte-- alors que les craintes d'une escalade régionale s'amplifient.

L'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre a entraîné la mort de 1.198 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.

L'offensive israélienne menée en représailles a fait plus de 40.000 morts, d'après le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le mouvement islamiste palestinien.

Le Hezbollah, armé et financé par l'Iran, a ouvert le 8 octobre un front "de soutien" au Hamas et répète régulièrement qu'il ne mettrait fin à ses attaques contre le nord d'Israël qu'en cas de cessez-le-feu à Gaza.

M. Séjourné a dit porter aux autorités libanaises un "message très simple" de "désescalade" qui sera adressé "également à d'autres pays dans la région" pour envisager un avenir "plus apaisé".

Il a aussi dit soutenir "la Force intérimaire des Nations unies au Liban" (Finul) et "le renforcement de l'armée libanaise dans le sud", ajoutant que Paris œuvrait à prolonger d'un an le mandat de la Finul.

Dans un communiqué, le chef du Parlement a assuré M. Séjourné de "l'attachement du Liban à la nécessité de prolonger" les missions de la Finul conformément à "la résolution 1701", adoptée après la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël et stipulant le seul déploiement de l'armée libanaise et des Casques bleus de la Finul dans le sud du pays.

L'Iran et ses alliés régionaux menacent Israël de représailles depuis l'assassinat, fin juillet, du chef du Hamas, imputé à Israël, et celui, la veille, du chef militaire du Hezbollah dans une frappe israélienne près de Beyrouth.

Depuis, les inquiétudes montent quant à une extension du conflit entre le Hezbollah et Israël, qui échangent quasi quotidiennement des tirs transfrontaliers.

Ces violences ont fait au moins 570 morts au Liban, majoritairement des combattants du Hezbollah et au moins 118 civils, selon un décompte de l'AFP. En Israël et sur le plateau du Golan occupé, 22 militaires et 26 civils ont été tués, d'après les autorités.

 

Pour sa part, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy estime qu'il s'agit  d'un « moment dangereux pour le Moyen-Orient. Le risque que la situation ne devienne incontrôlable va croissant. Toute attaque iranienne aurait des conséquences dévastatrices pour la région.

Le Royaume-Uni et la France sont unis dans leur engagement à assurer une paix durable pour les Israéliens, les Palestiniens et l’ensemble de la région. Il ne peut y avoir de nouveaux délais ni d’excuses. Toutes les parties doivent s’engager sérieusement dans les négociations en faveur d’un cessez-le-feu. C’est une opportunité cruciale pour obtenir la libération des otages et un accroissement de l’aide humanitaire vers Gaza.

Seule la diplomatie peut mettre fin au cycle actuel de violences et de représailles. Seule la diplomatie peut permettre d’obtenir une paix durable et la sécurité pour tous. C’est le message que nous porterons aujourd’hui dans la région ».

Source: Elysée


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.


Présidentielle: Bayrou souhaite une grande primaire entre "tous ceux qui rejettent les extrêmes"

Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
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  • François Bayrou appelle à une grande primaire des forces démocrates et réformistes, de la social-démocratie aux gaullistes, pour désigner un candidat commun d’ici fin janvier ou début février 2027
  • Il estime qu’en l’absence d’un rassemblement, le risque d’un second tour opposant l’extrême droite à l’extrême gauche serait maximal et invite les candidats potentiels à clarifier leurs intentions dès la rentrée

PARIS: Face au "risque" d'un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou plaide, dans un entretien dimanche au Figaro, pour une grande primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", afin de désigner un candidat unique d'ici février.

Pour François Bayrou, "le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" et cette "catastrophe" se produira "si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes".

Or, selon le patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est aujourd'hui en mesure de fédérer aussi largement.

Pas même Edouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages: "Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu?", regrette M. Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l'Elysée, l'ex-maire de Pau considère donc que "tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes".

Une grande primaire où "chacun défend sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider", ce qui laissera au lauréat "deux mois pleins de campagne", bien assez pour remporter un scrutin qui "se joue à la fin, parfois la dernière semaine", selon M. Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d'une méthode pour départager les postulants, "si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade", prédit-il.

Quoi qu'il en soit, "tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s'exprimer" d'ici septembre, car "la période des présentations, c'est la rentrée", avant "la décantation et la confrontation".

"Il faut sortir de l'ambiguïté générale (...) Il est temps d'y voir clair", insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu'à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, "enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice" mais qui "n'a pas appartenu au pouvoir sortant" et qui dispose d'une "capacité à réunir très largement en raison de son expérience".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
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  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.