Le prince Faisal ben Farhane se joint aux diplomates arabes et américains pour plaider en faveur d'un nouvel État syrien

Les puissances régionales et mondiales s'efforcent d'influencer le gouvernement qui remplacera le président déchu Bachar al-Assad. (AFP)
Les puissances régionales et mondiales s'efforcent d'influencer le gouvernement qui remplacera le président déchu Bachar al-Assad. (AFP)
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Publié le Lundi 28 avril 2025

Le prince Faisal ben Farhane se joint aux diplomates arabes et américains pour plaider en faveur d'un nouvel État syrien

  • Le communiqué final publié à l'issue de la réunion exprime un soutien ferme au peuple syrien
  • Il a souligné la nécessité d'une transition politique pacifique, inclusive et dirigée par les Syriens.

AQABA: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a rejoint samedi en Jordanie de hauts diplomates des États-Unis, de la Turquie, de l'Union européenne et des pays arabes pour des discussions sur la Syrie, à la suite de l'éviction du président Bachar Assad en début de semaine.

Le prince Faisal a dirigé la délégation du Royaume lors de cette réunion, qui s'est tenue sous les auspices de la Ligue arabe. Les discussions ont porté sur le soutien à un processus politique transitoire mené par les Syriens afin de relever les défis auxquels le peuple syrien est confronté.

Les discussions ont mis l'accent sur la restauration des institutions nationales syriennes, la garantie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays et le soutien aux aspirations de ses citoyens à une vie sûre et digne.

Des personnalités éminentes, telles que le prince Musab bin Mohammed Al-Farhane et l’ambassadeur saoudien en Jordanie Nayef Al-Sudairy, y ont également participé.

Samedi, après la réunion, a été publié un communiqué final exprimant un ferme soutien au peuple syrien et soulignant la nécessité d’une transition politique pacifique, inclusive et dirigée par la Syrie, guidée par la résolution 2254 des Nations unies.

Cela inclurait la formation d’un organe de gouvernance transitoire, l’élaboration d’une nouvelle constitution et l’organisation d’élections supervisées par l’ONU, a déclaré le communiqué.

Les ministres ont appelé à un cessez-le-feu, à la protection des institutions de l’État syrien et à des efforts de lutte contre le terrorisme.

Ils ont souligné l’importance de la fourniture d’une aide humanitaire permettant le retour volontaire des réfugiés, la réconciliation nationale et la justice transitionnelle.

La réunion a condamné les violations israéliennes dans les territoires syriens et réaffirmé que le plateau du Golan est un territoire syrien occupé.

Les diplomates se sont également engagés à soutenir l’unité, la souveraineté et la reconstruction de la Syrie, tout en coordonnant leurs efforts avec des partenaires arabes et internationaux afin de garantir les aspirations du peuple syrien à un avenir stable et sûr, a rapporté l’agence de presse saoudienne.

L’administration du président sortant des États-Unis, Joe Biden, a commencé à s’engager avec les groupes militants victorieux, y compris Hayat Tahrir Al-Sham (HTS), qui ont mené un assaut éclair ayant pris fin avec la capture de Damas dimanche.

Cette semaine, Biden a envoyé le secrétaire d’État Antony Blinken dans la région pour obtenir le soutien des principes que Washington espère voir guider la transition politique en Syrie, comme le respect des minorités.

Pendant ce temps, la Turquie, pays voisin de la Syrie, soutient depuis des années les forces d’opposition syriennes qui cherchent à renverser Assad et est prête à jouer un rôle influent à Damas.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré vendredi que l’ambassade de son pays à Damas reprendrait ses activités samedi, après la visite cette semaine du chef du renseignement turc.

La Jordanie, voisin syrien, a accueilli la réunion de samedi à Aqaba. La Russie et l’Iran, qui sont les principaux partisans d’Assad, n’ont pas été invités.

Les ministres des Affaires étrangères de Fidan et des États-Unis, de la Jordanie, de l’Irak, du Liban, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Qatar se sont réunis autour d’une table circulaire dans une maison d’hôtes du gouvernement jordanien, en présence de Blinken, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, de Geir Pederson, et de la cheffe de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas. Aucun représentant syrien n'était présent à la table ronde.

Samedi, Blinken avait rencontré Pederson à son hôtel et déclaré que c’était une période « d’opportunités, mais aussi de vrais défis » pour la Syrie.

La Turquie et les États-Unis, tous deux membres de l’OTAN, ont des intérêts contradictoires concernant certains de ces militants. Des militants soutenus par la Turquie dans le nord de la Syrie se sont affrontés aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dirigée par des Kurdes.

Les FDS, qui contrôlent certains des plus importants champs de pétrole de la Syrie, sont le principal allié d’une coalition américaine dans la lutte contre les militants de Daesh. Il est dirigé par la milice YPG, un groupe qu’Ankara considère comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation qu'il proscrit et que les Turcs combattent depuis 40 ans.

Lors d'une visite à Ankara jeudi et vendredi, Blinken a déclaré aux responsables turcs que Daesh ne devait pas être en mesure de se regrouper et que les FDS ne devaient pas être distraits de leur rôle de sécurisation des camps abritant des combattants de Daesh, selon un responsable américain. Les dirigeants turcs ont donné leur accord, a déclaré le responsable.

Fidan a déclaré à la télévision turque, plus tard vendredi, que l’élimination des YPG était la « cible stratégique » de Turquie, et a exhorté les commandants du groupe à quitter la Syrie.

* Avec Reuters

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Dans une rare visite en Egypte, Xi appelle à combattre «les ingérences» au Moyen-Orient

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
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  • Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées
  • La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran

LE CAIRE: Le président chinois Xi Jinping, à l'occasion de sa première visite en Egypte en dix ans, a mis en garde mercredi contre les "ingérences extérieures" au Moyen-Orient, au moment où la région s'enfonce de nouveau dans la guerre.

