Le chef de la sécurité du Hezbollah visé par les meurtrières frappes israéliennes sur Beyrouth

Ces frappes, qui ont fait 22 morts et 117 blessés, selon le ministère de la Santé, sont intervenues au moment où Israël, en guerre sur plusieurs fronts pour la première fois depuis des décennies, s'apprête à partir de vendredi soir à célébrer la fête de Kippour. (AFP)
Ces frappes, qui ont fait 22 morts et 117 blessés, selon le ministère de la Santé, sont intervenues au moment où Israël, en guerre sur plusieurs fronts pour la première fois depuis des décennies, s'apprête à partir de vendredi soir à célébrer la fête de Kippour. (AFP)
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Publié le Vendredi 11 octobre 2024

Le chef de la sécurité du Hezbollah visé par les meurtrières frappes israéliennes sur Beyrouth

  • Dans la matinée, des habitants de Basta, un des deux quartiers, densément peuplé, touchés par les frappes, venaient inspecter les dégâts, certains en larmes
  • "Beaucoup de familles vivent ici", s'indigne Bilal Othman, au milieu d'amas de béton et fers tordus, fouillés par des pelleteuses. "Pourquoi ont-ils (ndlr les Israéliens) visé" le secteur"

BEYROUTH: Le chef du redouté appareil sécuritaire du Hezbollah était, selon une source proche de la formation, la cible des frappes aériennes israéliennes menées jeudi sur Beyrouth, les plus meurtrières contre la capitale libanaise depuis le début le 23 septembre de la guerre ouverte entre le mouvement pro-iranien et Israël.

Ces frappes, qui ont fait 22 morts et 117 blessés, selon le ministère de la Santé, sont intervenues au moment où Israël, en guerre sur plusieurs fronts pour la première fois depuis des décennies, s'apprête à partir de vendredi soir à célébrer la fête de Kippour, la plus importante du calendrier juif.

Le raid visait "le chef de l'appareil sécuritaire du Hezbollah Wafic Safa", a indiqué à l'AFP une source proche de la formation pro-iranienne, sans plus d'informations sur son sort. Objet de sanctions du Trésor américain, il a coordonné plusieurs échanges de prisonniers avec Israël par le passé.

Dans la matinée, des habitants de Basta, un des deux quartiers, densément peuplé, touchés par les frappes, venaient inspecter les dégâts, certains en larmes.

"Beaucoup de familles vivent ici", s'indigne Bilal Othman, au milieu d'amas de béton et fers tordus, fouillés par des pelleteuses. "Pourquoi ont-ils (ndlr les Israéliens) visé" le secteur, "veulent-ils nous dire qu'il n'y a plus d'endroit sûr dans le pays?".

C'est la troisième fois que l'armée israélienne vise directement la capitale, Israël concentrant ses frappes sur la banlieue sud, un bastion du Hezbollah, depuis le 23 septembre.

Selon la source proche du Hezbollah, cela montre qu'Israël "est passé à une nouvelle étape, en ciblant les responsables politiques" du mouvement.

Les Etats-Unis soutiennent les efforts déployés par le Liban pour "s'affirmer" face au Hezbollah, a de son côté déclaré vendredi le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken.

Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait appelé le pays voisin à s'en "libérer", sous peine de subir le même sort que Gaza, où son armée poursuit une guerre dévastatrice déclenchée par l'attaque du Hamas sur son sol, le 7 octobre 2023.

Nouveaux tirs israéliens sur la Finul

Vendredi, le Liban a dénoncé de nouveaux tirs israéliens sur une position des Casques bleus dans le sud du Liban, au lendemain d'un tollé diplomatique après que des tirs similaires ont blessé deux Indonésiens.

Les tirs israéliens contre les Casques bleus constituent "une violation du droit humanitaire international", a fustigé le chef de l'ONU, Antonio Guterres vendredi.

L'armée israélienne, qui mène depuis le 30 octobre des incursions terrestres contre le Hezbollah dans la région, a affirmé avoir tiré jeudi "à côté" du QG de la Finul, insistant avoir prévenu son personnel de se protéger.

Depuis octobre 2023, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban, dont près de 1.200 depuis le 23 septembre, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. L'ONu a chiffré à 600.000 le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du Liban.

Malgré les coups portés à sa direction, le Hezbollah affirme résister à l'armée israélienne, et poursuit ses tirs contre le pays. Vendredi, il a annoncé avoir "lancé une escadrille de drones d'attaques sur une base aérienne à Haïfa"n dans le nord d'Israël.

Un ouvrier agricole thaïlandais a été tué par un missile antichar dans le nord d'Israël, ont annoncé les secours israéliens, l'armée faisant elle état de deux civils blessés.

Dans ce contexte, M. Blinken a dit vendredi que les Etats-Unis espèrerent toujours empêcher "un conflit plus large" au Moyen-Orient, au moment où Israël prépare, selon son ministre de la Défense, Yoav Gallant, une riposte "mortelle, précise et surprenante" à l'attaque de missiles lancée par Téhéran contre le territoire israélien le 1er octobre

L'Iran a réaffirmé vendredi être prêt à "défendre sa souveraineté" contre Israël, qu'il affirme avoir frappé pour venger l'assassinat à Téhéran du chef du Hamas, ainsi que ceux du chef du Hezbollah libanais et d'un général des Gardiens de la Révolution iraniens dans une frappe israélienne près de Beyrouth.

"Inquiétudes" américaines sur l'aide à Gaza

Israël a concentré ses forces sur le front libanais, après un an de tirs incessants du Hezbollah qui ont ont déplacé 60.000 habitants du nord d'Israël.

Mais invoquant une tentative du Hamas  de reconstituer ses capacités dans le nord de de la Bande de Gaza, elle y encercle depuis dimanche Jabalia, pilonnant le secteur.

Selon le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Bassal, au moins 140 personnes y sont mortes depuis le début de l'opération, et au moins 400.000 personnes sont prises en étau dans la zone, selon l'ONU.

Les Etats-Unis ont fait part à leur allié israélien de leurs "réelles inquiétudes" sur le manque d'aide humanitaire dans le secteur, selon M. Blinken.

Jeudi, 28 Gazaouis ont été tués dans une frappe israélienne sur une école à Deir el-Balah (centre) abritant des déplacés, selon le Croissant-Rouge palestinien.

L'armée israélienne a évoqué une frappe aérienne "précise" sur des "terroristes".

La guerre à Gaza a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du Hamas contre Israël qui a entraîné la mort de 1.206 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza.

Les combats et bombardements ont dévasté des secteurs entiers du petit territoire assiégé et déplacé la quasi-totalité de ses 2,4 millions d'habitants.

Au moins 42.065 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils dans l'offensive israélienne à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".


L'Iran fait état d'un appel entre son chef de la diplomatie et le Premier ministre qatari

Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis. (AFP)
  • Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts"
  • Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis.

Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts et la coordination afin d'éviter une escalade des tensions dans la région", a précisé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha.