Blinken appelle Netanyahu à « tirer parti » de la mort de Sinouar en vue d'une trêve à Gaza

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) est accueilli par l'ambassadeur américain en Israël Jack Lew (à gauche) et le directeur général adjoint du ministère israélien des Affaires étrangères pour l'Amérique du Nord Lior Hayat à son arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, le 22 octobre 2024. (Photo AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à droite) est accueilli par l'ambassadeur américain en Israël Jack Lew (à gauche) et le directeur général adjoint du ministère israélien des Affaires étrangères pour l'Amérique du Nord Lior Hayat à son arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, le 22 octobre 2024. (Photo AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 23 octobre 2024

Blinken appelle Netanyahu à « tirer parti » de la mort de Sinouar en vue d'une trêve à Gaza

  • Lors d'une rencontre avec M. Netanyahu à Jérusalem, M. Blinken a « souligné le besoin de tirer parti [de la mort de Sinouar, tué le 16 octobre par des soldats israéliens
  • Mardi, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à « tirer parti » de la mort du chef du Hamas

TEL-AVIV: Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a affirmé mardi que la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, offrait une "occasion importante" pour mettre fin à la guerre à Gaza, au moment où Israël multiplie les frappes au Liban contre le Hezbollah, allié du mouvement islamiste palestinien.

M. Blinken, en visite à Jérusalem, a également pressé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de prendre des "mesures supplémentaires" pour permettre à l'aide humanitaire, contrôlée par Israël, de "parvenir aux civils d'un bout à l'autre" du territoire palestinien assiégé, selon le département d'Etat.

Mardi soir, des frappes aériennes israéliennes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, un fief du mouvement islamiste libanais, en grande partie désertée par ses habitants, un mois après le début de la guerre au Liban dont le bilan dépasse les 1.500 morts.

Plusieurs bombardements avaient déjà visé ces quartiers dans la journée, dont l'un a touché un immeuble de 11 étages qui s'est effondré comme un château de cartes, selon des images tournées par l'AFP.

Le secrétaire d'Etat, qui effectue sa onzième tournée au Proche-Orient depuis le début de la guerre à Gaza, a affirmé que la mort de Yahya Sinouar offrait une "occasion importante de ramener les otages chez eux" et de "mettre fin à la guerre" à Gaza, en rencontrant dans la soirée le président israélien, Isaac Herzog.

M. Netanyahu, selon son bureau, a assuré à son interlocuteur que la mort de Sinouar "pourrait avoir un effet positif sur le retour des otages" retenus à Gaza.

Yahya Sinouar, considéré comme le cerveau de l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre, a été tué le 16 octobre par des soldats israéliens. Sa mort a porté un coup sévère au Hamas, qu'Israël a promis de détruire.

Israël a également confirmé mardi avoir tué dans une frappe sur Beyrouth début octobre Hachem Safieddine , le successeur pressenti à la tête du Hezbollah d'Hassan Nasrallah, le chef du mouvement tué lui aussi dans un bombardement le 27 septembre.

M. Blinken, qui fera étape mercredi en Arabie saoudite, espère aussi dissuader une escalade militaire entre Israël et l'Iran, qui soutient le Hamas et le Hezbollah, après l'attaque de missiles iranienne sur Israël du 1er octobre.

Un téléphone sous les ruines 

La guerre qui dure depuis plus d'un an dans la bande de Gaza a gagné le Liban, où Israël mène depuis le 30 septembre une offensive terrestre dans les zones frontalières du sud de pays afin d'y neutraliser le Hezbollah et permettre le retour de 60.000 habitants du nord d'Israël déplacés par les tirs de roquettes incessants depuis un an.

Mardi, le Hezbollah a affirmé avoir tiré des drones sur une base militaire près de Haïfa, dans le nord d'Israël, et avoir détruit sept chars israéliens à la frontière, où des combats faisaient rage.

Israël a multiplié de son côté ses frappes à travers le Liban, faisant au moins dix morts, selon les autorités libanaises, dans l'est et le sud du pays, deux autres bastions du Hezbollah.

Lundi, un bombardement a fait 18 morts, selon les autorités, près du plus grand hôpital public du pays, l'hôpital Rafic Hariri, situé à Beyrouth hors des fiefs traditionnels du Hezbollah.

Des enfants jouaient dehors et, "quand le premier missile est tombé, suivi d'un autre, je les ai vus déchiquetés", a témoigné Ola Fahed Eid, une actrice habitant le quartier.

Sur le site de la frappe, au milieu des gravats de plusieurs bâtiments, un photographe de l'AFP a vu mardi des secouristes fouiller les décombres où l'on entendait la sonnerie d'un téléphone portable.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk s'est dit "horrifié" et a exigé une "enquête rapide et approfondie".

Washington avait affirmé lundi oeuvrer à un règlement "au plus vite" du conflit au Liban qui serait basé sur l'application de la résolution 1701 de l'ONU datant de 2006, prévoyant que seuls les Casques bleus de l'ONU et l'armée libanaise soient déployés dans le sud du pays.

Dimanche et lundi, l'armée israélienne avait étendu ses attaques au système financier du Hezbollah en bombardant des bureaux de la société de microcrédit Al-Qard al-Hassan, liée au mouvement chiite.

L'armée a annoncé mardi la mort en Syrie d'un haut responsable chargé des "transferts de fonds du Hezbollah" et affirmé avoir visé un bunker du groupe contenant "des dizaines de millions de dollars".

Au moins 1.552 personnes ont été tuées au Liban depuis les premières frappes israéliennes massives le 23 septembre contre le Hezbollah, d'après un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

A la mi-octobre, l'ONU recensait près de 700.000 déplacés dans le pays.

"Seize jours de siège"

Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne mène depuis le 6 octobre une offensive meurtrière contre le Hamas dans le nord, qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à fuit.

A Jabalia, où l'armée a appelé de nouveau la population à évacuer, "de nombreux hommes" ont été arrêtés, a raconté à l'AFP Nevin Al-Dawasah, une ambulancière réfugiée dans la ville de Gaza, après "16 jours de siège".

La guerre a été déclenchée par l'attaque menée le 7 octobre 2023 par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qui a entraîné la mort de 1.206 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur les données officielles israéliennes, incluant les otages tués ou morts en captivité.

Sur les 251 personnes alors enlevées, 97 restent otages à Gaza, dont 34 ont été déclarées mortes par l'armée.

Au moins 42.718 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l'offensive israélienne menée en représailles à Gaza, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

 


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Short Url
  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
Short Url
  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.