« Nous attendions ce jour depuis longtemps » : Damas se réveille sans Assad

Un portrait du président syrien Bachar al-Assad est photographié avec son cadre brisé, dans un bâtiment de la Direction de la sécurité politique du régime syrien à la périphérie de la ville de Hama, après la prise de la zone par les forces anti-gouvernementales, le 7 décembre 2024. (Photo AFP)
Un portrait du président syrien Bachar al-Assad est photographié avec son cadre brisé, dans un bâtiment de la Direction de la sécurité politique du régime syrien à la périphérie de la ville de Hama, après la prise de la zone par les forces anti-gouvernementales, le 7 décembre 2024. (Photo AFP)
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Publié le Dimanche 08 décembre 2024

« Nous attendions ce jour depuis longtemps » : Damas se réveille sans Assad

  • À Damas, des tirs de joie ont retenti et des invocations religieuses ont été lancées dans les haut-parleurs des mosquées.
  • Quelques dizaines de personnes ont rallié la place des Omeyyades, dans le centre de Damas, pour célébrer la chute du clan Assad au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, dans un pays morcelé par une guerre civile meurtrière depuis 2011.

DAMAS : À Damas, des tirs de joie ont retenti et des invocations religieuses ont été lancées dans les haut-parleurs des mosquées. La capitale syrienne, encore sonnée par l'annonce de la « fuite » du président Bachar al-Assad, s'est réveillée dimanche avant l'aube sous contrôle rebelle.

Selon des témoins contactés par l'AFP, quelques dizaines de personnes ont rallié la place des Omeyyades, dans le centre de Damas, pour célébrer la chute du clan Assad au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, dans un pays morcelé par une guerre civile meurtrière depuis 2011.

« On attendait ce jour depuis longtemps », a indiqué Amer Batha, joint au téléphone par l'AFP depuis la place des Omeyyades, dans un pays dirigé d'une main de fer par un pouvoir qui réprimait toute dissidence et étouffait les libertés publiques.

« Je n'arrive pas à croire que je suis en train de vivre cet instant », lâche ce Syrien qui fond en larmes. « C'est une nouvelle histoire qui commence pour la Syrie. »

Dans une autre place publique du centre de Damas, des dizaines d'habitants ont piétiné une statue de Hafez al-Assad, le père de Bachar, sous les cris de « Allah Akbar » (« Dieu est le plus grand ») lancés à la volée pour exprimer leur joie. Selon des images de l'AFPTV, ils avaient auparavant fait chuter et brisé la statue.

« La Syrie est à nous, elle n'est pas à la famille Assad », ont scandé des hommes armés des groupes rebelles circulant dans certaines rues de Damas et tirant en l'air en signe de joie.

Les soldats du régime se débarrassaient, eux, à la hâte de l'uniforme militaire de l'armée syrienne en sortant du siège de l'état-major sur la place des Omeyyades, ont raconté à l'AFP des habitants.

Illustrant la débandade qui a accompagné l'offensive fulgurante des rebelles dans la capitale, les locaux de la télévision et de la radio publiques ont été abandonnés par les fonctionnaires, selon un ancien employé.

« Tout est fini. »

À quelques kilomètres de là, dans le pittoresque vieux Damas où vivent de nombreuses familles chrétiennes, de jeunes Syriens scandaient dans les allées étroites « Le peuple syrien est uni », un message se voulant rassurant à destination des minorités d'un pays multi-confessionnel, déchiré par 13 années d'une guerre civile meurtrière et dévastatrice.

Dans un autre quartier, à Chaghour, des femmes agitaient des cris de joie depuis leurs balcons, tandis que d'autres jetaient du riz au passage de combattants armés.

« Je n'arrive pas à croire qu'à partir d'aujourd'hui, je n'aurai plus peur », confie à l'AFP Ilham Basatina, fervente quinquagénaire juchée sur son balcon à Chaghour.

« Notre joie est immense aujourd'hui, mais elle ne sera complète que quand le criminel sera jugé », lâche-t-elle en référence à Bachar al-Assad. Les rebelles entrés à Damas ont annoncé que le « tyran » s'était enfui.

Avant le lever du jour, la capitale a été secouée par cinq fortes déflagrations d'origine inconnue, probablement des tirs d'artillerie ou des explosions dans des entrepôts de munitions, selon un soldat en cavale qui a requis l'anonymat.

« Notre supérieur direct nous a informés qu'il fallait nous retirer et rentrer chez nous », raconte-t-il à l'AFP : « On a compris que tout était fini. »

- « Culture de la peur » -

Sur les réseaux sociaux, journalistes, fonctionnaires et parlementaires ont rapidement changé leur photo de profil, arborant le drapeau de l'opposition.

« Ce n'est pas la faute des journalistes et des médias syriens », a justifié Waddad Abd Rabbo, le rédacteur en chef du quotidien progouvernemental Al-Watan.

« Nous n'étions que des exécuteurs d'ordres, des diffuseurs d'informations qu'ils nous envoyaient », a-t-il ajouté en référence aux autorités.

Sur Facebook, l'acteur syrien Ayman Zidan a reconnu qu'il s'était laissé « prendre au piège de l'illusion ». « Peut-être étions-nous prisonniers d'une culture de la peur. Ou avions-nous peur du changement, car nous redoutions le chaos et le sang », ajoute-t-il.

« Mais nous voilà aux portes d'une nouvelle ère, avec des hommes qui nous ont impressionnés par leur noblesse, leur culture du pardon et leur désir de restaurer l'unité du peuple syrien », dit-il encore en allusion aux rebelles.

Ces rebelles qui, dans les rues de Damas, en treillis militaires, s'agenouillaient pour embrasser le sol, saisis par l'émotion ou en prière. D'autres se prenaient en photo, tandis que les tirs nourris des armes à feu retentissaient sans discontinuer.


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


L'Iran dit avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats

L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
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  • "Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït"
  • Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source

TEHERAN: L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire.

"Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", indique un communiqué militaire relayé par la télévision d'Etat.

Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source.