L'Arabie saoudite et la France vont collaborer sur trois projets d'énergie renouvelable selon Al-Fallih

Khalid Al-Falih, ministre de l'Investissement, s'est exprimé lors du Forum de l'Initiative verte saoudienne. (Capture d'écran)
Khalid Al-Falih, ministre de l'Investissement, s'est exprimé lors du Forum de l'Initiative verte saoudienne. (Capture d'écran)
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Publié le Mardi 03 décembre 2024

L'Arabie saoudite et la France vont collaborer sur trois projets d'énergie renouvelable selon Al-Fallih

  • Selon le ministre de l'Investissement Khalid Al-Falih, trois projets d'énergie renouvelable devraient être développés en Arabie saoudite avec la participation d'entreprises françaises.
  • Le Royaume se positionne comme une plaque tournante mondiale pour l'investissement vert, soutenu par une demande robuste, la confiance des investisseurs et une gouvernance stable. 

RIYADH : Selon le ministre de l'Investissement Khalid Al-Falih, trois projets d'énergie renouvelable devraient être développés en Arabie saoudite avec la participation d'entreprises françaises.

Ces initiatives, qui seront officiellement annoncées par le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, en présence du président français Emmanuel Macron, s'inscrivent dans le cadre des efforts croissants déployés par le royaume pour mener la transition mondiale vers une énergie durable. 

« Je ne sais pas si l'information a été diffusée, mais je vais l'annoncer. Il y aura trois grands projets renouvelables annoncés par Son Altesse Royale le prince Abdulaziz et signés en présence du président Macron », a déclaré M. Al-Falih lors du Forum de l'Initiative verte saoudienne qui s'est tenu à Riyad dans le cadre de la COP16. 

S'exprimant sur l'évolution générale vers la durabilité, M. Al-Falih a souligné que la finance verte était essentielle pour l'avenir de l'investissement mondial, mettant en avant son alignement sur la vision de l'Arabie saoudite en matière de développement durable. 

Selon lui, le monde d'aujourd'hui s'oriente véritablement vers le financement, l'investissement et le soutien de la durabilité, de l'énergie et des matériaux. Il a notamment mis l'accent sur des domaines clés tels que la gestion de l'eau et la lutte contre la désertification. 

Selon M. Al-Falih, des investissements annuels mondiaux d'une valeur de plusieurs billions de dollars sont nécessaires pour relever ces défis. 

Le ministre a fait remarquer que les capitaux disponibles dans le monde pour des investissements durables sont considérables et en augmentation constante. 

« Nous estimons que l'année dernière, les fonds disponibles s'élevaient à 3 000 milliards de dollars. Et ce qui est le plus étonnant, selon moi, c'est qu'il est prévu de multiplier par sept ces 3 000 milliards de dollars d'ici à 2033, soit dans huit ans. Les fonds sont donc là », a-t-il déclaré. 

Il a ajouté que les gouvernements doivent jouer un rôle clé pour rendre les investissements attrayants en les rendant moins risqués pour les capitaux privés. 

« Il faut aller là où il y a de la demande, et la demande est essentielle », a-t-il expliqué. « Il faut des gouvernements et des systèmes auxquels les investisseurs peuvent faire confiance et qui présentent tous les éléments de stabilité et de prévisibilité. Et nous pensons que l'Arabie saoudite est l'endroit qu'ils doivent regarder », a-t-il ajouté. 

Le Royaume se positionne comme une plaque tournante mondiale pour l'investissement vert, soutenu par une demande robuste, la confiance des investisseurs et une gouvernance stable. 

« L'avenir de la finance est vert. C'est le vert, qui se trouve être la couleur de notre drapeau. Il se trouve que c'est le thème de cette grande initiative lancée par Son Altesse - Green Saudi, Green Middle East », a déclaré M. Al-Falih, ajoutant que le pays offre un environnement stable aux investisseurs en gérant les risques et en offrant des opportunités prévisibles. 

M. Al-Falih a également souligné les avancées de l'Arabie saoudite en matière de production d'énergie renouvelable, en particulier d'énergie éolienne et solaire, décrivant ces secteurs comme étant « gagnant-gagnant » pour la nation. 

« Les électrons verts qui produisent de l'électricité à partir de l'énergie éolienne et solaire sont le fruit le plus facile à cueillir, avec lequel nous avons commencé et que Son Altesse Royale le prince Abdulaziz est en train de doubler de manière massive », a-t-il déclaré, expliquant que ces projets ne favorisent pas seulement la durabilité, mais créent également des opportunités économiques. 

« Pour nous, c'est gagnant, gagnant, gagnant, car nous déplaçons des liquides qui peuvent être exportés vers des endroits qui ont besoin d'hydrocarbures liquides pour assurer leur longévité économique. 

Outre les énergies renouvelables, M. Al-Falih a souligné la croissance rapide du capital-risque dans le Royaume et les efforts déployés pour favoriser l'émergence d'un écosystème de startups.

