La flotte aérienne du Moyen-Orient devrait croître de 5 % par an, surpassant la moyenne mondiale

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les moteurs de cette croissance, puisqu'ils représentent 60 % du marché de l'aviation de la région, selon l'analyse d'Oliver Wyman. (Shutterstock)
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les moteurs de cette croissance, puisqu'ils représentent 60 % du marché de l'aviation de la région, selon l'analyse d'Oliver Wyman. (Shutterstock)
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Publié le Vendredi 21 mars 2025

La flotte aérienne du Moyen-Orient devrait croître de 5 % par an, surpassant la moyenne mondiale

  • La flotte aérienne commerciale du Moyen-Orient devrait enregistrer un taux de croissance annuel composé de 5,1 % entre 2025 et 2035, dépassant la moyenne mondiale de 2,8 %

Riyad : La flotte aérienne commerciale du Moyen-Orient devrait enregistrer un taux de croissance annuel composé de 5,1 % entre 2025 et 2035, dépassant la moyenne mondiale de 2,8 %, selon de nouvelles prévisions.

Selon un rapport du cabinet de conseil Oliver Wyman, la flotte aérienne du Moyen-Orient devrait atteindre 2 557 avions, une expansion principalement portée par la demande croissante de vols court-courriers.

La part du Moyen-Orient dans la flotte commerciale mondiale devrait passer de 5,3 % en 2025 à 6,7 % en 2035. En parallèle, l’expansion de la flotte entraînera une hausse des dépenses de maintenance, de réparation et de révision, qui devraient passer de 16 milliards de dollars en 2025 à 20 milliards de dollars en 2035, portée par l’augmentation du nombre d’aéronefs.

L’analyse met en avant les efforts significatifs déployés par la région pour renforcer son secteur de l’aviation, en accord avec des ambitions économiques plus larges, notamment en Arabie saoudite, où la stratégie nationale de tourisme du gouvernement vise à attirer 150 millions de visiteurs d’ici à 2030.

Andre Martins, responsable des pratiques en transport, services et opérations pour l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique chez Oliver Wyman, a déclaré : “Le marché de l’aviation commerciale au Moyen-Orient est en plein essor, porté par une forte demande de voyages aériens, tant des compagnies aériennes à service complet que des transporteurs à bas coût qui gagnent du terrain sur le marché”.

Il a ajouté : “L’expansion de la flotte dans la région sera principalement alimentée par l’ajout d’avions à fuselage étroit qui répondront à la croissance des vols intérieurs et des vols court-courriers”.

M. Martins a déclaré que les différents pays du Moyen-Orient ont la possibilité de saisir l’important potentiel du marché sur l’ensemble de la chaîne de valeur, tout en améliorant la productivité et l’efficacité des opérations.

“En s’appuyant sur les connaissances et les meilleures pratiques mondiales, le secteur de l’aviation au Moyen-Orient peut adapter ses stratégies pour relever les défis locaux tout en apportant des améliorations significatives”, a-t-il ajouté.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis volent haut

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les principaux moteurs de cette croissance, puisqu’ils représentent 60 % du marché de l’aviation de la région, selon l’analyse d’Oliver Wyman.

L’Arabie saoudite est en tête pour les voyages intérieurs, représentant 45 % du nombre total de sièges, tandis que les Émirats arabes unis se concentrent sur le trafic international.

Un récent rapport de l’Association internationale du transport aérien (IATA) a souligné la croissance du secteur de l’aviation au Moyen-Orient, la demande de passagers ayant augmenté de 9,6 % d’une année sur l’autre en janvier.

L’IATA a également noté que la capacité des transporteurs aériens de la région a augmenté de 4,4 % par rapport au même mois de l’année dernière.

Cependant, la demande de fret aérien a connu une baisse de 8,4 % en janvier.

Les avions à fuselage étroit vont dominer la flotte

L’expansion de la flotte du Moyen-Orient sera dominée par les avions à fuselage étroit, dont le nombre devrait atteindre 1 190 d’ici 2035, soit une augmentation de 75,25 % par rapport à 2025.

Leur part dans la flotte totale de la région passera de 43 % à 47 %. L’un des principaux avantages des avions à fuselage étroit est leur rendement énergétique supérieur. Leur conception optimisée et leur poids plus léger en font une option plus respectueuse de l’environnement, idéale pour les compagnies aériennes cherchant à réduire leurs émissions de carbone et leur consommation de carburant.

