Affaibli, le Hezbollah ne fait désormais plus partie des priorités de l’Iran

Des Iraniens déposent des fleurs sous un panneau d'affichage portant le portrait du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a été tué lors d'une frappe aérienne israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre, lors d'une manifestation anti-israélienne sur la place de la Palestine à Téhéran, le 30 septembre 2024. (AFP)
Des Iraniens déposent des fleurs sous un panneau d'affichage portant le portrait du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a été tué lors d'une frappe aérienne israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre, lors d'une manifestation anti-israélienne sur la place de la Palestine à Téhéran, le 30 septembre 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 octobre 2024

Affaibli, le Hezbollah ne fait désormais plus partie des priorités de l’Iran

  • Les avions militaires israéliens ont lancé une série de raids meurtriers visant des cadres dirigeants, avant d’assassiner le puissant secrétaire général du parti, Hassan Nassrallah
  • Ignorant les appels incessants au cessez-le-feu, Israël a lancé une incursion terrestre dite «limitée» au Liban-Sud

PARIS: En l’espace d’une semaine ou presque, Israël a décapité le Hezbollah, parti libanais soutenu par l’Iran, et plongé le pays, où les victimes se comptent par milliers et les déplacés par centaines de milliers, dans un déluge de feu et de sang.

Après les fameuses attaques aux bipeurs et talkies-walkies, les avions militaires israéliens ont lancé une série de raids meurtriers visant des cadres dirigeants, avant d’assassiner le puissant secrétaire général du parti, Hassan Nassrallah, en lâchant plusieurs tonnes d’explosifs sur son quartier général, dans la banlieue sud de Beyrouth.

Ignorant les appels incessants au cessez-le-feu lancés par de nombreux pays dont l’Arabie saoudite et la France, qui a dépêché sur place son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, Israël a lancé une incursion terrestre dite «limitée» au Liban-Sud.

L’intensité de ces opérations qui se poursuivent dans la capitale libanaise, tout comme dans le sud du pays et la plaine de la Békaa, laisse penser que nous assistons à une opération d’éradication du Hezbollah, parallèlement à celle menée depuis bientôt un an par Israël dans la bande de Gaza, contre le Hamas.

Arab News en français a posé la question à l’ambassadeur et conseiller diplomatique du président Jacques Chirac pendant la guerre en Irak, Maurice Gourdault-Montagne, qui préfère mettre les choses en perspective, avant d’affirmer que ces évènements tragiques sont «l’affirmation de la dissuasion que les Israéliens peuvent exercer».

Le Hezbollah est, selon lui, un mouvement qui s’appuie sur la croissance démographique, tout en étant le relais sur lequel s’appuie l’Iran pour faire pression sur Israël.

À la suite des récents évènements, «on a franchi un cap dans le sens que le Hezbollah est décapité avec l’élimination de Nassrallah, après avoir été affaibli par l’élimination de ses cadres, mais il n’est pas fini».

En 1992, après l’assassinat de l’ancien secrétaire général Abbas el-Moussaoui, Israël, souligne-t-il, avait annoncé la fin du Hezbollah, mais tel n’a pas été le cas. Aujourd’hui également, il «reste le relais de l’Iran et il se reconstruira», parce que l’Iran «ne va pas renoncer à sa politique vis-à-vis d’Israël».

Partant de là, Gourdault-Montagne réfute la possibilité d’un lâchage de la part de l’Iran et souligne que «la question est de savoir si le Hezbollah est une priorité pour les Iraniens ou pas», sachant que ce pays connaît des dissensions internes et des difficultés économiques et sociales.

«Je pense donc que l’Iran a d’autres priorités actuellement», d’autant plus que les dirigeants iraniens «cherchent un nouveau souffle à la révolution islamique en préparant la succession du guide suprême Ali Khamenei à travers des luttes internes complexes où le parti de la guerre va chercher à s’imposer en prenant des risques ».

Ce contexte, couplé à la campagne présidentielle américaine, permet donc à Israël d’user de la violence et de la force à un degré inégalé, s’affranchissant de toute ligne rouge et piétinant les conventions internationales, surtout celles concernant la protection des civils, chose que concède Gourdault-Montagne en s’inquiétant pour l’avenir.

