Israël: la centrale syndicale décrète une "grève générale" lundi en soutien aux otages

Les forces de sécurité israéliennes interviennent alors que des parents et des sympathisants des otages israéliens capturés dans la bande de Gaza depuis les attaques du 7 octobre par les militants palestiniens du Hamas, bloquent une route principale lors d'une manifestation dans le centre de Jérusalem le 1er septembre 2024 (Photo by Ahmad GHARABLI / AFP)
Les forces de sécurité israéliennes interviennent alors que des parents et des sympathisants des otages israéliens capturés dans la bande de Gaza depuis les attaques du 7 octobre par les militants palestiniens du Hamas, bloquent une route principale lors d'une manifestation dans le centre de Jérusalem le 1er septembre 2024 (Photo by Ahmad GHARABLI / AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 01 septembre 2024

Israël: la centrale syndicale décrète une "grève générale" lundi en soutien aux otages

  • "Nous devons faire cesser cet abandon des otages (...) Demain à 06H00 (3H00 GMT), toute l'économie israélienne sera en grève générale", a annoncé dimanche le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David.
  • Le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, a également appelé la Histadrout, "les municipalités et les employeurs à la "grève générale" sur sa page Facebook.

JERUSALEM : La puissante centrale syndicale israélienne, la Histadrout, a décrété une "grève générale" pour lundi afin de forcer le gouvernement de Benjamin Netanyahu à parvenir à un accord pour la libération de la centaine d'otages toujours retenus par le Hamas à Gaza.

"Nous devons faire cesser cet abandon des otages (...) Demain à 06H00 (3H00 GMT), toute l'économie israélienne sera en grève générale", a annoncé dimanche le chef de la Histadrout, Arnon Bar-David.

"A 08H00, l'aéroport sera fermé, les décollages et les atterrissages cesseront", ajoute un communiqué de la Histadrout.

L'annonce dimanche par l'armée israélienne de la découverte des corps de six nouveaux otages morts dans un tunnel de la bande de Gaza a provoqué stupeur et colère en Israël. Aucun de ces otages n'avait jusqu'ici été déclaré mort.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas en Israël le 7 octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.

Au cours de cette attaque, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes ont été enlevées, 97 sont toujours retenues à Gaza, dont 33 déclarées mortes par l'armée.

- "Otages négligés" -

Pour le Forum des familles d'otages, "cela fait onze mois que (les) otages sont négligés".

Dimanche, avec des centaines de partisans, des proches se sont rassemblés devant le bâtiment où se tenait un conseil des ministres à Jérusalem.

Sifflets et tambours en main, ils ont exhorté le gouvernement à faire des concessions pour obtenir un accord.

"Cessez de tuer les otages avec vos actes et vos décisions (...) ils sont dans les tunnels et vous devez signer l'accord, nous devons faire cesser cette guerre", a lancé au micro Eyal Kalderon, cousin de l'otage franco-israélien Ofer Kalderon.

"Ils nous entendent mais ils ont d'autres préoccupations, politiques, ils veulent garder leur poste", a-t-il dit plus tard à l'AFP.

Pour lui, la grève générale "aurait dû avoir lieu il y a six mois, mais au moins, elle aidera à sauver des vies".

Hannah Bartell, elle, brandissait un portrait de l'Israélo-Américain Hersh Goldberg-Polin, l'un des six otages ramenés morts de Gaza, barré d'un imposant "Pardon" en hébreu et en anglais.

"Je ne sais pas si (le gouvernement) m'écoute", dit-elle, mais "je continuerai à venir et à ramener plus d'amis parce qu'avec chaque jour qui passe, il est plus important d'avoir un accord".

Le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, a également appelé la Histadrout, "les municipalités et les employeurs à la "grève générale" sur sa page Facebook.

- "Cabinet de la mort" -

"Ils étaient en vie, Netanyahu et son cabinet de la mort ont décidé de ne pas les sauver. Il reste des otages vivants, on peut encore obtenir un accord", a ajouté M. Lapid.

Il faisait référence à un vote jeudi du cabinet entérinant une condition israélienne, posée comme préalable à un accord et que le Hamas et l'Egypte rejettent en bloc.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a réclamé dimanche "une réunion immédiate du gouvernement pour revenir sur cette décision", en référence au vote du cabinet jeudi dernier.

"Il est trop tard pour les otages abattus de sang-froid, il faut que nous ramenions les otages qui se trouvent encore aux mains du Hamas", a-t-il poursuivi.

"Il faut que nous parvenions à un accord, c'est le plus important", a martelé M. Bar-David, déplorant que la situation "ne progresse pas à cause de considérations politiques. Et cela est inacceptable".

Des chaînes de restaurants et une chaîne de cinémas ont annoncé fermer leurs portes dimanche en "soutien" aux familles des otages.

Les représailles israéliennes à Gaza ont fait au moins 40.738 morts, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, en majorité des femmes et des mineurs selon l'ONU.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.