Selon Markaz, le marché immobilier saoudien est prêt à rebondir

Vue d'une zone résidentielle commune construite dans le désert à Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite. (Shutterstock)
Vue d'une zone résidentielle commune construite dans le désert à Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite. (Shutterstock)
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Publié le Lundi 26 août 2024

Selon Markaz, le marché immobilier saoudien est prêt à rebondir

  • Markaz prévoit une croissance continue dans le secteur immobilier du Conseil de coopération du Golfe, avec le royaume d'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis en tête
  • Cette croissance est due à des fondamentaux macroéconomiques solides, à des politiques gouvernementales favorables et à l'intérêt croissant des investisseurs

RIYAD : Le marché immobilier de l'Arabie saoudite devrait se redresser au cours du second semestre de cette année, grâce aux bonnes performances des secteurs pétroliers et non pétroliers, selon une nouvelle analyse.

Dans son nouveau rapport, le Kuwait Financial Center, également connu sous le nom de Markaz, prévoit une croissance continue dans le secteur immobilier du Conseil de coopération du Golfe, avec le royaume d'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis en tête.

Cette croissance est due à des fondamentaux macroéconomiques solides, à des politiques gouvernementales favorables et à l'intérêt croissant des investisseurs, selon le rapport élaboré par l'équipe Mena Real Estate de Markaz et le cabinet de recherche Marmore Mena Intelligence, basé en Inde.

Cela intervient alors que les scores de l'indice macro-immobilier de Markaz pour le second semestre 2024 sont prévus à 3,5 pour le Koweït, 3,7 pour les EAU et 3,6 pour l'Arabie saoudite, ce qui indique un fort rebond du marché immobilier.

Alors que le Koweït et l'Arabie saoudite enregistrent des améliorations par rapport à leurs scores du premier semestre de 2,9 et 3,55, respectivement, le score stable de 3,7 des Émirats arabes unis montre une force continue et un potentiel de croissance stable dans ces marchés clés du CCG, selon le rapport.

Pour l'Arabie saoudite, le développement du secteur immobilier est crucial puisque le pays vise à devenir une destination mondiale pour les affaires, le tourisme et les investissements, conformément à l'initiative Vision 2030.

« Dans les villes saoudiennes de Riyad, Djeddah et Dammam, le secteur résidentiel a connu une augmentation substantielle des transactions de vente d'une année sur l'autre de 77 %, 93 % et 28 %, respectivement, au cours du premier trimestre 2024 », a déclaré Markaz.

« Le secteur des bureaux s'est également renforcé avec une augmentation des loyers dans les propriétés haut et moyen de gamme à travers ces villes », a ajouté la société de gestion d'actifs et de banque d'investissement.

Un récent rapport du ministère de l'Investissement indique que 57 entreprises internationales ont établi leur siège régional en Arabie saoudite au cours du deuxième trimestre de cette année, soit une augmentation de 84 % par rapport à la même période de l'année précédente.

Le programme des sièges régionaux a introduit de nouvelles incitations fiscales pour les multinationales qui s'installent dans le Royaume, notamment une exonération de 30 ans de l'impôt sur le revenu des sociétés, de la retenue à la source liée aux activités du siège, des remises et des services d'appui.

« Cette augmentation des loyers a été en partie motivée par la nouvelle initiative de siège régional, qui fait partie de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et qui a démarré au début de l'année 2024 », a déclaré Markaz.

L'agence a également indiqué que le secteur de l'hôtellerie du Royaume a connu une croissance significative au cours du premier trimestre de l'année, Riyad étant en tête avec une augmentation de 26,8 % des tarifs journaliers moyens.

Cette hausse est due à l'augmentation des voyages d'affaires, du tourisme religieux lié au pèlerinage du Hajj et de l'Omra, ainsi qu'à une série d'événements internationaux et culturels.

L'institution koweïtienne a également déclaré que les perspectives du marché immobilier saoudien restaient positives, avec une forte performance qui devrait se poursuivre dans la seconde moitié de 2024, grâce aux activités robustes du secteur non pétrolier et aux dépenses substantielles du gouvernement en matière d'infrastructures.

« On estime que le marché est dans une phase d'accélération, ce qui indique une période de croissance dynamique à venir », a ajouté Markaz.