«Je pense que lorsque tout cela s’arrêtera un jour, on demandera des comptes à l’Occident et au monde» pour leur silence face aux atrocités commises par Israël à Gaza et au Liban. «On nous dira où étiez vous quand on massacrait et qu’avez-vous fait?», ajoute-t-il.

Ce silence, indique le diplomate, s’explique par le fait que «la sécurité d’Israël a toujours été une question existentielle et une obsession», mais avec l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, «cette obsession se traduit par une action violente sans aucune réflexion politique».

Personne, ajoute-t-il, ne remet en question le droit d’Israël à la sécurité, mais ce droit ne l’affranchit pas «de la nécessité de se comporter comme un État responsable, avec des droits et des devoirs dont le respect du droit international».

Loin de l’usage démesuré de la force, il estime que «la sécurité, ça se construit en parlant, en créant des mécanismes de confiance, des mécanismes de surveillance et des garanties qui peuvent être fournies de part et d’autre».

En conclusion, il affirme que cette construction est «nécessaire pour la stabilité de l’ensemble de la région tout en étant la meilleure façon de garantir la sécurité d’Israël», qui devra se résigner un jour ou l’autre à prendre le chemin d’une solution politique que la violence ne peut pas imposer.


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes dans le sud, bombardement près de Beyrouth

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  • C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté
  • Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin

TYR: Des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts jeudi dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa "zone de combat" contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a en outre annoncé avoir mené une "frappe ciblée" à Beyrouth, qui, selon une source militaire libanaise à l'AFP, a visé un appartement à Choueifat, une ville en bordure de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté.

Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin. Et en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord.

Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne dans l'est et le sud du Liban, avertissant mercredi soir qu'il considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Véhicule visé 

L'armée a bombardé jeudi dès l'aube plusieurs régions et villes dans le sud du Liban, faisant au moins 14 morts, selon les autorités.

A Saïda, ville côtière qui relie Beyrouth au sud, une frappe a visé vers 02H00 locales (mercredi 23H00 GMT) un immeuble résidentiel et fait cinq morts et 21 blessés, selon le ministère de la Santé.

Le raid a détruit les deux premiers étages du bâtiment, a constaté un correspondant de l'AFP. Les équipes de secours ont travaillé toute la nuit à évacuer les victimes.

Une autre attaque par drone a été menée à l'aube contre une voiture circulant sur une autoroute de la même région, tuant six personnes, dont deux enfants et leurs parents, a indiqué le ministère.

La Défense civile a par ailleurs fait état à l'AFP de plusieurs frappes plus au sud, en plein coeur de la ville côtière de Tyr et dans ses environs, à la suite d'ordres d'évacuation adressés aux habitants. L'une a touché une moto près d'une caserne de l'armée, tuant deux ressortissants syriens, dont un enfant, selon les autorités.

Un photographe de l'AFP a vu à l'aube un épais panache de feu et de fumée s'élever au-dessus de la ville, au milieu de détonations.

L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un militaire dans une frappe israélienne, "alors qu'il circulait" dans la région de Nabatiyé, plus à l'est.

"Nous restons ici" 

En frappant la ville millénaire de Tyr, "c'est son histoire et sa civilisation" qu'Israël veut viser, accuse Ghazouane Halawani, qui vit près d'un immeuble touché par une frappe.

Malgré les bombardements, il ne veut pas quitter sa ville. "Nous restons ici, c'est notre pays, notre terre, notre vie", dit-il à l'AFP.

Le Hezbollah continue de son côté de revendiquer des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes qui tentent d'avancer dans le sud.

Depuis le 17 avril, l'armée israélienne a continué ses frappes et ses opérations militaires au Liban.

Le Hezbollah, de son côté, a d'abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban avant de multiplier les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël après l'assassinat d'un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.

Une soldate israélienne a été tuée jeudi près de la frontière avec le Liban par l'explosion d'un drone tiré par le Hezbollah, a annoncé l'armée israélienne, ce qui porte à 24 le nombre de morts dans ses rangs depuis la reprise des hostilités début mars, quand le Hezbollah a tiré sur Israël en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.

Les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.269 personnes depuis, selon un dernier bilan officiel mercredi.

 


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.