Liban : l'armée israélienne intensifie ses frappes et affronte le Hezbollah au sol

Des membres de la défense civile libanaise combattent un incendie sur le site d’une frappe israélienne dans le quartier de Basta à Beyrouth, le 11 octobre 2024 (Photo AFP).
Des membres de la défense civile libanaise combattent un incendie sur le site d’une frappe israélienne dans le quartier de Basta à Beyrouth, le 11 octobre 2024 (Photo AFP).
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Publié le Dimanche 13 octobre 2024

Liban : l'armée israélienne intensifie ses frappes et affronte le Hezbollah au sol

  • le Premier ministre israélien appelant l'ONU à mettre "immédiatement à l'abri" les Caques bleus qui font tampon entre les deux pays.
  • Après l'intensification le 23 septembre des frappes israéliennes sur le sud du Liban, des dizaines de milliers de familles ont fui cette région, selon l'ONU.

BEYROUTH : Israël a intensifié dimanche ses frappes au Liban et mène des combats au sol contre le Hezbollah dans des secteurs proches de la frontière, le Premier ministre israélien appelant l'ONU à mettre "immédiatement à l'abri" les Caques bleus qui font tampon entre les deux pays.

"Monsieur le secrétaire général (de l'ONU), mettez les forces de la Finul (la Force intérimaire des Nations unies au Liban) à l'abri. Il faut le faire tout de suite, immédiatement", a déclaré Benjamin Netanyahu, dont le pays est sous le feu des critiques internationales après que la Finul l'ait accusé de tirer sur ses positions dans le sud du Liban.

Le Hezbollah a fait état pour la première fois de "combats rapprochés" dans le sud du Liban et a indiqué avoir repoussé deux tentatives d'infiltration de troupes israéliennes.

De son côté, l'armée israélienne a évoqué des "combats face à face" avec le Hezbollah.

Elle a fait état de la capture d'un combattant du mouvement libanais dans un tunnel dans le sud du Liban, la première annonce de ce type depuis le lancement de son offensive terrestre transfrontalière fin septembre.

Après avoir affaibli le Hamas à Gaza, Israël a déplacé en septembre le front de la guerre au Liban, avec l'objectif d'éloigner le Hezbollah de la frontière et de permettre le retour dans le nord d'Israël des quelque 60.000 habitants déplacés par les tirs de roquettes, déclenchés par la formation armée libanaise dès le 8 octobre 2023 en soutien au mouvement islamiste palestinien.

La guerre au Liban et celle de Gaza déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, s'accompagnent d'une escalade entre Israël et l'Iran, les dirigeants israéliens menaçant de riposter à une attaque iranienne de missiles le 1er octobre.

En visite à Bagdad, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti dimanche que son pays n'avait "pas de lignes rouges" en ce qui concerne la défense de ses intérêts, affirmant que l'Iran était "totalement prêt à faire face à une situation de guerre".

- "Comme un séisme" -

Dans le sud du Liban, une frappe israélienne a ciblé samedi soir un marché de la ville de Nabatiyeh, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

Entre les  murs de magasins écroulés, les colonnes de fumée âcre et les montagnes de débris calcinés, des secouristes s'activaient encore dimanche matin. Quelques badauds constatent, effarés, les dégâts de la frappe.

Parmi eux, Tareq Sadaqa, n'en croit toujours pas ses yeux: "c'est comme si un séisme avait ravagé le marché", dit-il à l'AFP. "Tout a été détruit, même le petit bistrot qui faisait le coin où l'on buvait notre café le matin."

L'armée israélienne avait récemment appelé les habitants de 25 localités du sud du Liban, dont ceux de Nabatiyeh, à partir vers le nord. Samedi, elle a appelé à évacuer une vingtaine d'autres ainsi que dimanche.

Après l'intensification le 23 septembre des frappes israéliennes sur le sud du Liban, des dizaines de milliers de familles ont fui cette région, selon l'ONU.

Selon ANI, Israël a intensifié depuis minuit ses bombardements sur des villages du sud du pays, bastion traditionnel du Hezbollah, où une ancienne mosquée a été "complètement" détruite par une frappe à Kfar Tebnit.

La Croix-Rouge libanaise a rapporté de son côté que plusieurs de ses secouristes ont été blessés dans une frappe sur une maison dans le sud du Liban.

Le front ouvert en octobre 2023 par le Hezbollah contre Israël, en appui au Hamas, s'est transformé en guerre ouverte le 23 septembre avec le début d'intenses bombardements israéliens sur les bastions du Hezbollah au Liban, tuant notamment le chef du mouvement Hassan Nasrallah.

L'armée israélienne a ensuite lancé une offensive terrestre le 30 septembre dans le sud du Liban, attisant les craintes d'un embrasement régional.

- Tirs "répétés" -

Vendredi, la Finul a accusé les troupes israéliennes de tirer "de façon répétée" et "délibérée" sur ses positions, provoquant un tollé international.

Cinq Casques bleus ont été blessés en 48 heures, selon la Finul.

"Nous regrettons que les soldats de la Finul aient été blessés et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter que cela ne se reproduise. Mais le moyen le plus simple et le plus évident d'y parvenir est tout simplement de les faire sortir de la zone de danger", a déclaré le Premier ministre israélien.

Avant lui, son ministre de la Défense Yoav Gallant a assuré à son homologue américain Lloyd Austin qu'Israël continuerait à prendre des mesures pour protéger les Casques bleus malgré un "défi opérationnel".

Depuis octobre 2023, plus de 2.100 personnes ont été tuées au Liban, dont plus de 1.200 depuis le 23 septembre, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. L'ONU a recensé près de 700.000 déplacés.

- Offensive à Jabalia -

Dans la bande de Gaza dévastée et assiégée, l'armée israélienne a poursuivi son offensive pilonnant principalement la région de Jabalia (nord), où elle accuse le Hamas de chercher à reconstituer ses forces.

Dimanche, son armée a indiqué avoir éliminé des "dizaines" de combattants à Jabalia et frappé "40 cibles". Selon M. Netanyahu, l'armée est "en train de démanteler les bastions du Hamas"  dans le secteur.

Le Hamas a condamné, lui, une "campagne militaire criminelle" dans le nord de la bande de Gaza.

L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.206 personnes en Israël, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels israéliens et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza.

Au moins 42.227 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, dans l'offensive israélienne à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.