Liban: le président élu Joseph Aoun, un militaire respecté sans expérience politique

Le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, élu jeudi président de la République, n'a aucune expérience politique mais tire profit de sa position à la tête d'une des institutions les plus respectées du pays, miné par les crises politique et financière. (AFP)
Le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, élu jeudi président de la République, n'a aucune expérience politique mais tire profit de sa position à la tête d'une des institutions les plus respectées du pays, miné par les crises politique et financière. (AFP)
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Publié le Jeudi 09 janvier 2025

Liban: le président élu Joseph Aoun, un militaire respecté sans expérience politique

  • Le général, qui célébrera vendredi son 61ème anniversaire, jouit par ailleurs du soutien de plusieurs puissances étrangères comme les Etats-Unis et de l'Arabie saoudite
  • Le général Aoun, qui n'a aucun lien familial avec le président sortant Michel Aoun, dirige depuis mars 2017 une institution qui a pu rester à l'écart des dissensions confessionnelles et politiques qui déchirent le pays

BEYROUTH: Le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, élu jeudi président de la République, n'a aucune expérience politique mais tire profit de sa position à la tête d'une des institutions les plus respectées du pays, miné par les crises politique et financière.

Le général, qui célébrera vendredi son 61ème anniversaire, jouit par ailleurs du soutien de plusieurs puissances étrangères comme les Etats-Unis et de l'Arabie saoudite.

Il a été élu jeudi par les députés lors d'un deuxième tour de scrutin alors que le Liban était privé depuis plus de deux ans d'un chef de l'Etat en raison des profondes divergences entre blocs politiques.

Le général Aoun, qui n'a aucun lien familial avec le président sortant Michel Aoun, dirige depuis mars 2017 une institution qui a pu rester à l'écart des dissensions confessionnelles et politiques qui déchirent le pays.

"Homme intègre" 

Au sein de l'armée, il a su manœuvrer pour surmonter les crises, notamment un effondrement économique qui a frappé de plein fouet la solde de ses 80.000 soldats, l'obligeant à accepter des aides internationales pour préserver son institution.

Depuis un accord de cessez-le-feu fin novembre mettant fin à la guerre entre le puissant mouvement Hezbollah et Israël, l'armée a la tâche délicate d'assurer le respect de la trêve.

Elle se déploie progressivement dans les zones frontalières du sud à mesure que l'armée israélienne s'en retire, un processus qui doit être achevé au 26 janvier.

Conformément à l'accord, seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU doivent être déployés dans le sud. Les combattants du Hezbollah doivent se retirer vers des régions plus au nord et abandonner leurs armes lourdes.

Intervenant dans le fief du Hezbollah, qui a promis une "coopération totale", le chef de l'armée doit veiller à préserver le précaire équilibre social et confessionnel du jeu politique libanais: ne pas fâcher le mouvement pro-iranien sans s'attirer les foudres de ses détracteurs.

Le militaire au verbe laconique, chauve et à la carrure solide, peut compter sur son réseau tissé à travers l'ensemble de la classe politique libanaise, mais aussi ses contacts avec les capitales occidentales, Paris et Washington en tête.

"Il a la réputation d'être un homme intègre", indique à l'AFP le politologue Karim Bitar.

"Au sein de l'armée libanaise, il est perçu comme quelqu'un de dévoué, qui défend l'intérêt national, et qui essaye de consolider l'institution, la seule encore épargnée par le confessionnalisme et qui tient encore debout", ajoute-t-il.

Mohanad Hage Ali, du think-tank Carnegie pour le Moyen-Orient, souligne ses "liens avec les Etats-Unis", l'armée libanaise étant financièrement soutenue par Washington.

"Il a entretenu des relations avec tout le monde, mais il a souvent été critiqué par les médias affiliés au Hezbollah" justement pour cette connexion américaine, ajoute-t-il.

Encore un militaire 

Outre l'allié américain, l'institution a reçu des aides du Qatar ou de la France.

Une conférence internationale organisée à Paris en octobre a permis de lever 200 millions de dollars pour l'armée, un soutien vital: au plus fort de la crise économique en 2020, l'armée avait même dû retirer la viande des repas servis à ses militaires.

"Tout le monde reconnaît son bilan sans faute à la tête de l'armée", indique à l'AFP un diplomate occidental. "Mais peut-il se muer en politicien? C'est la question."

A l'aise en français et en anglais, le général Aoun est père de deux enfants. Il est issu de la communauté chrétienne maronite, à laquelle la présidence est réservée, en vertu du partage confessionnel du pouvoir qui accorde aux musulmans sunnites le poste de Premier ministre et aux musulmans chiites celui de président du Parlement.

Pour M. Bitar, "même parmi ceux qui le respectent, nombreux sont ceux" qui étaient opposés à son élection, "essentiellement parce qu'il vient de l'armée".

Car certains ex-présidents au profil similaire ont laissé aux Libanais "un arrière-goût amer", ajoute-t-il. Sans compter que cela pourrait entériner l'idée que le chef de l'armée peut "systématiquement devenir président".

Michel Aoun était aussi un ancien commandant des forces armées libanaises, et ses trois prédécesseurs étaient également issus des rangs de l'institution militaire.

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.