Le nombre d’avions à fuselage large dans la région devrait atteindre 1 307 d’ici 2035, enregistrant une hausse de 63,17 % par rapport à 2025. Par ailleurs, la flotte de turbopropulseurs au Moyen-Orient devrait s’élever à 37 d’ici 2035, suivie par les jets régionaux, dont le nombre atteindra 23.

Perspectives mondiales

L’analyse prévoit que la flotte mondiale dépassera les 38 300 avions d’ici 2035, les problèmes de production incitant les compagnies aériennes à retarder le retrait des avions les plus anciens, ce qui augmente l’âge moyen de la flotte.

Les avions à fuselage étroit devraient conserver leur position dominante, leur part passant de 62 % à 68 % d’ici 2035.

Le rapport souligne que les régions émergentes comme la Chine, l’Inde et le Moyen-Orient sont sur le point de conquérir une plus grande part du marché mondial de l’aviation, reflétant ainsi l’évolution de la dynamique de l’industrie.

La flotte aérienne commerciale de l’Inde devrait enregistrer un taux de croissance annuel composé de 8,5 % entre 2025 et 2035.
Le rapport prévoit que la production d’avions atteindra 1 800 unités en 2025, puis 2 200 en 2029 et un peu plus de 2 400 en 2035.

En décembre, un rapport distinct de l’IATA prévoyait que le bénéfice net de l’industrie aéronautique atteindrait 36,6 milliards de dollars en 2025, contre 31,5 milliards de dollars en 2024.

L’organisme industriel a également estimé que le nombre de passagers atteindrait 5,2 milliards en 2025, soit une augmentation de 6,7 % par rapport à 2024, et que c’est la première fois que le nombre de voyageurs dépasse la barre des 5 milliards.

L’IATA prévoit également que les volumes de fret augmenteront de 5,8 % d’une année sur l’autre pour atteindre 72,5 millions de tonnes en 2025.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.


L'Iran vise les infrastructures pétrolières du Golfe et fait à nouveau flamber les cours

L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques. (AFP)
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  • Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché
  • Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement

TEHERAN: L'Iran a lancé jeudi une nouvelle vague d'attaques contre les infrastructures pétrolières des pays du Golfe, après avoir frappé deux tankers, suscitant une nouvelle flambée des cours du pétrole malgré la mobilisation des réserves stratégiques.

Ce conflit qui a débuté le 28 février avec des attaques américano-israéliennes contre l'Iran a pris une échelle régionale et menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.

Le baril de pétrole a repassé jeudi matin la barre des 100 dollars, malgré une intervention sans précédent des grandes puissances sur le marché.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé mercredi d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques pour apaiser les inquiétudes sur l'approvisionnement.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".

Mais au treizième jour du conflit, les dégâts dans les infrastructures pétrolières s'étendent. Bahreïn a dénoncé une attaque iranienne contre des réservoirs d'hydrocarbures, appelant les habitants à rester chez eux en raison des fumées provoquées par l'installation en feu.

A Oman, des réservoirs de carburant du port de Salalah étaient aussi en feu la veille après une attaque de drone, selon une vidéo publiée par l'AFP, tandis que l'Arabie saoudite a rapporté une nouvelle attaque de drone contre le champ pétrolier de Shaybah, dans l'est du pays, déjà visé à plusieurs reprises ces derniers jours

Boules de feu 

Une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort, tandis les sauveteurs recherchent plusieurs disparus, selon l'autorité portuaire.

La télévision étatique irakienne a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.

Un porte-conteneurs a été à nouveau touché jeudi par un "projectile inconnu" au large des Emirats arabes unis, provoquant un "petit incendie" à bord, selon l'agence maritime britannique (UKMTO), après au moins trois bateaux touchés la veille.

Donald Trump a promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.

Signaux contradictoires 

"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.

Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.

La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.

L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".

En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.

Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, tandis que l'agence iranienne Tasnim a cité les géants américains de la tech comme de "futures cibles" de Téhéran, parmi lesquels Amazon, Google, Microsoft, IBM Oracle ou encore Nvidia.

Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.

Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".

L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".

Frappes conjointes 

Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.

Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.

L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.

Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.

A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.

"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.