Citant une projection du Fonds monétaire international, Markaz a déclaré que le produit intérieur brut réel de l'Arabie saoudite devrait croître de 2,6 % en 2024, se remettant des contractions précédentes, avec une prévision optimiste de croissance de 8,1 % l'année prochaine.

« Cette reprise économique se reflète dans le domaine de l'immobilier, où l'Autorité générale des statistiques fait état d'une augmentation de 0,6 % de l'indice des prix de l'immobilier pour le premier trimestre 2024, grâce à une hausse de 1,2 % des prix des terrains résidentiels », a déclaré Markaz.

Immobilier aux Émirats arabes unis

Selon Markaz, le secteur immobilier des Émirats arabes unis devrait continue de croître jusqu'en 2024, grâce à une forte demande dans les secteurs résidentiel, des bureaux et de l'hôtellerie.

« L'économie non pétrolière, y compris les contributions significatives du secteur immobilier, devrait maintenir une forte croissance, soutenue par le soutien du gouvernement et des politiques favorables, telles que les exigences révisées du Golden Visa, qui améliorent désormais l'éligibilité des investisseurs », indique le rapport.

L'analyse souligne que le marché immobilier des Émirats arabes unis reste dynamique, avec des transactions record et des prix en hausse malgré les incertitudes géopolitiques.

Au cours du premier semestre de l'année, les prix de l'immobilier résidentiel à Dubaï et à Abu Dhabi ont augmenté respectivement de 18,3 % et de 8,6 %, renforçant ainsi le statut des Émirats arabes unis en tant que marché de l'immobilier de luxe.

Markaz a déclaré que la réduction de la mise de fonds minimale pour le Golden Visa à 1 million de dirhams (272 264 $) devrait attirer davantage d'investisseurs internationaux et stimuler davantage le marché.

« Les espaces de bureaux à Dubaï et à Abu Dhabi ont également connu des augmentations de loyer en raison de la forte demande, en particulier pour les propriétés de qualité supérieure, ce qui reflète l'intérêt du marché pour la qualité », indique le rapport.

« Le secteur de l'hôtellerie continue de prospérer, soutenu par une augmentation du tourisme et des voyages d'affaires, contribuant à une solide performance des tarifs journaliers moyens des hôtels dans les principales villes », ajoute le rapport.

Markaz prévoit que le secteur immobilier des Émirats arabes unis poursuivra sa trajectoire de croissance au cours de la seconde moitié de l'année, quoiqu'avec une légère modération dans certains segments et certaines régions, comme Abu Dhabi.

La résistance du marché reflète un environnement économique solide et des mesures politiques efficaces, garantissant une croissance continue et l'attractivité des investissements.

Immobilier au Koweït

Le secteur immobilier du Koweït fait également preuve de résilience et de potentiel de croissance malgré des conditions économiques difficiles, avec une contraction prévue du PIB de 1,4 %, après une baisse de 2,2 % l'année dernière, selon Markaz.

« Malgré ces défis économiques à plus grande échelle, les secteurs non pétroliers, en particulier l'immobilier, connaissent une croissance soutenue par une augmentation attendue de 2 % du PIB non pétrolier », a déclaré Markaz. « L'augmentation des activités de projet et les réformes commerciales anticipées sont les moteurs de cette croissance. »

L'analyse a mis en évidence une reprise dans le secteur immobilier du Koweït, marquée par une augmentation des prix des loyers et des terrains. Ceci est particulièrement évident dans le segment Istithmari, ou le marché du logement locatif, où les prix des terrains pour appartements ont connu des gains annuels significatifs dans la plupart des zones, à l'exception du district occidental de Mahboula.

Les prix des terrains commerciaux ont également augmenté dans tous les gouvernorats, tandis que les taux de location pour les appartements de trois chambres et de 60 mètres carrés sont restés stables, affichant une hausse par rapport à la fin de 2022, malgré quelques exceptions à Mahboula et dans la région de Khaitan, près de Koweït City.

« Le secteur est prêt à poursuivre sa croissance malgré la baisse du volume global et de la valeur des transactions immobilières – une normalisation par rapport à la demande refoulée observée après la pandémie », a déclaré Markaz.

« L'avenir du marché immobilier koweïtien est prometteur, soutenu par la stabilité macroéconomique et les réformes stratégiques susceptibles de favoriser la poursuite de la reprise et de l'expansion. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.