Cinquante ans d'interventions israéliennes au Liban

Un char de combat principal de l'armée israélienne se déplace sur une position le long de la frontière avec le Liban dans le nord d'Israël le 1er octobre 2024. Le 1er octobre, l'armée israélienne a déclaré avoir lancé une offensive terrestre au Liban et que ses forces se sont engagées dans des affrontements, aggravant ainsi le conflit après une semaine de frappes aériennes intenses qui ont fait des centaines de morts. (AFP)
Un char de combat principal de l'armée israélienne se déplace sur une position le long de la frontière avec le Liban dans le nord d'Israël le 1er octobre 2024. Le 1er octobre, l'armée israélienne a déclaré avoir lancé une offensive terrestre au Liban et que ses forces se sont engagées dans des affrontements, aggravant ainsi le conflit après une semaine de frappes aériennes intenses qui ont fait des centaines de morts. (AFP)
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Publié le Mardi 01 octobre 2024

Cinquante ans d'interventions israéliennes au Liban

  • Israël, qui affirme mener depuis lundi soir une offensive terrestre dans le sud du Liban, n'en est pas à son coup d'essai: depuis un demi-siècle, son armée a envahi à plusieurs reprises son voisin
  • Mais l'armée israélienne ne compte pas s'arrêter là: lundi soir, elle annonce que ses troupes au sol ont traversé la frontière pour combattre le Hezbollah dans des villages du sud du Liban, malgré les appels internationaux à la désescalade

PARIS: Israël, qui affirme mener depuis lundi soir une offensive terrestre dans le sud du Liban, n'en est pas à son coup d'essai: depuis un demi-siècle, son armée a envahi à plusieurs reprises son voisin pour y combattre ses ennemis, de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Hezbollah.

- 1978, "l'opération Litani" -

La première incursion d'Israël au Liban a lieu du 14 au 21 mars 1978 lorsque son armée envahit une partie du sud du Liban.

Cette invasion est condamnée par l'ONU en vertu de la résolution 425 du Conseil de sécurité, qui demande à Israël de retirer ses forces du territoire libanais. Ce retrait n'a été effectif que 22 ans plus tard, le 16 juin 2000.

Israël nomme son invasion "l'opération Litani", du nom du fleuve qui coule dans le sud du Liban. Son armée qui entre sur une profondeur d'environ 40 km, repousse l'Organisation de libération de la Palestine au-delà du Litani, vers Saïda ou Beyrouth.

Elle aboutit de fait, après un retrait formel de l'armée israélienne, à une occupation indirecte par l'Etat hébreu de 700 km2 dans le sud du Liban au moyen d'une milice de supplétifs libanais qu'Israël établit dans cette zone.

La résolution 425 adoptée à l'unanimité du Conseil de sécurité de l'ONU le 19 mars 1978 fonde la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) toujours en place aujourd'hui.

Cett intervention va modifier l’équilibre démographique de la capitale avec l'arrivée et l'installation de dizaines de milliers de réfugiés dans la banlieue sud de Beyrouth qui deviendra un fief du Hezbollah.

- 1982, une invasion qui va durer 18 ans -

Le 6 juin 1982, l'armée israélienne lance une opération de plus grande ampleur baptisée "Paix en Galilée".

Ses soldats assiègent Beyrouth pour en déloger l'OLP et mettre fin aux raids meurtriers de ses fedayins, les combattants palestiniens, sur son territoire.

Entre fin août et début septembre, le chef de l'OLP Yasser Arafat et plus de 11.000 combattants palestiniens quittent le Liban sous la surveillance d'une Force multinationale d'interposition.

Le bilan officiel libanais de l'invasion israélienne est de près de 20.000 morts et 30.000 blessés à la fin de l'année 1982, dont les victimes du massacre dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila.

Le Hezbollah, "Parti de Dieu", naît dans la foulée de cette interventio dans la plaine de la Békaa (est), et ses militants chiites sont alors encadrés par les Gardiens de la révolution iraniens.

Très vite, le mouvement, qui sort de la semi-clandestinité en 1985, s'impose avec sa branche armée, la Résistance islamique au Liban, comme le fer de lance de la lutte contre Israël.

Le Hezbollah va multiplier les opérations: attentats-suicides à la voiture piégée, assauts par vague humaine. Prenant acte de son incapacité à éliminer la milice pro-iranienne, Israël décide en mai 2000 de se retirer unilatéralement d'un bourbier qui lui a coûté un millier d'hommes.

- 2006, la "guerre des 33 jours" -

Depuis ce retrait, plusieurs épisodes de violence opposent le Hezbollah à Israël, qui culminent lors de la guerre en 2006, après l'enlèvement de deux soldats israéliens à la frontière entre les deux pays.