Il a également souligné que l'Arabie saoudite est devenue le premier marché de capital-risque du Moyen-Orient, avec un secteur ayant été multiplié par 21 au cours des dernières années. 

Le gouvernement a soutenu cette croissance par des initiatives telles que Biban, LEAP et le Garage, un incubateur phare s'inspirant de la STATION F en France. 

« Nous attribuons des milliers de résidences à tous ces entrepreneurs parce que nous voulons qu'ils se sentent chez eux », a-t-il ajouté. 

« Le système de création d'entreprises et de start-ups ne se limite pas aux entreprises saoudiennes. Ce qui est passionnant, ce sont nos conférences que nous venons d'organiser. Nous venons d'organiser Biban. Quelques mois plus tôt, nous avons eu LEAP ; des centaines, voire des milliers de start-ups sont venues du monde entier et nous leur accordons des licences au MISA (ministère de l'investissement). »

M. Al-Falih a également souligné l'engagement du Royaume à stimuler l'investissement vert à l'échelle mondiale, envisageant l'Arabie saoudite comme la principale plaque tournante de la finance durable. 

« Nous lancerons de nombreux programmes d'investissement dans le domaine de l'économie verte. Et comme je l'ai mentionné précédemment, l'avenir de la finance est vert, et le centre de cet investissement sera l'Arabie saoudite. Et ces fonds iront naturellement là où se trouve le centre de gravité », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
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  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.


Rachat de SFR en France: la fin des négociations entre opérateurs attendue vendredi

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012. (AFP)
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  • Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros
  • Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours

PARIS: Après un premier report, la période de négociations exclusives sur la vente de l'opérateur SFR à ses trois concurrents français doit s'achever vendredi, avec en ligne de mire un possible accord et une reconfiguration du marché à trois opérateurs.

Le secteur des télécoms s'offre un deuxième moment de suspens avec cette nouvelle échéance.

Les potentiels acheteurs, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, avaient annoncé mi-avril être tombés d'accord sur un prix de vente avec l'opérateur au carré rouge, à hauteur de 20,35 milliards d'euros, mais de nombreux détails du contrat restaient à finaliser.

Depuis l'extension mi-mai de la période de négociations exclusives jusqu'au 5 juin, les opérateurs se gardent de tout commentaire officiel sur les échanges en cours.

"Ce type de dossier est d'une complexité sans nom", estime auprès de l'AFP une source proche des négociations.

Selon cette même source, si "tout le monde bosse dans un esprit constructif" pour parvenir à un accord rapidement, "plus personne n'est à deux jours près".

Deux issues sont privilégiées: un accord, ou une nouvelle extension de la période de négociations.

L'hypothèse d'un recul avec abandon des discussions apparaît quant à elle comme très improbable, après des mois d'échanges entre les trois potentiels acheteurs, regroupés au sein d'un consortium, et la maison mère de SFR, Altice France.

Accord inédit 

"Si ça devait être le cas, j'imagine qu'ils auraient jeté l'éponge il y a quelques semaines déjà", dit à l'AFP Renaud Kanayakis, associé au sein du cabinet 2023 Conseil.

"Côté Altice France, Patrick Drahi doit trouver une solution pour les actifs de SFR, toujours dans cette logique de réduction de sa dette", poursuit le spécialiste des télécoms.

D'après plusieurs sources proches du dossier, l'un des points sensibles des négociations concerne les contours de la clause d'"earn out", qui définit un complément de prix en fonction de certains paramètres liés à l'entreprise rachetée.

Si les contours de l'éventuel deal final n'ont pas encore été réglés, ce premier accord sur le prix de vente, officialisé mi-avril avec l'ouverture de la période de négociations exclusives, constitue déjà un événement inédit dans un secteur des télécoms très compétitif.

La réunion de trois concurrents au sein d'un même consortium d'acheteurs, puis la poursuite des discussions avec le groupe du milliardaire Patrick Drahi, après le refus d'une première offre de rachat à hauteur de 17 milliards d'euros, augurent d'une possible reconfiguration du marché.

Millions d'abonnés 

En cas de rachat de SFR, partagé entre les acheteurs, le secteur reviendrait alors à trois opérateurs, une situation jamais vue depuis l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

Les 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions de clients fixes seront répartis à terme vers Free, Bouygues ou Orange.

Si elle aboutit, l'opération restera soumise au contrôle des autorités de concurrence. La compétence de Bruxelles ou de Paris devra alors être tranchée, avant que ne s'ouvre une phase d'évaluation du dossier qui devrait prendre environ 18 mois.

Sur un marché à trois opérateurs, les observateurs du secteur s'attendent à une hausse des prix, qui devrait être relativement modérée selon de nombreux spécialistes.

En parallèle, les salariés de SFR, mais également ceux des autres opérateurs, ont émis des craintes au sujet de leurs emplois.

Tandis que le syndicat CFE-CGC Télécoms s'est inquiété d'une "casse sociale annoncée", les représentations syndicales CFDT chez Bouygues Telecom et SFR ont quant à elle demandé des "garanties concrètes pour l'emploi".