Le conflit était au coeur des discussions au palais d'Al-Ittihadiya au Caire, Xi et son homogue égyptien Abdel Fattah al-Sissi appelant à des "solutions diplomatiques" pour mettre durablement fin aux hostilités.

"Nous devons défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires, nous opposer aux ingérences extérieures (...)", a déclaré M. Xi, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Il s'est aussi dit prêt à travailler avec les pays de la région pour assurer la sécurité de la navigation, ébranlée par les attaques régulières de navires dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Canal de Suez 

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières.

Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités.

Cette annonce, dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la zone du canal de Suez, alors que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran menace le commerce maritime mondial.

Une série d'accords supplémentaires ont été signés, sans que les autorités égyptiennes en précisent la teneur.

La venue du président chinois intervient au moment où Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l'Iran.

Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées.

La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran.

Autonomie stratégique 

Dans le cadre de son offensive contre l'Iran lancée avec Israël fin février, Washington a juré le mois dernier d'asphyxier l'économie iranienne, menaçant d'élargir ses sanctions, qui pourraient également frapper des banques chinoises.

La Chine, grand acheteur de pétrole iranien, a de son côté promis de défendre ses intérêts.

A l'approche d'une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre, Pékin cherche également à renforcer ses liens avec les pays de la région proches de Washington.

Or l'Egypte est l'un des plus gros bénéficiaires de l'aide militaire américaine et un médiateur historique clé au Moyen-Orient.

Selon des analystes, Le Caire compte utiliser cette visite pour mettre en avant son autonomie stratégique, en montrant qu'il peut tirer parti de ses relations étroites avec Washington comme avec Pékin.

Abdel Fattah al-Sissi, dans un texte publié mardi dans les médias égyptiens, a ainsi vanté sa "politique étrangère indépendante". Il a aussi assuré que ces deux membres des Brics étaient des "partenaires" pour "renforcer le rôle du Sud global", dans un monde de plus en plus polarisé.

"Générations d'amitié" 

Xi Jinping doit se rendre plus tard mercredi au Grand Musée égyptien près des pyramides de Gizeh.

A travers la mégapole de plus de 26 millions d'habitants, les grandes avenues ont été décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux montrant les deux présidents ou vantant des "générations d'amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil".

Les investissements chinois jouent déjà un rôle clé dans les grands projets du président Sissi: ils ont financé le quartier des finances et des affaires, constellé de gratte-ciels, dans la nouvelle capitale administrative située à 50 km à l'est du Caire.

Pékin est un important exportateur vers l'Egypte, avec un excédent commercial atteignant 12 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, selon les douanes chinoises.

Les deux pays sont également liés par leur coopération militaire: l'Egypte qui, sous l'administration Sissi, est devenue l'un des plus gros pays acheteurs d'armes au monde, a accueilli en août d'importants exercices conjoints de combat aérien avec l'armée chinoise, mettant en scène le puissant chasseur J-16.


Liban: une frappe israélienne tue un homme dans le sud 

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
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  • Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher
  • Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur Nabatiyé

BEYROUTH: Un homme a été tué et un autre blessé mercredi dans une frappe israélienne sur la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a rapporté un média d'Etat, l'armée israélienne affirmant avoir visé des infrastructures du Hezbollah pro-iranien.

Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani.

De son côté, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir "frappé des infrastructures terroristes dans la région de Nabatiyé", affirmant riposter "au lancement par le Hezbollah dans la nuit de deux drones d'attaques" contre ses soldats dans la région de la crête d'Ali Taher.

Les violences entre les deux parties ont baissé d'intensité depuis le mois de juin, à la suite d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran puis de la signature d'un accord cadre entre le Liban et Israël.

Mais 11 personnes avaient été tuées le 15 août dans des frappes israéliennes, les attaques les plus meurtrières depuis, et une femme a trouvé la mort la semaine dernière dans un raid israélien.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

L'accord-cadre signé entre le Liban et Israël prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah est opposé aux négociations entre le Liban et Israël qui doivent en principe tenir une nouvelle session en septembre, dont la date n'a toujours pas été fixée.

Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà entraîné le Liban dans une guerre avec Israël en octobre 2023, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Au total, les deux guerres ont fait 8.920 morts selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.

 


«Nous ne nous retirerons pas», lance Netanyahu lors d'un déplacement à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
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  • "Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent"
  • Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre.

"Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent", a-t-il dit.

Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Lors de cette visite, la première depuis la trêve, M. Netanyahu a réitéré son objectif de "désarmer le Hamas et démilitariser Gaza".

"Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l'achèverons", a dit le dirigeant, venu pour la dernière fois en avril 2025.

Ce déplacement intervient en pleine campagne pour les élections législatives en Israël, où la question du devenir de la présence israélienne dans ce territoire palestinien joue un rôle central.

Il se tient aussi au moment où le président américain Donald Trump tente d'arracher un accord pour tourner la page de la guerre déclenchée par Israël à Gaza après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste Hamas.

Confronté à un scrutin qui s'annonce très serré, M. Netanyahu a rejeté le mois dernier l'ultime étape du plan de paix. Le Hamas avait lui accepté le texte qui, dans sa version publiée par le "Conseil de paix", lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Mais Israël refuse tout retrait militaire tant que le mouvement islamiste palestinien ne serait pas "véritablement" désarmé.

En dépit du cessez-le-feu, l'armée israélienne bombarde quasi quotidiennement le territoire palestinien.

Mardi, Israël a affirmé avoir arrêté le chef de la sécurité intérieure du mouvement islamiste palestinien Hamas lors d'une opération à Gaza.

Les opérations israéliennes y ont fait au moins 1.334 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.