Pour le Hamas, Gaza devra être dirigée par les Palestiniens dans un «  gouvernement palestinien commun »

Pour le Hamas, Gaza devra être dirigée par les Palestiniens dans un «  gouvernement palestinien commun »
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Publié le Lundi 16 septembre 2024

Pour le Hamas, Gaza devra être dirigée par les Palestiniens dans un «  gouvernement palestinien commun »

  • Un haut responsable du Hamas a affirmé dimanche que la capacité du mouvement islamiste palestinien à combattre Israël restait "élevée", malgré les pertes subies au cours de plus de onze mois de guerre dans la bande de Gaza
  • Ces déclarations interviennent moins d'une semaine après celles du ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, qui avait affirmé que le Hamas "n'existait plus" en tant que formation militaire à Gaza

ISTANBUL: Un haut responsable du Hamas a affirmé dimanche que la capacité du mouvement islamiste palestinien à combattre Israël restait "élevée", malgré les pertes subies au cours de plus de onze mois de guerre dans la bande de Gaza.

"La capacité de la résistance à continuer est élevée", a déclaré Oussama Hamdane dans un entretien à l'AFP.

"Il y a eu des martyrs et des sacrifices (...), mais en retour, il y a eu une accumulation d'expériences et le recrutement de nouvelles générations au sein de la résistance", a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent moins d'une semaine après celles du ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, qui avait affirmé que le Hamas "n'existait plus" en tant que formation militaire à Gaza.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis de détruire le mouvement islamiste après son attaque sans précédent menée le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1.205 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens.

Sur les 251 personnes enlevées lors de cette attaque, 97 sont toujours retenues dans la bande de Gaza assiégée, dont 33 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.

La riposte israélienne a fait au moins 41.206 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas depuis 2007, qui ne précise pas le nombre de civils et de combattants tués.

Négociations dans l'impasse

Dans ce contexte, le Premier ministre Netanyahu est soumis à une pression croissante pour conclure un accord de cessez-le-feu associé à la libération des otages en échange de prisonniers palestiniens.

L'annonce par Israël ce mois-ci de la découverte dans un tunnel à Gaza des corps de six otages, "exécutés" par le Hamas, a suscité une vague d'indignation dans le pays et des manifestations appelant le gouvernement Netanyahu à conclure un accord.

Mais après des mois de négociations par l'entremise des Etats-Unis, de l'Egypte et du Qatar, les discussions semblent dans l'impasse, les deux parties s'accusant mutuellement de les bloquer.

Le responsable du Hamas a accusé dimanche les Etats-Unis, principal soutien d'Israël, de ne pas exercer une "pression suffisante" sur lui.

"L'administration américaine n'exerce pas une pression suffisante ou appropriée sur la partie israélienne. Elle tente plutôt de justifier la soustraction de la partie israélienne à tout engagement", a-t-il déclaré.

Après l'annonce de la mort des six otages, M. Netanyahu avait accusé le Hamas de refuser tout compromis et affirmé qu'il ne céderait pas "à la pression" sur les points de blocage.

Il avait également indiqué qu'au moins 17.000 combattants du Hamas avaient été tués depuis le début de la guerre à Gaza.

« Message » à la région

La guerre entre Israël et le Hamas mobilise d'autres mouvements dans la région, qui se disent solidaires des Palestiniens, notamment le Hezbollah libanais et les rebelles houthis au Yémen.

Ces derniers ont revendiqué dimanche une attaque de missile sur le centre d'Israël, qui n'a pas fait de victimes, mais poussé de nombreux israéliens dans les abris.

Pour Oussama Hamdane, c'est "un message adressé à toute la région, montrant qu'Israël n'est pas une entité immunisée", et que "ses capacités ont des limites".

Il a également évoqué l'attaque perpétrée au début du mois par un chauffeur de camion jordanien à un poste-frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée, ayant tué trois gardes de sécurité israéliens, estimant qu'elle soulignait la colère populaire envers Israël dans la région.

S'adressant aux dirigeants arabes ayant normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël ou envisageant de le faire, Oussama Hamdane leur a demandé ce qu'ils ressentiraient si leur pays était occupé et que le monde restait indifférent. "Si vous considérez Israël comme une bénédiction (...), donnez-lui une partie de votre pays", a-t-il ironisé.

Le responsable palestinien a également évoqué les scénarios post-guerre, en assurant que le chef du Hamas, Yahya Sinouar, ne quittera jamais le territoire assiégé.

Le Hamas exige un retrait israélien complet de Gaza, y compris du corridor de Philadelphie, une étroite bande de terre le long de la frontière égyptienne qui s'est révélée être un point d'achoppement majeur dans les pourparlers de trêve.

Oussama Hamdane a affirmé qu'après la guerre, Gaza devra être dirigée par les Palestiniens dans un "gouvernement palestinien commun", ajoutant que les représentants des différentes factions palestiniennes se réuniront bientôt au Caire pour élaborer une vision commune pour l'après-guerre.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.