A l'été 2006, Israël lance alors une vaste offensive mais les combattants chiites tiennent tête à son armée. Leur chef Hassan Nasrallah proclame une "victoire divine" et s'impose comme un véritable héros dans le monde arabe.

Cette guerre de 33 jours cause la mort de 1.200 Libanais - notamment des civils - et de 160 Israéliens, majoritairement des militaires.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui met fin à la guerre, stipule que seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU doivent être déployés dans le sud du Liban.

Mais le "Parti de Dieu" maintient sa présence dans la région, où il a creusé selon des experts un important réseau de tunnels, tandis que les principales institutions du mouvement sont basées dans la banlieue sud de Beyrouth.

Il renforce aussi son arsenal, qui comprend des missiles guidés, et revendique 100.000 combattants.

- 2023-2024, nouveau front -

Le Hezbollah ouvre un front contre Israël dès le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023 menée en territoire israélien par le Hamas palestinien, son allié.

Après un an d'échanges de tirs transfrontaliers, qui ont contraint quelque 60.000 Israéliens à fuir le nord du pays, l'armée israélienne lance le 23 septembre 2024 une campagne de bombardements violents et meurtriers contre le Hezbollah, visant le sud du Liban et la capitale Beyrouth.

Quelques jours plus tôt, une vague d'explosions de bipeurs et de talkies-walkies utilisés par des membres du mouvement islamiste et imputée à Israël a fait des dizaines de morts et des milliers de blessés au Liban.

Israël, qui affirme agir pour faire cesser les tirs vers le nord de son territoire, dit avoir tué la "plupart" des hauts dirigeants du Hezbollah ces derniers mois.

Le décès vendredi de Hassan Nasrallah, considéré comme l'homme le plus puissant du Liban, dans une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, constitue une victoire majeure d'Israël face à l'Iran et ses alliés dont le Hamas.

Mais l'armée israélienne ne compte pas s'arrêter là: lundi soir, elle annonce que ses troupes au sol ont traversé la frontière pour combattre le Hezbollah dans des villages du sud du Liban, malgré les appels internationaux à la désescalade.

Israël assure que ces opérations terrestres sont "limitées, localisées et ciblées" contre des "cibles et des infrastructures terroristes" de la formation libanaise.

Depuis mi-septembre, le bilan s'élève à plus de 1.000 morts au Liban, selon le ministère de la Santé de ce pays. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes au Liban.


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.


Le ministre saoudien des AE en Éthiopie pour discuter des développements régionaux

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
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  • Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales"
  • Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé mercredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba pour une visite officielle, a indiqué le ministère.

Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales", selon le communiqué publié sur X.

Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois.


Soudan: deux enfants tués et 12 blessés dans une frappe de drones sur une école 

Deux enfants ont été tués mercredi et 12 blessés dans une frappe de drone au Soudan sur une école située dans une ville de la région du Kordofan tenue par l'armée, a déclaré une source médicale à l'AFP. (AFP)
Deux enfants ont été tués mercredi et 12 blessés dans une frappe de drone au Soudan sur une école située dans une ville de la région du Kordofan tenue par l'armée, a déclaré une source médicale à l'AFP. (AFP)
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  • La frappe de drone a touché une école coranique de la ville d'Al-Rahad, selon un témoin qui affirme avoir vu 12 blessés, attribuant l'attaque aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR)
  • Le Kordofan, vaste région fertile et riche en pétrole, est aujourd'hui le front le plus disputé du conflit qui déchire le Soudan depuis près de trois ans, opposant l'armée régulière et les FSR

KHARTOUM: Deux enfants ont été tués mercredi et 12 blessés dans une frappe de drone au Soudan sur une école située dans une ville de la région du Kordofan tenue par l'armée, a déclaré une source médicale à l'AFP.

La frappe de drone a touché une école coranique de la ville d'Al-Rahad, selon un témoin qui affirme avoir vu 12 blessés, attribuant l'attaque aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Le Kordofan, vaste région fertile et riche en pétrole, est aujourd'hui le front le plus disputé du conflit qui déchire le Soudan depuis près de trois ans, opposant l'armée régulière et les FSR.

Al-Rahad se trouve près d'El-Obeid, ville stratégique sur la route reliant l'ouest du pays à la capitale Khartoum, et dont les FSR cherchent désormais à s'emparer, après la prise en octobre d'El-Facher, dernier bastion de l'armée dans la région occidentale du Darfour.

Plus de 115.000 personnes ont depuis fui le Kordofan, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné environ 11 millions de personnes, provoquant ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".