Blinken de retour au Proche-Orient dans l'espoir d'un cessez-le-feu à Gaza

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken (Photo Fournie)
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken (Photo Fournie)
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Publié le Lundi 21 octobre 2024

Blinken de retour au Proche-Orient dans l'espoir d'un cessez-le-feu à Gaza

  • Le secrétaire d'État américain Antony Blinken retourne lundi au Proche-Orient, à deux semaines de l'élection présidentielle aux États-Unis.
  • La guerre dans la bande de Gaza empoisonne la fin de mandat de Joe Biden et pourrait nuire à Kamala Harris le 5 novembre.

WSAHINGTON : Le secrétaire d'État américain Antony Blinken retourne lundi au Proche-Orient, à deux semaines de l'élection présidentielle aux États-Unis, dans l'espoir de capitaliser sur la mort du chef du Hamas afin de parvenir à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Une percée serait un coup de pouce bienvenu pour la vice-présidente démocrate Kamala Harris, qui est engagée dans une âpre bataille pour la Maison Blanche face à l'ancien président républicain Donald Trump.

Il s'agira du 11^e voyage au Moyen-Orient du chef de la diplomatie américaine depuis le début de la guerre provoquée par le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.

Lors de sa dernière visite en Israël, en août, M. Blinken avait prévenu qu'il s'agissait peut-être de la « dernière chance » pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza sous l'égide des pays médiateurs : États-Unis, Qatar et Égypte.

La tentative avait échoué, et le conflit s'est depuis intensifié, et même élargi au Liban contre le Hezbollah, allié de Téhéran comme le Hamas. La communauté internationale attend aussi, fébrilement, la riposte israélienne à l'attaque de l'Iran, qui a lancé 200 missiles vers Israël début octobre.

Mais le président Joe Biden, qui avait lui-même présenté le 31 mai un plan de cessez-le-feu en trois phases à Gaza prévoyant la libération des otages encore retenus par le Hamas, a vu l'occasion de relancer les négociations, au point mort depuis l'été, après la mort du chef du mouvement islamiste palestinien, Yahya Sinouar, tué la semaine dernière par Israël.

« Le moment est venu d'aller de l'avant, de progresser vers un cessez-le-feu », a déclaré le président américain vendredi dernier en Allemagne, en annonçant qu'il dépêchait son chef de la diplomatie dans la région.

Le déplacement du secrétaire d'État intervient quelques jours après que ce dernier, avec le ministre de la Défense Lloyd Austin, a averti Israël que les États-Unis pourraient suspendre une partie de leur aide militaire, qui se chiffre en milliards de dollars, si le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne permettait pas, dans les 30 jours, l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté et où se poursuivent les frappes israéliennes, notamment dans le nord.

L'ONU y a qualifié la situation humanitaire de catastrophique.

- Le jour d'après -

La guerre dans la bande de Gaza empoisonne la fin de mandat de Joe Biden et pourrait nuire à Kamala Harris le 5 novembre. Nombre de démocrates s'offusquent en effet du soutien quasi inconditionnel apporté par les États-Unis à Israël.

De son côté, Donald Trump accuse l'administration démocrate de mettre des bâtons dans les roues du dirigeant israélien en tentant de le « retenir », alors que ce dernier est celui-là même à qui il demande de « finir le travail » à Gaza.

M. Trump entretient une relation compliquée avec M. Netanyahu, mais les électeurs républicains soutiennent massivement Israël et son dirigeant.

Antony Blinken arrivera en Israël mardi, avant de se rendre dans plusieurs capitales arabes jusqu'à vendredi, selon le département d'État qui n'a toutefois pas précisé lesquelles.

Il y « discutera de l'importance de mettre fin à la guerre à Gaza, de garantir la libération de tous les otages et d'alléger les souffrances du peuple palestinien », a indiqué le département d'État dans un communiqué.

Il plaidera également en faveur d'une « solution diplomatique » au Liban, où les États-Unis se sont abstenus d'exiger un cessez-le-feu immédiat.

Lors de ses multiples déplacements dans la région, en particulier au Qatar, en Égypte et en Arabie saoudite, M. Blinken s'est aussi efforcé de préparer le « jour d'après » la guerre en matière de reconstruction et de gouvernance dans le territoire palestinien, où la tâche s'annonce gigantesque.

Peu de détails concrets ont filtré sur ces préparatifs, notamment pour savoir qui pourra y assurer la sécurité, mais les pays arabes ont dit ne pas être prêts à payer seuls la facture sans perspective de création d'un État palestinien, ce qu'Israël rejette.

En parallèle, les États-Unis laissent miroiter la possibilité d'une normalisation des relations entre Israël et l'Arabie saoudite, ce qui constituerait un tournant historique dans la région.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".